‹ Le secret de Wilhelm StoritzChapitre 9 sur 29 · HT^"-. -,-£ · texte numérisé non relu

HT^"-. -,-£

f , IJM

i'i II

vit

■=fâ;-..- '

! .Elu-

mar?.. Obsession?.. Les paroles que j'avais cru entendre abord de la Dorothée, je crus les entendre encore dans mon demisommeil, ces paroles qui menaçaient Marc et Myra Roderich !

IY

Le lendemain — grand jour — je rendis officiellement visite à la famille Roderich.

L'habitation du docteur s'élève à l'extrémité du quai Batthyani, à l'angle du boulevard Tékéli, lequel, sous différents noms, fait le tour de la ville. C'est un hôtel moderne, d'une ornementation riche et sévère à l'intérieur, meublé avec un goût qui témoigne d'un sens artiste très affiné.

Par une porte cochère flanquée d'une petite porte de service, on pénètre dans une cour pavée qui se prolonge en un vaste jardin ceinturé d'ormes, d'acacias, de marronniers et de hêtres, dont les cimes dépassent le mur de clôture. En face de ces deux portes sont les communs, tapissés d'aristoloche et de vigne vierge, et réunis au corps de logis principal par un couloir à vitraux de couleur, qui aboutit à la base d'une tour ronde, haute d'une soixantaine de pieds, dans laquelle se déroule l'escalier. En avant de l'habitation règne une galerie vitrée, sur laquelle s'ouvrent les portes drapées de vieilles tapisseries, qui conduisent au cabinet du docteur Roderich, aux salons et à la salle à. manger, ces diverses pièces prenant jour sur le quai Batthyani par les six fenêtres de façade et sur le boulevard Tékéli. Le premier et le second étage reproduisent la même disposition. Au-dessus du grand salon et de la salle à manger, les chambres de M. et de M mo Roderich; au second, celle du capitaine Haralan; au-dessus du cabinet du docteur, la chambre de M! le Myra et son cabinet de toilette. . .

Je connaissais cet hôtel avant de l'avoir visité. Au cours de notre entretien de la veille, Marc n'en avait pas oublié un détail.

ï0,- : .Jj ,

\mï\

fe-'i

li 1

fi

lit- -

5 ïl ■}'■

Mi

êà$*'

Il me l'avait décrit pièce par pièce, y compris son original escalier surmonté d'un belvédère et d'une terrasse circulaire d'où Ton domine la ville et le cours du Danube. Je savais même de la façon la plus précise quelle étaiHa place préférée de M lic Myra à, table ou dans le grand salon, et sur quel .banc elle aimait à s'asseoir au fond du jardin, à l'ombre d'un marronnier superbe. ' Vers une heure de l'après-midi, nous fûmes reçus, Marc et moi, dans la vaste galerie vitrée, construite en avant du principal corps de bâtiment. Au milieu, une jardinière en cuivre envisagé, où s'épanouissaient dans tout leur éclat des fleurs de printemps. Pour garnir les angles, quelques. arbrisseaux de la zone tropicale : palmiers, draGenas .et araucarias. Aux panneaux, plusieurs toiles des écoles hongroise et hollandaise, dont .Marc appréciait la grande valeur.

Sur un chevalet, je vis et j'admirai le portrait de M Ue Myra, .œuvre d'une facture superbe, digne du nom qui la signait, et .qui m'est le plus cher au monde.

Le docteur Roderich atteignait la cinquantaine, mais c'est à

peine si on lui eût donné .cet âge. Il avait la taille haute, le corps

droit, la chevelure épaisse et grisonnante, le teint de la bonne

.et 'inaltérable santé, la constitution vigoureuse sur laquelle

-aucune maladie n*a prise. On reconnaissait en lui le véritable

-type magyar dans son originale pureté, l'œil ardent, la démarche

résolue, l'attitude noble, et en toute sa personne une sorte de

-fierté naturelle que tempérait l'expression souriante de son

visage. Dès que je lui fus présenté, je sentis à la chaude

étreinte de sa main que j'étais en présence du meilleur des

hommes.

M mc Roderich, à quarante-cinq ans, avait conservé de notables restes de sa grande beauté d?autrefois, des traits réguliers, des . yeux d'un bleu sombre, une magnifique chevelure qui commençait à blanchir, une bouche finement -dessinée laissant voir; une denture intacte, une taille encore élégante.

SI

'St

-il!

Page 1