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Marc m'en avait fait un portrait Mêle. Elle donnait l'impression d'être une excellente femme, douée de toutes les vertus familiales, ayant trouvé le bonheur complet près de son mari, adorant son fils et sa fille de toute la tendresse d'une mère sage et prévoyante.
M inB Roderich me témoigna beaucoup d'amitié, ce dont je fus profondément touché. Elle serait heureuse de l'arrivée du frère de Marc Vidal dans sa maison, à la condition qu'il voulût bien la considérer comme la sienne.
Mais que dire de Myra Roderich ? Elle vint à moi, souriante, la main ou plutôt les bras tendus. Oui, c'était bien une sœur que j'allais avoir en cette jeune fille, une soeur qui m'embrassa et que j'embrassai sans plus de cérémonies. Et j'ai lieu de croire que Marc, en me voyant faire, connut l'aiguillon de l'envie.
& Moi, je n'en suis pas encore là! soupira- t-il, non sans jalousie.
— Parce que vous n'êtes pas mon frère, » expliqua. plaisamment ma future belle-sœur.
M lie Roderich était bien telle que Marc me l'avait dépeinte, telle que la représentait cette toile que je venais d'admirer. Une jeune fille à la tête charmante couronnée d'une fine che-^ velure blonde, avenante, enjouée, ses beaux yeux d'un bleu noir pétillants d'esprit, le teint chaud de la carnation hongroise, la bouche d'un dessin très, pur, des lèvres rosées s' ouvrant siir les dents d'une éclatante blancheur. D'une taille un peu au-dessus de la moyenne, la démarche élégante, elle était la grâce en personne, d'une distinction parfaite, sans afféterie ni pose.
En vérité, si. l'on disait des portraits de- Marc qu ? ils étaient plus ressemblants que leurs modèles, on eût pu dire plus justement encore que ; M lu " Myra. était plus naturelle que nature !
Comme sa mère, Myra Roderich portait le costume magyar : la chemisette fermée au cou, les manches assujetties au poignet
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LE SECRET DE WÏLHELM STOHÏTZ.
par des broderies, le corsage soutaché à boutons de métal, la . ceinture nouée d'un nœud 1 de rubans à filets d'or, la jupe aux plis flottants et s'arr étant à la cheville, les brodequins de cuir mordoré- — tout compte fait, un ensemble fort agréable où le goût le plus délicat n'eût rien trouvé à reprendre.
Le capitaine Haralan était là, superbe dans son uniforme, et d'une ressemblance frappante avec sa sœur. Il m'avait tendu la main, il m'avait traité en frère, lui aussi, et nous étions, déjà deux amis, bien que notre amitié datât de la veille. Je n? avais donc, plus à connaître aucun membre de la famille.
La conversation se poursuivit à l'aventure, passant sans ordre d'un sujet à l'autre. Nous parlâmes de mon voyage, de la navigation à bord de la Dorothée, de mes occupations en France, du temps- dont je pouvais disposer, cle cette belle ville de Ragz qu'on me ferait visiter en détail, du grand fleuve que je devrais bien descendre au moins jusqu'aux Portes de Fer, ce magnifique Danube dont les eaux semblent imprégnées de rayons d'or, de tout ce pays magyar si plein de souvenirs historiques, de cette fameuse puszta, qui devrait attirer les curieux du monde . entier , etc.
« Avec quelle joie nous vous voyons près de nous, monsieur Vidal! répétait Myra Roderich, en joignant les mains dans un geste gracieux. Votre voyage se prolongeait, et nous n'étions pas sans inquiétude. Nous n'avons été rassurés qu'en recevant votre lettre écrite de Pest.
— Je suis très coupable, mademoiselle Myra, répondis-je, très coupable de m'être attardé en route. Il y a longtemps que je -serais à Ragz, si j'avais pris la poste après Vienne. Mais des Hongrois ne m'eussent pas pardonné d'avoir dédaigné le Danube dont ils sont fiers à si juste titre, et qui vaut sa réputation.
— En effet, monsieur Vidal, approuva le docteur, c'est notre glorieux fleuve, et il est bien- à nous depuis Presbourg^ jusqu'à Belgrade,
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MADEMOISELLE i\IYRA êfr"ÀHT AU G LAVE G IN. (PAGE 53.)