LE GUT ES
par contre, à la réalité des propos inconsidérés (foolish) tenus par le nouveau comte de Derby. Celui-ci aurait dit à Sir Francis Hastings, fils du comte de Huntingdon, que son frère Ferdinando et lui seraient amenés à lutter un… jour l’un contre l’autre pour la couronne d'Angleterre (1); mais elle pensait que «l’étalage de son ambition, sa passion altière, sa recherche de la popularité et son opposition contre le comte d’Essex feraient sûrement sa perte. Lady Shrewsbury s'étonnait que l’on n’eût pas encore tiré vengeance de la mort de Ferdinando, parce que si un pareil sort était réservé au nouveau Lord — et si cela arrivait, ce serait par l’une des trois factions, soit Sir Tho. Stanhope avec Tho. Markham, soit ses frères, soit l’autre, sans doute celle qui, d’après elle, aurait empoisonné Lord Derby -— par Dieu, la vengeance devrait être complète, si cher que cela pût coûter(2). » La comtesse dit ensuite que le nouveau Lord Derby, à sa prochaine venue à Londres, ne refuserait pas d’aller diner en ville, mais seulement dans quelques maisons sûres, et qu'il se défendrait sérieusement contre de telles intrigues.
De ces propos fidèlement rapportés, une constatation essentielle se dégage: William Stanley, au moment où son frère aîné fut emporté soudainement, victime probable d’une vengeance politique, aspirait lui-même à Ia royauté ; bien au’étant le cadet, il envisageait l'éventualité
(1} Ces propos paraissent antérieurs à la mort de Ferdinando. Un précieux texte que nous donnerons plus loin semble aussi lindiquer.
(2) [ce My lord of Derby] saying that they two should one day fight for the crown, — the shew of his great will and haughty stomach, his making of himself so popular and bearing himself so against my lord of Essex, I thought would be his overthrow. » Il est difficile de savoir si Ces derniers propos, depuis the shew, s'appliquent à Ferdinando ou à William. Il paraît plus vraisemblable de croire que William se trouve ici visé puisque l'ambition de son frère est, en somme, nettement contredite par son attitude dans le complot d’Hesketh, dont il repoussa les propositions et qu’il dénonça.