EN RES
onexcommunication et.du meurtre de l’héritier légitime, que ses Sans et ceux qui revendiquaient la succession pour le roi osSe,; ou Arabella, ou l’Infante, ou Derby, ou Huntingdon, ou es
a Essex: tous en appelaient à larbitrage, à l'intervention de
mLOiIrpson insiste alors sur ces divers prétendants, monint avec quelle continuité les partis qui les soutenaient nt amenés à faire appel à des appuis extérieurs: nce, Espagne, Papauté, Jésuites, etc. Il met en relief Ôle particulier d’Allen, de Parsons et de leur groupe, esquisse une répartition curieuse des grandes familles glaises, suivant les affinités qui les mêlèrent aux faires de haute politique et de religion. Les Derby y rouvent naturellement leur place. L’historien note les mpathies catholiques qui leur furent attribuées, à cerns moments, et les avances auxquelles ils furent en tte de la part des Jésuites. Sa conviction est que le où Jean se rattache incontestablement à toutes ces tractans. Joué devant les familles mêmes sur lesquelles compait l'étranger, ce drame a pour but de réprouver nettement toute intervention des puissances extérieures dans règlement de la succession d’Elisabeth. Pour rendre exemple plus frappant encore et les allusions plus nches, il changea l’histoire. Il faudrait reproduire ici ce remarquable et concluant développement de Simpson. Notons-en, du moins, la fin:
… Tel est, semble dire le poète, le résultat de l'intervention étrangère, “Civile ou ecclésiastique. Il s'ensuit donc que les querelles domestiques doivent être réglées en famille et les torts faits aux sujets F “anglais, redressés par des mains anglaises. « Cette Angleterre ne “fut jamais et ne'sera jamais foulée aux pieds d’un conquérant, à
ses seigneurs sont rentrés dans leurs foyers, que les quatre coins du “monde nous assaillent et nous soutiendrons leur choc: nulle ruine ne “peut nous atteindre, si l'Angleterre se reste seulement fidèle à “elle-même » (1).
- (1) Derniers vers du Roi Jean.
vous pensiez de la justice de votre cause où des. rivaux; quels que soient les outrages que vous ayez. quels que soient les mérites des vaincus et les torts de videz vos querelles entre vous et par-dessus tout, l'intervention étrangère. » Si telle était véritablement l'opini Shakespeare, la leçon s’appliquait bien à ses contem ceux-ci la méritaient sans pitié.
personnels, hautement Mn sur cette ques ei grave, étroitement liée à celle de son avenir politiqu
éventuel).
détail désirable. Contentons-nous d’un seul rapproch ment, d’une éloquence singulière, il est vrai. « Da
sible de rappeler à la scène ce soulèvement, sans évoq aux yeux des spectateurs celui de 1569, associé premiers souvenirs de Shakespeare — il avait alor : cinq ou six ans. Afin de rendre l’allusion plus frappant + encore, il modifia profondément l’histoire, ainsi LS vais le montrer. » Sous le règne de Henri IV, il y eût + trois soulèvements dans le Nord. De ces trois révolte |
+ ni
| ee poète n’en fait que deux. Simpson démontre avec
ne OUR
dence complète la connexité qui existe entre la évolte de 1569 et les événements qui servent de thème à double tragédie de Henri IV. Or, ce qu’il ne pouvait emarquer alors, c'est la place considérable que tint dans toire des Derby la révolte du Nord de 1589. On sait iel fut le rôle des comtes de Northumberland et dé Westmoreland dans ce mouvement, qui visait avant tout déposition d’Elisabeth. « Les chefs rebelles espéraient oir l’aide d'Edouard, III° comte de Derby, beau-père de arguerite Clifford, qui était héritière d’Eléonore Bran- 1, et se trouvait. appelée à être la légitime héritière
omte de Derby contribua pour une grande part à l’échec la révolte de 1569. Si l’auteur des deux parties de Henri IV a constamment en vue cette dernière, c’est ju’elle touchait de près à l’histoire de sa famille. Là ncore, il dévoile ses sentiments personnels et sa foi en la nécessité patriotique de l’union, pour la grandeur de. PAngleterre. Dans ces deux drames, comme dans les - précédents, c'est l’homme d’Etat qui exprime ses convictions les plus ardentes. Celui qui faisait si bien parler - les rois, était de leur ambiance; mieux encore: il fut sur - le point de le devenir lui-même.
… (1) Bailey, op. cit., p. 185 et suiv. Cet auteur songe sans doute … au frère de Thomas Stanley, William, qui fut exécuté sur l’ordre de Henri VII, malgré ses services passés, et au cousin de notre “ Derby, l’autre William Stanley, grand adversaire d’Elisabeth,
es | XIV. D’« Hamlet » à « la Tempête »
748 La retraite de Derby. Conclusion.
des pages encore. Sur tous les points, les conte seraient identiques à celles qu’on vient de lire, confir
chacune des pièces shakespeariennes viendrait, Si dire, docilement et sans effort, s’insérer dans le cadre d l'existence du VI' comte de Derby. Mais un dessein: vaste ne saurait être achevé à cette place. Nous croyo: en avoir dit assez pour faire comprendre à quel degré. cet ordre de recherches peut être fécond et quel concour inappréciable il apporte à la solution de la controver shakespearienne. A tous ceux qui auront pris conn sance des présentes pages, nous demandons maintenan pour compléter cette étude, de relire Henri V, « la pein= ture la plus vaste et la plus complète qui ait été tracée du : monde de la guerre »(1). Qui n’y reconnaîtrait dès l’abot 4 l'âme d’un « chef », d’un homme d'Etat, ardent patriot - que préoccupe avant tout l'avenir politique de son pay et qui voit dans la guerre le grand trait d’union national ainsi que les événements l’avaient prouvé en 15882. U: telle pièce, œuvre d’un Derby, mêlé par les siens et. lui-même à toute la vie militaire de l'Angleterre, S’ex= plique d’elle-même, alors que la croyance stratfordienne n’en saurait procurer la plus élémentaire justification. Que l'on relise aussi les trois parties de Henri VI, c'est-à-dire la série des drames historiques par lesquels a débuté. poète et qui contiennent déjà en germe, si manifestement, ses préoccupations et ses visées politiques, et enf
| (1) Montégut. — Voyez Sous le Masque, t. 1, pp. 312-319.
Henri VIII, qui termine l’époque historique. Comment ne pas reconnaître l'unité intime, profonde, d'idées et de tendances, qui pénètre d’un bout à l’autre l’admirable cycle, nous révélant à chaque pas la vie intense et les passions supérieures qui l’animent?
Et voici qu'après Jules César, Hamlet lui-même, le chef-d'œuvre suprême, où un jeune prince se demande s’il accomplira ou non le meurtre qui le fera roi, en vengeant son père, nous découvre pareillement son sens ultime. Derby y a laissé l'empreinte des incertitudes et des anxiétés dont il souffrit pendant dix années. Il répugne, comme Hamlet, au meurtre du souverain, parce que cet acte risque de rompre un état de choses voulu par les dieux. Une destinée royale interrompue comporte des répercussions infinies, ainsi que le prouve l’histoire de Jules César : l'héritier du trône de Danemark redoute, en réalité, de provoquer leur déclanchement, si grand que puisse être le crime de l’usurpateur. De toutes façons, la ressemblance du prince danois avec William Stanley apparaît, nous l’avons dit ailleurs, comme absolument frappante. Chez l’un comme chez l’autre, un drame intérieur impliquant des méditations et des hésitations semblables, s’est poursuivi durant la même période critique de leur existence. Plusieurs travaux récents ont montré le rôle des allusions faites à la politique contemporaine dans la tragédie d'Hamlet. II est hors de doute que ces allusions concordent étrangement avec celles qu’un Derby pouvait alors concevoir, eu égard à ses secrètes espérances. L’épisode des comédiens, d’autre part, achève de rendre la ressemblance compiète.
La mort d’Elisabeth et l’avènement de Jacques 1° vinrent, peu après Hamlet, changer le cours des réflexions et des espoirs de Derby. Toutefois, sa pensée demeura fixée sur les responsabilités et les obligations morales qu’impose le pouvoir à celui qui l’exerce. Le despotisme de Jacques [” l’irrita singulièrement, et c’est à ce sentiment
qui s Fe Mesure pour Mesure, où. le Dot donne conseils plus ou moins voilés au souverain et esqui
par ailleurs, son idéal en matière de gouvernement. n "est De une pièce, dans le thé âtre shakespearien, où 1e
être plus hautement généreuses que dans celle-là. correspond entièrement à l’attitude que Derby a.
prendre, vers le moment où s’affirma le despotisme
nouveau roi. Avec Othelio (1), le Roi Lear, Coriolan,-
Macbeth, Cymbeline (2), Timon d’Athènes, Antoine el
Cléopâtre, le Conte d'Hiver et la Tempête, le magnifique parallélisme continue de se dérouler entre l’œuvre et FLEURS vie de l’auteur. Nous espérons le montrer quelque jou Une philosophie complète de l’histoire et de la haut politique se dégage pareillement de ces diverses compositions.
La dernière période de l’activité du poète n’est moins riche en confidences que la première.
sion logique de ces œuvres merveilleuses, et où le dra maturge grand seigneur, désabusé et rasséréné tout. ensemble, Re s'être exprimé é confessé de tie
raconté dans Sous le Masque, 1, pp. 146, 156 et suivantes! L'étude et l’analyse de la jalousie conjugale ont été sûrement l’une des pré cu pations spéciales du poète, à pertir d’un certain moment. (2) Cette pièce célèbre la réconciliation familiale des Derby : tout l'indique, jusqu’à l’apparition de Jupiter et de son aigle, emblème de leur maison. (VO notre étude L’Origine d’Ariel, pp. 9-10) Telle allusion, qui n’a jamais été expliquée et que fournit la Mésg: apprivoisée (Il, 78-84), sur l’excellence de l’enseignement donné. Reims, vise, de toute évidence, le Collège anglais de cette vi fondé et dirigé par Allen, au moment précis où notre Derby se trou vait en France. « Le grec, le latin et les autres langages », si bien étudiés par Lucentio, à Reims, étaient alors enseignés, AGE cette ville, par des maîtres anglais de haute valeur.
manières pendant vingt ans, annonce, par la bouche du “duc Prospero, son renoncement définitif. Déjà, dans Comme il vous plara et dans Cymbeline, Derby avait exprimé, avec une complaisance visible, le goût qu'il - “éprouvait pour la vie libre et cachée. Timon d’Athènes » semble nous prouver, d'autre part, que les désillusions —. jui avaient inspiré le désir de la solitude. Dans la Tem- … pôle, son œuvre suprême, il dit un solennel adieu à toutes ses ambitions, à ses passions ancieñnes, en même temps ” qu'à la divine poésie, sa consolatrice, pour préparer la …. retraite complète et mystérieuse dans laquelle il ira bientôt s’ensevelir. ë
En 1831, Charles Darwin, encore étudiant, fit, avec son professeur, Sedgwick, à Cwm Idwal, en pays gallois, une excursion géologique dans. un site où abondaient les
traces évidentes, les « témoins » d’un ancien glacier.
En présence de ce paysage, pourtant si caractéristique, ni le maître ni l'élève ne remarquèrent rien de particulier. Plusieurs années passèrent. Grâce aux découvertes de l’illustre naturaliste, grâce aussi à celles de Lyell et d’autres savants, les théories relatives au rôle et à la marche des glaciers se constituèrent. En 1842, Darwin revit le paysage de 1831. Grand fut son étonnement en constatant combien étaient visibles et frappantes les traces de l’ancien glacier. Cela l’amena à faire de curieuses réflexions sur « la facilité avec laquelle on peut laisser passer inaperçu un phénomène, quelque frappant qu'il soit, lorsqu'il n’a pas été observé précédemment... Aucun de nous ne vit les traces des étonnants phénomènes gla- ciaires visibles autour de nous. Nous ne remarquâmes pas les roches striées, les blocs erratiques, les moraïnes latérales et terminales. Et pourtant ces phénomènes sont si frappants... qu’une maison incendiée ne révèle pas plus
CT
latérales et terminales » du théâtre shakespearier cc mencent à apparaître. Le jour n’est plus éloigné chacun s’étonnera de ne pas les avoir encore RP
= x : me