‹ Le secret des cavaliersChapitre 41 sur 107 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE COMTE, seul.

Enfin... me voici!... Pardonnez mon retard... (Regardant autour de lui.) Personne!... Lord Arthur est dans la maison, sans doute... (Trouvant la porte fermée.) La porle en est fermée... aucune lumière à rintérieur... Cependant je suis en retard d'une heure... et plus, (u consulte sa montre.) Pas de barque pour traverser la ri ière... mes pages ont été forcés d'aller réveiller les bateliers, qui m'ont fait lemonter jusqu'au delà du barrage... Pour ne pas inquiéter lord Arthur en qui j'ai confiance, j'ai renvoyé eà Kildare ceux qui m'accompagnaient, et je m'étais égaré dans le val... Je ne pouvais apercevoir le clocher de ce hameau. Comment se fait-il que je sois le premier au rendez-vous?... Est-ce que lord Arthur Fitz O'Nial ne viendrait pas?... Voyons, ne nous inquiétons pas encore... et reposons-nous... je suis brisé, (ii s'assied près de la table.) L'rd Arthur a peut-être aussi, de son côté, trouvé des dilficultés sur son passage... Repassons dans notre mémoire les conditions auxquelles il demande la paix!... la paix que je désire plus que lui peut-être... Mais que l'ait-ii donc? (ii tire sa nomre et la

regarde.) Déjà dcUX heurCS après minuit !.^ (ici l'on entend nu coup de feu tir»; à quelques pus de la fcuclrc barrée, restée ouverte. — Se levant en

sursaut.) Un coup de feu !... si près de moi !... il m'a semblé entendre la balle siffier à mes oreilles... C'est une erreur, sans doute... cependant, mon ennemi manque au rendez-vous... et cette fenêtre ouverte... (Faisant un effort sur lui-même.) Allons donc ! lord Arthur ne saurait être un assassin... (ii va pour regarder par la fenêtre. — s'arrèiani.) Mais cc papier qui brûic à terre, c'est la bourre d'une arme à feu! On a tiré sur moi! (ii icime rapi^

dément le volet de la lenètre, court mettre le verrou à la poite du fond et reste

imu.obiie. — A demi-voix.) Je suis toQibé daus uu piégc iiifàme !...

(u ramasse la bourre et vient rexamiiier près de la lanterne.) Oui, c'cst

bien la bourre d'une arme à feu... Mais il y a de l'écriture

sur ce papier qui brûle. (ll Tcteint en le froissant dans ses mains.) Si

j'y pouvais trouver un nom... un indice... je saurais peutêtre qui en veut à ma vie... (ll le met sous la lumière de la lanterne ;

il lit aNec at^iiaiiou.) Le testament que tu as enlevé, et... situ ne... (paiiaui.) Le reste est brûlé... Mais je connais cette écriture... Voyons, tâchons dedéchiflrer ou recomposer ces lignes, (ii lit

avec difficulté.) Lord A... (Parlant.) C'cst Arthur. (Lisant.) TrOmpé...

n'attendra pas... Le comte isolé... (pariam.) Le comte, c'est moi.

(Lisant.) On aCCUSCra les... cavaliers. (Retournant le papier.) De CC

côté, quelques mots encore. (Lisant.) Lui qui ne tremblait pas... Quand il... m'a déshérité!... (Avec explosion.) C'est l'écriture de lord James!... de mon neveu! ... qui veut me tuer

pour mon héritage... horreur!... (Apres avoir regardé autour de lui avec précaution, il souffle la lumière.) 11 a trompé lord ArtllUr, qui CSt

parti sans doute... C'est lord James qui avait détaché la barque du rivage, afm de me mettre en retard... Et je suis seul ici... 11 faut que j'en sorte... Mais il a peut-être soldé vingt mercenaires qui me guettent au passage, et si je succombais sous leurs coups... le parricide lord James commanderait demain dans mon palais, car les premiers mots de cet écrit révélateur parlaient de mon testament enlevé... lord Arthur, qu'ils ont éloigné, serait accusé de ma mort... A lui, mon noble ennemi, la flétrissure... à James, mon meurtrier, l'impunité! Non! il n'en sera pas ainsi'... je saurai du moins, avant de mourir, si tel doit être mon sort, écrire la vérité... Accomplissons d'abord ce devoir... (ciiorciiant presque à làions.) Ici, sur cette table, du papier, une plume... 11 fait bien sombre... pas assez cependant pour ne pouvoir tracer quelques lignes... Mais on peut encore faire feu sur moi par-dessus ces

murailles... Là, près de ce mur... (ll\a près du mur du fond et écrit.)

D'abord, un tesiament nouveau qui d;''shérite mon assassin

et justifie lord Arthur, (pendant qu'il écrit, on voit paraître lentement sur un arbre, qui est à quel'^ue distance du njiir, lord James, qui cherche à voir dans la cour et ne peut apercevoir le Comte, qui est presque appuyé sur le mur du fond.)

LORD JAMES, avec une grande inquiéuide.

Je n'entends pas bouger... (Mettant sur sa l.ouche sa main gantée, qui tient son pistolet, et jetant comme un cri étouflé.) QlÙ vivo!

LE CO.MTE, très-bas.

Us sont là! (il se laisse glisser à terre le long du mur.)

LORD JAMES, qui a prêté l'oreille en attendant »ine réponse. Est-ce qu'il est parti? (ll disparaît en redescendant de l'arbre.)

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