DAVIS, FRANTZ
DAVIS
Elle s'éloigne... venez, miiord!...
FRAÎSTZ, entre par lu guiclie et va regarder autour de la feiièlre avec précipitation.
Voyons vite si de ce côté... (u ciierciic.) Rien!
DAVIS
Vous êtes bien sûr, miiord, quune lettre...
FRAiSTZ, cherchant loiijotirs .
Mon frère, que je viens de voir un instant , m'a affirme qu'il m'en avait envoyé une ce matin même... Rien!... Peutêtre ses messagers sont-ils en retard... (s-éioignant je la rcnèire.)' Mais le sort de cet écrit m'importe peu, puisqu'il est incompréhensible pour tout le monde... et je sais ce qu'il contenait...
DAVIS
Quoi donc, miiord?
FRAKTZ.
Je sais, Davis, que cette nuit mon frère allumera, quelque part dans le val, un feu de bruyères qui m'indiquera la direction que je devrai prendre pour trouver un cheval et bientôt un guide qui me conduira hors du comté de Kildare par un chemin inconnu des espions.
DAVIS
Et une fois hors de ce comté, miiord, qa'espérez-vous?
i-RAMZ.
Marcher de ville en ville jusqu'à la mer. * Davis, Fraiitz.
DAVIS
Vous ne songez donc pas, milord, q'f aujourd'hui votre nom est dans toutes les bouches, que les routes sont remplies de gens qui vous cherchent, et qu'une si prompte tentative est au moins téméraire? Mais dans quelques jours la vigilance
cessera...
FRANTZ. V
Je ne puis plus tarder, Davis.
DAVIS
Vous oubliez donc que nous avons réussi à vous donner un nom qui vous protège, que la délivrance d'un condamné est promise à celui qui mettrait seulement sur la trace de lord Arthur, et qu'ici vous pouvez attendre sans péril?
FRANTZ
Et tu oublies donc, toi, que la dangereuse erreur de Ketty me défend de le faire, et que je commettrais un crime si je la prolongeais davantage?
DAVIS
Hélas!
rRA>iTZ.
Et crois-tu que j'existe ici, moi qui crains d'appeler sur toi, sur elle, les persécutions qui vous accableraient si j'étais découvert?"^ Je tremble à chaque instant que le voile qui m'enveloppe ne se déchire, et je crois voir la mort planei- sur la maison hospitalière... Non, Davis... je ne puis attendre, je dois, je veux m'éloigner, et puisque j'entrevois une ombre de salut... la loyanté, l'honneur m'ordonnent de tenter le hasard... Adieu, Davis!...
DAVIS
Allez donc, noble et sainte victime qu'accompagneront toujours nos vœux et nos prières... allez!... et pardonnezmoi si je ne puis retenir mes larmes en vous disant adieu! En vous donnant chaque jour une place à mou pauvre foyer, j'oubliais que vous étiez le petit-iils de nos anciens maîtres et je vous chérissais comme uu enfant bien-aimé.
FRAINTZ.
Garde-moi, Davis, ce nom d'enfant bien-aimé qui m'est cher... et chasse de ton cœur les regrets et la douleur.
DAVIS
Chasser la douleur! quand vous allez au-devant de la mort peut-être... quand ma pauvre Ketty...
FRAISTZ.
Ketty, mon bon Davis, ne versera pas une larme, car je * Fruntz, Davis.