ACTE III
KETTY, lisant.
« Pour ne pas vous épouvanter, Ketty... Davis et moi nous vous avions trompée, et votre père vous prouvera l'innocence
de lord Arthur... » (Elle s'arrête et songe.) DAVIS, insistant.
Continue...
KETTY, lisant.
« Qui, à rtieure du crime, l'accompagnait sur la route de Kiimore, sous le nom de Frantz Wilson... » (paiiam.) Mon Dieu!...
Comprends-tu, malheureuse enfant?
KETTY, comme se réveillant, après un silence.
OÙ est lord Arthur, mon père ?
DAVIS
Et lesais-je... à cette heure?...
KETTY, avec resolution.
Je veux aller dire à lord James que j'ai menti.
DAVIS, l'arrêtant.
Il refuserait de te croire... et te garderait prisonnière dans son palais.
KETTY, avec un cri d'espoir.
Mais lord Arthur n'a rien à craindre, mon père !
DAVIS
Comment?...
KETTY
J'iii brûlé la lettre des cavaliers... il ne peut savoir que ses amis l'attendront...
DAVIS
Il sait tout... il a vu son frère, qui lui a dit que cette nuit un feu de broussailles lui indiquerait la place où l'attendrait un cheval, dont il pourrait se servir pour sortir du comté.
KETTY
Mon Dieu !
Et c'est là ce que tu viens de révéler à lord. James...
KETTY
Je l'ai livré! je l'ai perdu!... Que faire? que tenter?... Ma vie, mon sang, mon âme... tout, pour un trait de lumière !
DAVIS
Il faut fuir, Ketty... oui... car on pourrait vouloir te questionner encore.
KETTY
Je ne répondrais plus.
DAVIS
La torture te ferait parler.
KETTY
Non^ elle me ferait mourir !
DAVIS
On ne meurt pas à la torture, on souffre... on perd sa force et sa raison, et les lèvres disent involontairement ce que le cœur veut cacher.
KETTY, eu délire.
Quoi! je ne peux rien pour anêter la hache que j'ai levée sur la tête de celui qui m'inondait de lumière et d'amour, rien dans ce monde ! (Avec déciùs émeut ) Il faut donc que je meure pour aller implorer Dieu dans le ciel !
DAVIS
Toi mourir, enfant !
KETTYj sanglolant.
Est-ce que vous ne voyez pas que je ne puis plus vivie... moi, fille coupable... épouse maudite!
DAVIS, p euraut.
Mais ne parle donc pas ainsi à ton pauvre père désolé, qui ne peut pas le convaincre... et n'a plus la force de te supplier, tant la douleur... le déchire... et Taccable. (ii tombe accable sur
uu siège, à gatiche.)
KETTY, se jetant à ses pieds.
Mon père !... (Après un silence.) Et toute ccttc douleur... c'est moi qui l'ai causée... Prenez courage... (se relevant.) Adieu, mon père !...
DAVIS
OÙ vas-tu ?
KETTY, avec dclire.
.le vais où m'emportera mon délire, je vais me perdre, si j'ai perdu lord Arthur !
DAVIS, voulant se lever.
Attends...
KETTY, le retenant, et avec déchirement.
Non... votre tille ne veut plus vous porter jiialhcur... (s'cioi-
gnaut de lui avec la folie du desespoir.) RcsteZ... rCSteZ, UIOU père... (Elle s'échappe par le fond.)
ACTK m 67