‹ Le secret des plaines d'Abraham [microforme]Chapitre 16 sur 56 · SCENE DEUXIEME Les mêmes moins Rous · texte numérisé non relu

SCENE DEUXIEME Les mêmes moins Rous

MoxCKTON. (A Townshend et Hutfield qui s’approchent de lui tout en reprenant le devant de Ja scène.)

Eh bien ! mes amis, si je ne me trompe pas, c’est pour ce soir la

dernière tentative ?..

TowNsHEeND.

Oui, général Monckton, je le crois moi-même, si cependant, le

na mener aarpaen een mnromnen es ne

Français venu hier, se décide, avec son inaître, à se rendre à notre invitation de dîner avec nous ce soir; car, vous le savez, Messieurs, notre major-général Wolfe ne possède pas encore le fameux secret de ce supposé ruisseau qui nous permettrait d'aborder sûrement d’abord, pour ensuite prendre un certain sentier par lequel nos troupes pourraient escalader la falaise des Plaines d’Abraham, sans aucun danger d’attaque de la part de l’ennemi!. ... Selon moi, il est impossible que ces deux Français se déterminent à trahir ainsi leur pays; ils ont bien fait les premiers pas, hier, mais, vous verrez, la crainte va les retenir, au dernier moment, ct ils ne viendront pas... MoxCKkToN.

Je vous demande pardon, Townshend, mais je suis d’avis contraire. Ces deux Français viendront, et je suis positif, à l’avance, que nous possèderons ce secret même avant ce soir! Voyez-vous, Messieurs, la cupidité les anime, et pour ces gens là—j'’ai pu m'en convaincre par le mandataire d’hier soir—l’honneur n’est plus qu’un vain mot. En tout cas, si, par la trahison de ces individus, nous parvenons à monter sur les Plaines d'Abraham, le plus difficile ne sera peut-être pas encore fait, car, pour prendre Québec, il faudra se battre de nouveau, et, quoique je prévoie que nos chances seront doubles de celles du général de Montcalm, je suis convaincu que la lutte sera des plus chaudes.

HarTriep.

‘Les succès infructueux qui ont couronné nos efforts à Montmo-

rency et à Beauport en sont une preuve très irrévocable. TOWNSHEND.

Enfin, tout espoir n’est point perdu si nous avons la faculté de recevoir aujourd’hui, sans faute, la visite de ces deux F rançais en question. A propos, général, on dit que ce sont des gens de quali- Mise

MoNCKTox.

Eh! oui, Messiuers, car ce n’est ni plus ni moins qu’un Intendant de Louis XV, et son assistant particulier! Que voulez-vous—à ce que m'a raconté un de nos espions—ces tristes personnages. après

avoir pillé le pays, n’ont sans doute plus un liard leur bombance habituelle, et n’osent encore aux habitants de la colonie, de crainte de provoquer un soulèvement qui serait loin d’être en leur faveur. Alors, en consommés fripons, ils ont décidé de vendre ce secret des Plaines d'Abraham, afin de s’assurer quelque chose pour l'avenir. Comme vous le voyez, mes amis, ces individus ont les idées très larges, irop larges même, car ils déshonorent leur nation. Malheureusement, il se trouve de tels misérables sur la terre, pour le malheur de tous les pays!.... Je vous l'avoue, Messieurs, ça me répugne à l'avance, à la seule idée que nous allons être obligés de dîner en Compagnie de ces faux no-

bles!....(Après un temps.) Mais bah!.... à la guerre comme à la guerre!....

pour se procurer plus confisquer le peu qui reste

TOWNSHEND er HaTrELD. (Ensemble.) À la guerre comme à la guerrel. … À ce moment, au dehors, bruit de rames battant les Îlots, et commandements brefs.) MoxcKToN. (Allant vers le bastingage, suivi de ses compagnons.) Ah ! voici sans doute Jervis avec Rous !....

(Tous trois, du bastingage, regardent à la mer.) HATFIELD, (Joyeux.) Bravo!....c’est bien!....

TowNsHEND.

Tiens. ..….il a laissé l'aviso pour venir plus vite à bord de la cha. loupe!. .. . Rous a eu une ingénieuse idée d’aller au-devant de lui. MoxcKTo, (Se penchant au dehors.) Bonjour, colonel Jervis !.… -Comment vous portez-vous ? JERVIS. (Toujours au dehors.) Bien !....très bien! -Monckton!..

MoxckToN.

Oh ! de première classel. Vous arrivez bien, le général Wolfe à justement demandé de vous voir, il y a quelques instants. (Sur ces dernières paroles, Jervis, suivi de Rous, paraît au bastingage, et tous deux l’enjambent alors Pour s'approcher en scène.)

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