‹ Le secret des plaines d'Abraham [microforme]Chapitre 19 sur 56 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les mêmes, plus Wolfe et Holmes (Wore. Entrant de gauche, suivi de Holmes.) Ah! Jervis. ... très enchanté d’avoir le plaisir de vous serrer la

main aujourd’hui, Vous êtes toujours prompt et ponctuel, à ce que je vois, mon ami... ;

JERvIs. (Echangeant un salut avec Holmes.)

Vous m’aviez fait dire d'être ici à quetre heures, général, et, vous le savez, comme tous vos gentilshornmes de l’armée, je tiens à être très punctuel à vos instructions. Naturellement, le vent et la

température le permettant.

WoLre.

Bien colonel, bien! Mairitenant, mon cher ami, nous avons le plaisir de vous annoncer q

une tentative décisive, en considération des offres avantageuses que

Français que nous connaissons tous, au moins, de nom, maintenant, et que nous attendons à dîner

d'une minute à l'autre. Vous comprenez, Jervis, nous ne pouvons retarder plus longtemps pour frapper notre dernière chance, car chacun de nous le sait, l’amiral Holmes a décidé de lever l'ancre, pas plus tard que le vingt courant, si, d’ici là, il n’y a aucun changement. Ainsi donc, comme nous voici déjà rendus à la douzième journée de septembre, il n’est que temps !....

JERvIS.

n comble mes désirs, général, car il me

afin de pouvoir examiner seulement les y faire notre terrible bombardement de

Votre nouvelle décisio tarde d’être dans Québec, nombreux dégats qu'a dû huit jours.

WoLre.

Très bien alors, vous serez servi à souhait

» puisque je veux vous confier, colonel, la charge des premiers bateaux-passeurs. tt JERvIs.

Mille remerciements Pour cette faveur, général,

RU Wozre.

Pour moi, je traverserai dans une chaloupe particulière, en compagnie de Monckton, Rous et Hatfield !....L'amiral Holmes et les autres membres de l'état-major suivront tous notre embarcation dans une plus large barque qui ne sera commandée que par l’Amiral luimême! ....

Hozuess, Bien, général !....

Wore. (Toujours à Jervis.) Maintenant, dites-moi, Je. ‘is, avez-vous vu Saunders tel que je

JEvis.

Oui, général, et le Vice-Amiral est à surveiller la montée des

nouvelles coulevrines sur les hauteurs de Lévis. Wore.

Ah l'en voilà encore un brave! .

Rous.

Oui, certes let si, par hasard, nous ne réussissons pas cette fois à prendre Québec, général, vous n'aurez, évidemment, aucun omission à vous reprocher.

WoLre.

En effet.

JERvIs.

Pensez-vous donc que nous succomberions de nouveau, général ? WoLre.

Que pensez-vous vous-même de l’apparence, colonel Jervis?. JERvIs.

Je suis pluôt marin et ne puis, en conséquence, naturellement pas juger une telle chose. Donnez-moi un plan à exécuter sur un navire. ...et je suis chez moi !... Mais, sur la terre, comme je ne sers qu’en amateur, je préfère vos vues, général !....

WoLre.

Si nous succomberons, ami, Dieu seul le sait !. Nous avons essayé à frapper un grand coup du côté de Montmorency, et nous n’avous pas réussi: Lévis et Bourgainville nous ont repoussés !

Nous avons tenté une attaque et un débarquement complet à Beau-

port, sans plus de succès : Bourlamarque et Montcalm étaient là, prêts à renouveler leur victoire de Carillon ! .... Après tous ces échecs, je l'avoue, Msssieurs, je ne sais que trop penser et que prévoir(A près un temps grave.)C’est cependant presqu’incompréhensible: perdre avec notre considérable armée ! Décidément, le général de Montcalm, mon adversaire, est un grand guerrier ! .... (Changeant de lon.) Nonobstant, pour revenir à la question :Succomberons-nous ?.. .. non {nous ne pouvons et nous ne devons pas succomber !.. I] ne faut pas faillir, Messieurs, retenez bien ceci, car ilfaut que nous ayions Québec,

et avec l’enthousiasme et le courage qui nous animent tous... nous l'aurons! ........

Tous. (Avec joie.) Vive. le général Wolfe ! .... Hourra !.... Hourrat WOoLFE.

Je suis touché profondément de cette nouvelle marque de sy mpathie de notre part, mes chers amis, surtout en ce jour solennel, car, si c’est là notre dernière chance que nous allons bientôt tentér, hélas j'en ai le pressentiment, c’est la mienne aussi! .

TOWNSHEND. (Même jeu.)

Quelle triste pensée! .... .:

Harriezp (Même jeu.)

Ecartez de vous ce scepticisme. ...

Rous. (Dito.) Et n’allez pas calomnier la Providence, major ! ..….. JERvIs.

Sans doute, général, il faut éloigner de vous ces sombres idées qui ne sont propres qu’à vous faire voir les choses sous les plus noires cou leurs.

WoLFE.

Je sais ce que je dis, Messieurs,et qui vivra verra! je suis positif à l'avance que c’est là mon dernier soleil couchant que je vois... D'ailleurs, a'ai-je pas été condamné à mourir, sous très court délai,

JE Par conséquent, je n'ai donc qu’à remercier Dieu pour me faire ainsi la faveur de trépasser en combattant pour l’houneur et la gloire de mon Roi et mon

Tous. (Désolés.)

Ah!.... général.

WoLre. (Continuant.)

N'importe, mes braves, qu’il vous fasse plaisir d'apprendre que dès que nous serons en possession du secret des Plaines d'Abraham, nous pourrons alors compter sur une victoire certainel..… Laissez moi me placer, Messieurs, sur ces immenses champs— que je n'ai encore pu voir, mais que je connais déjà— et alors je saurai m2 poser entre Montcalm et la base de ses réservistes, en lui tenant un feu nourri, dont ni Bourgainville, comme aux autres batailles, ni Bourlamarque, pas plus que de Lévis, ne pourront venir le secourir! L'armée du général de Montcalm n'est actuellement composée, en grande pertie, que de simples miliciens du pays; ainsi donc, par le moyen de mon plan, nous réussirons certainement à venir à bout de la réduire à l'impuissance: quitte à ‘‘ taper” plus fort sur les régiments réguliers.

JERvis.

Ce qui, sans doute, sera alors passablement facilel. . WOLFE.

Pas si vite, colonel Jervis, car le général de Montcalm est un militaire hors ligne, comme, hélas, nous avons pu déjà le constater! Non, Messieurs, selon moi, notre victoire ous coûtera encore cher!..

TOWNSHEND

Je suis de votre avis, général; avez-vous pris toutes vos précautions?

WOoLrE.

Toutes!.. Le Français, qui est venu hier, m’a fait savoir qu’une petite flottille, venant de Montréal et chargée de provisions, doit arriver cette nuit même à Québec. Eh! bien, messieurs, nous remonterons mystérieusement le fleuve à la tombée de la nuit, pour le redescendre ensuite comme étant la flottille en question, que nous aurons eu soin de faire bloquer à quelques milles plus haut. Cette petite ruse

nous procurera donc la faculté d’atterrir au passage secret, sans au-

cun accident. De là, à monter sur les Plaines d'Abraham, il n’y aura

qu'un pas !.... et si Dieu nous aide, à l’aube, nous y serons ! .... JERVIS.

Et alors, nous servirons, aux troupes françaises, un déjeuner difficile

à digérer.

Wore. (Souriant.) Pas pour eux, Jervis, car je suis convaincu que ces gens-là sont capables de digérer un peu de tout ! .… - Ilnous l'ont assez prouvé! HoLues. (Même jeu.) Malheureusement !.

WoLre.(Avec enthousiasme.)

Oui, mais que Dieu bénisse l’Angleterre..….. et ils ne nous le prou-

veront plus !.... | | Tous (Applaudissement.) Bravo, général ! .... bravo !....

WoLre.

Allons, assez causer sur ce ton.

.. (4 tous, outre Jervis.)Je vous en prie, Messieurs, veuillez vous retirer quelques minutes... j'ai quel-

que chose d'une particularité personnelle, à communiquer au colonel Jervis.

Rovus. (Saluant.) Nous nous retirons volontiers. .....

Tous (Saluant et sortant à gauche.) Général. ..... Colonel. .....

(Jervis rend muettement les saluts).

WOLFE. (Saluant.) Agréez ma reconnaissance. mes braves !....

gi les personnages, tels Que figurants etc. sont aussi sortis de

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