SCENE XVIII
“ De Montcalm, Bigot et Varin.” Bicor. (Entrant de droite, suivi de Varin.)
Mon cher marquis, en apprenant que l'ennemi a réussi, cette nuit, à débarquer ses troupes, et, qu’en conséquence, un eombat prochain est imminemment inévitable, j'ai aussitôt refoulé de nouveau, au fond de moi-même, tout sentiment d’animosité eavre nous, survenu encore, il y a quelques jours à peine, et je suis accouru vers vous, vaillant général, afin de vous offrir, très cordialement, ce qui reste encore de munition dans les magasins de l’ “Intendance ”’: ou, si vous préférez, de la Friponne !.... (Moment de silence, pendant lequel de Montcalm les bras croisés sur la poitrine, se contente de loiser Bigot des pieds à la tête, et vice versa.)
, VaRix. (S’approchant.)
Naturellement, nous osons croire, marquis, que vous saurez apprécier, à sa juste valeur, cette générosité de notre part, car, franchement, là, ceci va nous coûter, à M. Bigot et moi, plusieurs mille francs de perte, (Même jeu de Montcalm à l'égard de V. arin.)
Bicor.
M. Varin dit vrai, général : je voulais le cacher, par légitime
modestie, mais, à présent que le poulet est sorti de l'œuf, je l'avoue,
cette ingénieuse action, que nous apportons à l’année aujourd’hui, nous coûte les yeux de la tête l.... (S’apercevant que de Montcalm le regarde toujours fixement :) Mais pardonnez, général ; qu'avezvous donc à me considérer de la sorte ?....
DE MonrcaLu. (Lentement et lermement.) Croyez simplement que je vous regarde, Bigot, mais que je ne Vous considère pas !....
VaRiN. (A part.) c : LT AE Ho !.... se douterait-il ?.
Biaor. (Offensé.) Que voulez-vous dire, général ?.... Me chercheriez-vous querelle, par hasard ?.
DE Monrcaim.
Dieu m'en garde !.
Biaor.
Pourquoi donc, alors, lorsque je viens gentiment et loyalement vous tendre une main secourable, me répondez-vous de la sorte ?.... DE MonrcaL.
Parce que vous ne méritez aucune autre réponse !.... Biaor. (Avec humeur.) Général... vous m’insultez !.
DE Monrcaiu.
Je ne vous dis que la vérité !. ;