SCENE PREMIERE
“VERGoR, CLAIRE, Rouviany er YVONNE. ?
CLAIRE. (Prenant de la scène, suivie des autres personnages.)
Le panorama qui émane de ce point de vue est magnifique, Messieurs, et je vous avoue franchement que je ne regrette pas du tout ma promenade sur ces légendaires remparts de Québec.
YVONNE
Ni moi non plus, Messieurs; aussi veuillez agréer nos plus sincères remerciements.
VERGOR
Ce qui nous récompense au centuple, Mademoiselle Yvonne, car, je vous prie de le croire, tous les charmes de l'après-midi sont pour vos humbles serviteurs.
CLAIRE. (Sôuriante.)
Pourquoi nous complimenter de la sorte, Monsieur Vergor?...
Vous êtes trop flatteur, mon ami...
Rouviaxy.
Nullement, Melle Claire » MOn camarade a mille fois raison, car, qu’s at-il de plus agréable pour nous que de se retrouver de nou- Veau—après une si longue séparation —en compagnie de nos fidèles fiuncées?.. Pris sur ma concience, il n’y a absolument rien pour nous causer Une joie aussi immense!.. C’est tout naturel, d’ailleurs, et ça se résume en peu de mots; mon ami Vergor vous aime, Melle Claire, et moi... j'adore Yvonne!
CLAIRE, (Vivement.)
Oui, oui, nous savons cela.
VERGOR
Méchante!. .…. . vous n'aimez pas qu’on vous dise combien vous m'êtes précieuse?. .
CLAIRE. (Rieuse.) Si! Sil.. mais pas trop à l'air... ça pourrait s’'éventer. Tous.! (Riant aussi.) Ah!.. Ah!..Ah!.. quelle idée! .
VEerGor.
Et vous, Melle Yvonne, vous ne dites rien sur ce sujet?..
YVONNE. (Ingénue.) Non.. car je craindrais trop d’avouer que ça me fait plaisir. CLAIRE. (/ncrédule.) Hoi... Ho!
VERGOR. (A Claire.) Très bien, cette réponse!
RouviGny. (Joyeux à Yvonne.) Voilà qui est parlé ouvertement, par exemple!. .Tenez.. pour ça. . il faut que je vous embrasse...
YVONNE. (Confuse. ) M. Rouvigny...….
RouviGny. (Rectifiant.) La main !.. (J1 la lui baise très respectueusement.) (A ce moment on entend le son d'un clairon élvigrié.) CLAIRE. (Surprise.
VERGOR. (Tristement.) Le fatal signal! CLAIRE.
Que voulez-vous dire, M. Vergor?
VERGOR
Hélas, Melle Claire, que c’cst là le terme de notre bonheur d’au-
jourd’hui.
YVONNE
Ab, je comprends, moi!.... vous voulez nous faire savoir que nous sommes rençucs à l'instant cù Ics visitcurs doivent se retirer? RouviGny.
Précisément, Mille Yvonne, c’est bien mzlheureux pour noës, croyez-le?..
CLATRE. (À Vergor.) En ce cas, mon ami... descendons!. ... voulez-vous? VERGOR.
Il le faut bien.... (Tendant son bras à Claire.) Me permettezvous?....
Ms sa year, Qu brtent VD ua 2e
“Be piété do Ronveemenes
abc
ntm Bertin péter
Médias idées tome
nettes
CLAIRE, (Prenant gracieusement le bras de Vergor.)
Avec plaisir. ...
(Ils font quelques pas vers le premier plan à droite.) Rouviany. (Même jeu avec Yvonne.) Savez-vous, Mademoiselle, que la journée a été beaucoup trop courte pour moi?
YVONNE
Plaise à Dieul.. elle n’est pas encore finie, M. le sergent!.. * CLAIRE.
(S’arrétant et s'adressant autant à Rouvigny qu'à Vergor.)
En effet.. vous allez nous faire le plaisir de venir passer la soirée en notre compagnie, Messieurs, car, Vous savez, notre excellent maître—ce bon docteur Arnoux—nous a autorisées à vous recevoir chez lui.
VERGOR
Vraiment?.. Il est fort gentil!.. et, en retour, veuillez croire que si cela nous est possible, ce sera avec grand empressement, Mesdemoiselles, que nous nous rendrons à votre aimable invitation.
Rovuvienx
Sans doute. . i: ais je crains bien, moi aussi, que la permission de sortie soit beaucoup difficile à obtenir, car vous n’êtes pas sans savoir que depuis que la flotte du général Wolfe se ballade en face de la ville, les militaires ne peuvent presque plus avoir de congé...
YVONNE. (Avec humeur.) Ah! bien!. . il faut absolument que vous veniez. Je le veux, moil..
VERGoR. (Souriant.) Si nous n’avions que cela à dire au marquis de Montcalm pour obtenir notre permis de ce soir, vous pourriez compter sur nous... Rouviawr.
Oui, mais ici, c’est la discipline, et, avec ça, hum!. .on ne hadine
pas!
JP
(A ce moment, venant de gauche, bruit de voix et murmure de plusieurs rires.) | VERGor. (Regardant de ce côté et surpris:)
Tonnerre, voici le général et son état-major.… filons vite! (A Claire.) Je vous en prie, Mademoiselle, venez!.. CLAIRE. (Lentement entraînée par Vergor.) Pourquoi? ... je suppose qu’il ne mange pas les gens, votre
général? .
Rouviany. (Voulant emmener Yvonne.)
Non! mais il nous flanquerait un savon!..
: Yvonne. (Souriante.) Bah! ça ne salit pas, le savon!
RouviGny.
Peut-être, mais je ne tiens pas à en user pour le moment. Yvonne. (Sortant avec Rouvigny à la suite de Claire et de Vergor.) Vous vous trouvez assez net?
Rouviany. (Mystérieusement.) Chut! Chut! Chut!.. (Zls sortent tous à droite.) (Dès que la scène est vide, une voix crie dans la coulisse gauche.) Gloire au marquis!.. Vive le général de Montcalm! he SCENE II ‘ DE MONTCALM, DE ST-LUC, CUVILLIERS, DE RAMESAY, MONSEI- GNEUR DE PONTBRIAND, DOCTEUR ARNOUX, ET DES OFFICIERS DE L’ETAT-MAJOR.
Tous. (Entrant de gauche en entourant Montcalm joyeusement.) Gloire au marquis!.. Vive le général de Montcalm! . DE MonrTcaLM. (Emu.)
” Merci, Messieurs, merci, mes braves... . oui, du plus profond de mon cœur!.. Votre admiration me touche beaucoup, et sans doute elle me fait apprécier davantage ma visite quotidienne sur les murs de notre cher Québec!.. Cependant, mes bons amis, il est de mon devoir de vous dire que je ne mérite guère la démonstration euthou-
siaste que vous voulez bien me faire ce soir, car la nouvelle victoire que nous venons encore de remporter ce matin par la petite escarmouche du Cul-de-Sac, n’est pas du tout mon œuvre. Nous la devons uniquement à la sagacité et à la Vaillance du capitaine baron de St-Luc, aidé de notre jeune et dévoué lieutenant canadien : Eugène Cuvilliers!. Evidemment, j'en profite pour les citer tous deux à l’ordre du jour!
Tous. (Gaiement.) Vive d- St-Luc et Cuvilliers!. Gloire aux braves!. De Sr-Luc.
Mon cher marquis, vous êtes vraiment trop indulgent pour moi. La part que j'ai prise dans cette petite escarmouche est trop minime pour que vous daigniez proclamer mon nom avec celui du lieutenant Cuvilliers. Je vous le dis en toute franchise, général, notre jeune officier canadien est le seul auquel revient le mérite de cette victoire,
Tous. (Même jeu.)
Bravo! Cuvilliers. .….. bravol.
CuviLiers.
Décidément, Messieurs, le capit : « de St- Luc est en train de me poétiser. Je vous en prie, mon. 4l, veuillez croire que je n’ai fait 1à que tout naturellement mon devoir.
DE MonrTcaLu.
Nous savons que la modestie du lieutenant Cuvilliers est sans bornes mais elle n’empêchera pas le général de Montcalm de croire à l'exactituile des paroles élogieuses de M. de St-Luc à votre égard, mon jeune ami!.. Aussi, je vous offre, avec un vif plaisir, mes meilleurs compliments!. .
Vous vous êtes comporté en héros, c’est bien, et je n'ai qu’un regret, c’est de n’avoir, en ce moment, aucune médaille à vous décerner en faible récompense,
CuviLziers. (Confus.)
Mon général.. vous me comblez. et.. je l'avoue, je ne sais
trop comment vous exprimer ma reconnaissance, . ,,
ire ar-
de-
ron ne or-
ur op du al, le