‹ Le secret du gouffreChapitre 13 sur 32 · LE CHAGRIN DE LUCILE · texte numérisé non relu

LE CHAGRIN DE LUCILE

nous n'aurons rien risqué. Nous aurons procédé à Ir de l'Angleterre qui, chaque fois qu'elle veut s'enric les autres peuples faire la besogne de découverte ' moment voulu, les dépouiller. »

Assurément l'intelligence de Lucile, si vive fû pas encore assez ouverte pour bien saisir tout lisme de ce procédé. En outre, ses connaissanc ne lui permettaient point d'apprécier sainem' ainsi porté sur la légendaire mauvaise foi d'A) moderne. Mais une parole de son père la fit 1? saillir.

« Oui, disait Eldgar Amond en riant; trouve résumée dans une fable de La F Raton.

— Papa se trompe, pensa sur-le-chf pour titre : Le Singe et le Chat. »

Elle n'eut pas le loisir de s'arrétei mémoire chez son père.

La réflexion, une réflexion sévèr des horizons bien plus vastes et c porter un redoutable jugement.

Cette fable du Bonhomme : / savait par cœur. Elle l'avait a' plus tôt.

Et maintenant, elle se rappe' dont le professeur avait fait ?

(( Bertrand avec Raton, l'u les nomme le fabuliste, n'él de coquins dont l'un dupai' grifl*es, tirait du feu les m* et le singe, ironique et r

IWi I.K SIXRET Dr GOfFFnE.

les croquait h la barhe de son coinplicc. CoiIps, Raton étail répn^he lisible, s'il s'appropriait les châtaifçnes ne lui appartenant pas, mais Bertrand, le singe, n'était lui, et ne pouvait être appelé autrement, qu'un alTreux scélérat.

Pourtant c'était ce rôle de Bertrand qu'entendaient tenir les trois hommes qui causaient si près d'elle, et l'un de ces liommes était son [iropre père. D'autre part, l'oncle Arnold et son tilleul, les plus honnêtes jçens du monde, étaient assimilés au pou délicat Raton. Ce trésor qu'ils allaient retirer de sa cachette, en Suisse, comme Raton faisait les châtaignes, deviendrait la proie des « maîtres fripons ».

FA Lucile sentait une rougeur brûlante envahir son front et ses joues en se répétant les épithètes employées par La Fontaine.

Car ici, ce n'étaient pas deux, mais trois 'i maîtres fripons •> qu'il fallait compter, et son père était l'un des trois.

l'ne affreuse clarté se faisait dans resi)rit de l'enfant. Sa jeune conscience s'éveillait à la réalité, et elle reculait devant l'horreui- de la conclusion qui s'imposait à sa pensée. Comme pour rendre cette conclusion inéluctable, l'organe de ,M. Amond reprenait :

Il C'est ça. Arrétons-nons à celle décision. Nous allons nous tenir au courant de ce que le vieil homme et son pupille vnnl entreprendi'e. Je ferai parler l'enfant, ipii me- livrei'ii le secret sans mélianee. Kl quand la poire sera niùi-e, nous n'aurons plus qu'à la cueillir.

— Reste à savoir, tU le pnMiiier causeur, si nous n'allons pas nous donner bien du mal pour rien. Le jeu en vaut-il la chandelle?

— Quel mal? ricana le second. Kt puis, entre nous, ça vaut loujours mieux que les houillères du PiMe Nord. »

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