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La pelife fille entendil les pas des deux visiteurs se levant jiour |)rendre confié. Klle sauta, pieds nus, hors de son lit. el, eourant à la porte de séparation des chambres, poussive par une insurmontable curiosilé, elle colla son œil h la serrure.
Klle ne s'étatl pas trompée. Les visiteurs de son père étaient bien ceux qu'elle avait déjà vus au moment du départ : le grand et le petit. Le grand, à moustache, à voix de chien bouledogue, était celui que son compagnon avait nommé deux fois Rascal.
Kn ce moment, ^L Amond, éclairant ses amis sur le palier, disait :
<- .le ne puis guère prolonger mon séjour ici au delà d'une semaine. Il me faudra ramener In petite. L'hOtel, ça coûte chei-. ..
Lucile regagna son Ut et se blottit dans les draps, ayant le pressentiment que son père allait venir la conlenqiler dans son lit. Elle avait fort bien supposé. A peine M. Amond eut-il congédié ses visiteurs (ju'il rentra dans sa chambre, où la (îlleti l'entendit aller et venir.
Brusquement, elle jterçul le bruit du IcKjuet tournant une main |»réeautionneuse. Kn même temps, la hier bougie lui montra son père sur le seuil de In porte, pières papillotèrent dans l'éblouissement de la e) pestive.
" Tu ne dors donc pas, Lulu! interrogea M.
eu s'approchant du lit de sa lille.
— Je... viens de me réveiller, répliqua mal assurée et cpii n'avait pas encore api du monde?...
— Ah! c'est le bruit qui l'a réveillée? » prononça Edgar, en attachant sur les prunelles de l'enfant un regard soupçonneux.
Elle ne répondit rien; elle frissonna sous ce regard. Jamais elle n'avait vu pareille expression sur les traits fatigués de son père.
« Allons! conclut presque durement ce dernier. Rendors-toi vite. Demain, nous irons faire une longue promenade. »
Hélas! le sommeil avait été cruellement interrompu. L'imagination surexcitée de la fillette lui présentait à cette heure de terrifiants tableaux, soulignés d'insolubles questions. Chaque fois que ses paupières s'appesantissaient, des cauchemars rapides pesaient sur cette morbide somnolence. Elle assistait h des scènes violentes; elle voyait son père et les deux acolytes de celui-ci aux prises avec l'oncle Arnold et son filleul.
C'était horrible. Une sueur glacée baignait le corps de la petite fille. La céphalée, dont elle avait souffert les jours précédents, la reprenait, lui mettant comme un bandeau de fer autour des tempes. Elle pleurait et mordait ses draps pour étouffer le bruit de ses sanglots.
Une phrase, prononcée par M. Amond, revenait sans cesse à sa mémoire, lui martelant le cerveau à coups sourds.
Je ferai parler l'enfant.
Ouel était cet <t enfant » que le père de Lucilc voulait « faire parler? Elle-même ou son frère d'adoption Arnold?
Arnold? Ce n'était guère vraisemblable. M. Amond n'avait aucun moyen direct d'approcher le petit garçon et de l'interroger.
Et d'ailleurs, outre qu'Arnold était sous l'égide de M. de Winkelried, un homme qu'on ne bernait pas, qu'on n'intimidait pas, Lucile le connaissait assez pour savoir combien il était lui-môme prudent et avisé. Non, on ne faisait pas dire à Arnold ce qu'il ne voulait pas dire.