‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 13 sur 46 · I.ES ÉGLISES FONDÉES PAU SAINT PAUL · texte numérisé non relu

I.ES ÉGLISES FONDÉES PAU SAINT PAUL

Eglises de Palestine, ou des nombreuses Eglises au dehors fondées par Paul et ses collaborateurs, et qui avaient reçu le Saint-Esprit de Vie par l’imposition des mains d’un Apôtre.

Ceci était l’un des premiers principes de la doctrine du Christ. Par cette ordination, le converti était régénéré. L’homme nouveau était né en lui, et il était prêt à affronter le baptême de feu qui devait le débarrasser de la chair.

Les membres de l’Eglise qui n’étaient pas Juifs de naissance, et qui n’avaient pas reçu le don de l'Esprit, ne possédaient pas les Ecritures, et, pour eux, les lettres des Apôtres étaient le seul récipient de la parole de Vérité qui devait servir aux générations futures.

Par le moyen de la prédication de Jésus et du ministère de ses disciples, un certain nombre de pécheurs en Israël avaient été appelés, gardés par le pouvoir du Saint-Esprit dans les derniers jours, puis transférés du royaume des sens à celui de l’esprit.

Le reste de la nation avait dû traverser les scènes du jugement ciionien et périt misérablement, ou fut banni pour un temps indéfini ; les oracles aioniens furent transférés du peuple ancien d’Abraham aux nations en général. Le voile du secret fut jeté sur toute la série des événements, afin de cacher le but de la volonté infinie jusqu’à ce que les derniers temps fussent proches.

Ces jours sont maintenant arrivés. L’étudiant

peut suivre la pente des événements, tels que l’histoire écrite et la tradition les a révélés.

Les Saints sont ceux qui furent choisis pour être délivrés du jugement spécial, prononcé sur le peuple juif, à cause de la grandeur de son iniquité, et qui furent enlevés du monde lorsqu’ils eurent prouvé qu’ils étaient dignes d’être admis dans la vie immortelle.

Le terrain sur lequel devait se faire la sélection de ceux qui étaient appelés à la sainteté, était la foi dans le Messager envoyé pour avertir le peuple que le jugement était proche. Jésus fut le dernier et le plus grand de ces messagers, et il prédit à son peuple le jugement final des Juifs. Ceux qui le reçurent et qui crurent à ses paroles, au sujet des événements prochains, furent les saints des derniers jours.

Aucune question n’est plus importante que celle qui se pose naturellement sous cette forme : Pourquoi les élus furent-ils sauvés et retirés du monde? La réponse se trouve dans les textes des Ecritures qui ont été cités précédemment. Cherchons cependant une explication plus complète dans d’autres oracles.

Jésus et les Saints rachetés sont hors du monde, et aucune manifestation de leur exis-

tence n’a jamais été faite devant les nations chrétiennes depuis dix-huit siècles. Pendant cette longue période les mortels ont été assujettis à un pouvoir civil et religieux qui prétend gouverner selon l’esprit du Christ, mais qui, en réalité, est le pouvoir représenté dans la prophétie sous le nom de la « Femme écarlate » et de la « Bête » qui la porte. L’Etat, et l’Eglise soutenue par l’Etat, prétendent représenter le gouvernement du Christ; et, en l’absence de Jésus et de ses saints, les nations ne savent du christianisme que ce qu’ils en voient manifesté dans les gouvernements et les Eglises soi disant chrétiennes.

Il s’ensuit que la foi tombe de toutes parts, chez les nations catholiques comme chez les protestants. Les commentateurs voient dans la Femme et la Bête l’union du sensualisme avec le matérialisme. Aussi nous voyons les Églises se matérialiser de plus en plus, et recevoir, pour se soutenir encore dans les âmes, ces mille petites dévotions inconnues aux âges apostoliques.

Le Spiritualisme des premiers siècles a fait place à des pratiques qui frappent les sens plus que l’esprit, et cette tendance générale

constitue une irrémédiable décadence. Mais la domination de la Femme et de la Bête, ou en d'autres termes, du sensualisme et du matérialisme qui défigurent le Christianisme tire à sa fin. Le temps est proche où le Christ multiplié — autrement dit les fils de Dieu — se chargera de l’œuvre finale et procédera à l’établissement du « Royaume des deux , » sur les ruines des gouvernements humains, civils et religieux.

Citons quelques passages pour montrer que Jésus doit être effectivement le Directeur suprême du monde (du monde mortel).

Alors le Roi régnera selon la justice et les Princes gouverneront avec droiture. Chacun sera comme un abri contre le vent et un refuge contre la tempête, comme des courants d’eau dans un lieu desséché, comme l’ombre d’un grand rocher dans une terre altérée. Les yeux de ceux qui voient ne seront plus bouchés, et les oreilles de ceux qui entendent seront attentives. Le cœur des hommes légers sera intelligent pour comprendre et la langue de ceux qui balbutient parlera vite et nettement. (Esaïe xxxir, t-4).

Je vis aussi le Seigneur assis sur un trône très élevé et les pans de sa robe remplissaient le temple ; des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils criaient l’un à l’autre et disaient : Saint, Saint, Saint est l’Eternel des armées, toute la terre est pleine de sa gloire. (Esaïe vi, 13).

Il sera appelé fds du Très-Haut et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père. Il régnera sur la

maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. (Luc r, 32-33).

Gomme David était prophète et qu’il savait que Dieu lui avait promis avec serment de faire asseoir un de ses descendants selon la chair sur son trône, il a parlé de la résurrection du Christ. Elevé par la puissance de Dieu, il (Jésus) a reçu du Père le Saint Esprit qui avait été promis. Car David n’est point monté au ciel, mais il dit lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assie lstoi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié. (Actes n, 30-36).

Esaïe dit aussi : Il sortira d’isaï un rejeton qui se lèvera pour régner sur les nations. (Romains, xv, 12).

Un grand nombre de passages ayant la même signification pourraient être ajoutés à ceux ci, mais cela serait superflu. Leur interprétation la plus simple est que le Christ glorifié viendra dans un temps futur se révéler au monde, et prendre possession de son gouvernement. Cette seule idée répugne à ceux qui sont en esprit sous la domination de la Bête du matérialisme. Le Christ règne maintenant, disentils, par l’intermédiaire de l’Eglise et de l’Etat qui ont assumé son nom.

Mais ce serait une erreur de croire que cette alliance hétéroclite produise le bien. Elle n’est faite que pour mieux asservir les Esprits dans

un intérêt commun. Mais comme la Femme et la Bête ne forment pas un être unique, elles se sépareront quand leur intérêt ne sera plus identique, et déjà partout, en France, en Italie) en Angleterre, on marche à grand pas vers ce résultat. Et selon la vision de l’apôtre, la Bête ou le Matérialisme détruira la Femme, ou le sensualisme religieux (Apocal. XVII, IG, 17), avant l'avènement du règne de Dieu sur la terre.

La domination de Jésus est spirituelle et non pas personnelle. Le Saint Esprit n’est pas l’Esprit du christianisme dominant; mais la civilisation moderne, sous ses aspects variés, est un accomplissement de toutes les magnifiques peintures représentant la gloire des derniers jours qui ont été laites par les Voyants hébreux.

Nous n’avancerons aucun argument contre la doctrine du règne spirituel du Christ, car aucun ne serait valable. Pendant 1500 ans, cette chose adultérée, appelée l’Eglise chrétienne, a tenu sous son pouvoir les nations de la prophétie. Bien que, dans le dernier demisiècle, ce pouvoir de la Femme unie à la Bête se soit affaibli, il continue toujours et conti-

nuera jusqu’à la fin. Il tient le monde dans l’aveuglement et trompe ses fidèles en qualifiant de « spirituel » ce qui est simplement mystérieux ou symbolique. Celui qui a la marque de la Bète sur son front, ou dans sa main, lui appartient, fait partie d’elle et il devra souffrir avec elle dans sa chute.

Ces enseignements ne contiennent aucune parole d’indignation, d’avertissement ou de remontrance à l’adresse de ceux qui identifient le mot chrétienté avec religion; ceux-là ne peuvent pas entrevoir le salut qui doit venir aux nations, par le moyen de destruction du matérialisme et du sensualisme qui a envahi la religion chrétienne.

Les Saints qui furent sauvés à la tin de l’Eglise, ou de l’époque juive, le furent par le fait de l’abolition de l’Eglise juive, le la condamnation de la synagogue, des scribes et des docteurs de la loi, qui avaient pris sur eux de représenter Moïse et les prophètes et fabriqué la religion d’après les paroles de Jéhovah.

L’Eglise chrétienne est adultère, plus fausse envers Jésus que les Pharisiens ne l’ont été à l’égard de Moïse, par conséquent elle aura le sort de son prototype. Celui qui ne la regarde

qu’à travers le nuage delà tradition, ne pourra pas découvrir la vérité de la prophétie. Par sa manière fausse de spiritualiser les Ecritures, par l’application qu’elle fait à elle-même des paroles sacrées, par son idée qu’elle est le Christ et. sa prétention de dominer, l’Eglise n’est pas chrétienne.

Nous écrivons seulement pour ceux qui appartiennent à la Dispensation du Saint- Esprit, et c’est une joie de savoir que leur nombre augmente de jour en jour.

D’autre part, il est curieux, autant que désolant, d’observer que la grande masse des hommes qui se méfient de l’Eglise chrétienne ont aussi rejeté Jésus et ses œuvres, parce qu’ils ont identifié les Ecritures avec la théologie des Eglises.

Un petit nombre d’entre nous, tout en repoussant la tradition et la fausse religion qui a été fondée sur elle, ont gardé la foi en Jésus et croient que, par son œuvre de rédemption parmi les Gentils, les mortels pourront être délivrés, de tout mal naturel et social. Nous nous soumettons à l’Eglise et à l’Etat comme Jésus s’est soumis aux directeurs religieux et politiques de son temps, mais nous savons que leurs jours sont comptés et que leur chute est proche.

Jésus quittera la droite de son Dieu et le trône de son Père, et il construira le trône de David qui est le sien; il s’emparera du pouvoir et il régnera. Avec cette conviction très positive que le Christ doit venir pour régner visiblement sur les nations, nous devons lui associer tous les saints rachetés. Les paroles des Ecritures qui portent sur ce point, sont les suivantes :

Vous êtes demeurés avec moi dans mes épreuves; c'est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon père en a disposé en ma faveur, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume et que vous soyiez assis sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. (Luc xxn, 28-30).

Ecoutez, mes frères bien-aimés. Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu'ils soient riches en la foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment? (Jacques n, 5).

Si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui; si nous persévérons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera ; si nous sommes infidèles, il demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même. (2 Tim. n, 11-13).

. Tu as fait d’eux un royaume et des prêtres pour

notre Dieu et ils régneront avec toi sur lu terre. (Apoc. v, 10).

Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. (Apoc. iii, 21).

1s seront prêtres de Dieu et de Christ, et ils régnera t avec lui pendant mille ans. (Apoc. xx, 6).

Ne savez- vous pas que les saints jugeront le monde ? Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges? (Cor. vi, 2).

Venez, vous qui êtes bénis de mon père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. (Math, xxv, 34).

La façon ordinaire d'interpréter ces textes, selon ce qu’on appelle « la manière spirituelle, » a pour conséquence de les amener à ne signifier plus rien du tout. En agissant ainsi, on a poursuivi, inconsciemment peut-être, le but de réclamer l’apanage de la Sainteté pourtous les hommes d’Église de toutes les congrégations, dans les siècles passés et dans le siècle actuel. Les prêtres s’adressent au troupeau en qualité de Saints, et comme il est évident que la signification littérale du mot Saint, employé par les Apôtres, ne peut pas s’appliquer aux membres de leur Église, de là résulte qu’ils nient qu’elle puisse s’appliquer aux disciples de Jésus Christ et à ceux qui les suivent. Ainsi l’idée de la sainteté possible pour le commun des mortels s’est perdue, et on ne comprend pas que, depuis le temps des Apôtres, il y ait eu des Saints.

Les faits de sainteté se sont produits indi-

viduellement, à J’état d’exceptions très rare : aucune communauté chrétienne n’oserait plus revendiquer le nom de Saints pour tous ses membres collectivement , Qui donc pourrait encore aujourd’hui se servir du nom d'assemblée des Saints pour désigner une réunion chrétienne quelconque?

En supposant qu’on l’osât, on serait la manifestation sensible, irréfragable, de ces dons prodigieux qui, d’après les paroles du Christ même (Marc XVI, 48), devaient signaler au monde les croyants, les saints?

Si, selon les affirmations que nous venons d’avancer, Jésus et ses Saints apparaissent de nouveau devant le monde pour l’inauguration du Royaume des Cieux sur la terre, alors commencera le règne des immortels qui doit succéder à celui des mortels.

L’anticipation d’un tel Royaume peut se concilier avec les enseignements du pur christianisme. Mais cette idée est nécessairement en désaccord avec les théories et les espérances du monde politique et scientifique.

Le second avènement semble quelque chose d’incohérent et de confus, parce qu’on s’attend à voir venir ce qui est déjà passé. On croit

que les Saints du Nouveau Testament sont morts, et on ne voit pas, dans l’état présent des nations, les circonstances qui pourraient rendre possible l’accomplissement des promesses de Jésus.

Quelques personnes ont prêté une oreille attentive à ceux qui ont voulu prouver que le second avènement de Jésus devait avoir eu lieu en 1888 et à d’autres époques spéciales. Ils ont attendu cet avènement qui devait apporter le salut aussi bien que le jugement; mais comme rien d’extraordinaire ne s’est passé qui vint justifier les hérauts du millenium, ils n’ont plus eu confiance dans les prophètes inspirés et sont retournés à leur travail, à leurs plaisirs et à leurs souffrances sans espoir.

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Les oracles qui ont déjà été accomplis ne le seront pas une seconde fois. Le second avènement a eu lieu à la fin de l’époque juive, au temps de la destruction de Jérusalem et de son Temple, mais pour diverses raisons ce fait a été caché au monde. A l’époque de sa condamnation et du salut des Saints, le peuple juif comptait 35.000. 00U d’àmes. La plupart se trouvaient en Palestine, les autres étaient en dehors du pays, quoique ce fut illégal. Jésus offrit à toute la nation l’immortalité et le Royaume des Gieux.

Aveuglés par leurs conducteurs religieux et par leurs traditions vides de sens, aucun d’eux ne put discerner la portée de son plan ni le caractère de sa mission. Ils acceptèrent d’être

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guéris par lui, mais ne songèrent pas à demander le don de la Vie immortelle. Ce n’est pas le péché qui les rendait aveugles, mais la fausse religion.

Ils croyaient, comme le monde chrétien le croit aujourd’hui, que, s’ils vivaient honnêtement, la mort les feraient entrer dans l’immortalité, mais ils ne demandaient pas d’être délivrés de la mort. Ainsi la nation juive perdit le royaume, et le temps de son rétablissement dut être ajourné parce qu’on manquait de « princes. »

Le royaume fut donc enlevé à ce peuple et, pendant des siècles successifs, il a été offert aux autres nations. Par le ministère de Jésus et de ses Apôtres, un nombre suffisant de Saints pour gouverner le peuple juif furent réunis. Mais le plus grand nombre, qu aucun homme ne peut compter, doit encore être choisi et pris parmi les nations chrétiennes. Et lorsqu’ils seront réunis, ils seront les brebis cVun autre troupeau que le Christ doit amener avec lui pour former son royaume.

Nous devons regarder comme des élus et des Saints, ceux qui ont répondu à l’appel de Jésus et qui, par les tribulations et les persé-

cotions souffertes jusqu’à l’heure de leur disparition du monde, sont entrés dans la vie immortelle. En conscience, ils pouvaient se sentir les enfants de Dieu. Nous les appellerons des Saints, quoique, moralement et religieusement, ils ne fussent pas au-dessus de ceux qui, aujourd’hui, sont les disciples du Christ; et nous ne pouvons nous empêcher de regretter que le nombre de ceux qui ont été choisis pour devenir immortels et participer au trône de Jésus, ait été si petit.

N’oublions pas qu’ils étaient simples et doux et qu’ils avaient accepté avec confiance les promesses du Messie ; et là est la raison du choix (jui avait été fait d’eux. L’appel de Jésus et de ses apôtres s’adressait à tous indistinctement. Ceux-là entendirent l’appel, et, par le pouvoir du Saint-Esprit, ils écoutèrent les promesses et crurent. Le même appel se fait entendre aujourd'hui, les promesses sont toujours là, un autre dernier jour va venir, dans lequel les croyants d’entre les Gentils pourront obtenir la même immortalité et être associés de la même façon au trône du Christ. « Celui qui croit sera sauvé. » Ils sont peu nombreux, dans toutes les générations, ceux qui ont la patience

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des Saints. Or nous avons besoin de patience ici maintenant. Nous ne pouvons attendre le temps du Seigneur, si nous ne sommes pas disposés à subir les tribulations, les souffrances, les épreuves que le chef du salut a endurées.

Nous acceptons la « Religion » au lieu de la Rédemption, et nous nous figurons que le royaume des deux est déjà au-dedans de nous. Nous considérons n'importe quel jour comme le dernier jour, et nous prenons les expériences mentales et les changements physiologiques pour la régénération et la sanctification. Nous nous croyons mortels et immortels tout à la fois, et nous voulons être en possession de tout ce que Jésus nous a offert, comme prix delà croix que ses disciples doivent porter.

Si, à la fin, nous ne recevions pas une couronne de vie, à qui serait la faute, puisque nous ne voulons pas attendre le temps de la Rédemption promis par le Seigneur? Ce n’est pas pour lui-même que Jésus est ressuscité d’entre les morts et est entré dans la gloire. Ce n’est pas pour eux-mêmes que les disciples furent appelés, justifiés et glorifiés. Mais c’était pour le monde, et le monde découvrira, une fois, que sa rédemption et sa délivrance du mal

sont le but de tous les faits étranges qui concernaient Jésus et ses disciples.

Pour nos sens l’homme est mortel, né à la souffrance et à la misère. Si jamais il peut sortir de son obscurité et du mal, cela sera parles soins des serviteurs du Bien. Nous disons les serviteurs et pas le serviteur. Jésus doit se multiplier indéfiniment par le pouvoir du Saint-Esprit, avant de pouvoir sauver la race humaine, l’affranchir du travail, du péché, de la souffrance, de la maladie et de la mort. Du point d'observation où nous sommes, nous voyons Jésus attirant auprès de lui ceux qui peuvent devenir ses collaborateurs dans la grande œuvre finale — affranchir le monde de la servitude du mal.

Mais avant que lui et eux puissent commencer ce travail deux choses sont nécessaires.

1° Ces Sauveurs doivent eux-mêmes être sauvés; 2° le monde doit désirer le salut. Ce que nous voyons dans le Nouveau Testament c’est le Processus par lequel lui et ses disciples, les serviteurs du bien, ont été préparés à l’œuvre qui les attend dans le « temps à venir. » Les Prophéties de l’Ancien et du Nouveau Testament nous apprennent quel sera le caractère de

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l’œuvre elle-même et ses grands résultats, lorsque les Saints prendront le « royaume du ciel ».

La chair et le sang ne peuvent pas entrer dans le royaume; des pécheurs mortels ne peuvent pas gouverner durant l’époque du millénium. La plénitude du pouvoir spirituel ne peut pas être confiée à ceux qui doivent manger et boire, être revêtus de vêtements' matériels, abrités dans des maisons construites par des mains, et qui sont sujets aux passions de l’envie, de l’ambition et de la convoitise de la chair.

Avant que le sceptre soit mis dans leurs mains, les Princes de la royauté divine doivent être devenus des êtres spirituels et immortels; mais ce changement qui est produit par le Saint-Esprit peut se passer en un clin d’œil. Nous avons montré, en interprétant de la façon la plus simple et Ja plus naturelle les Annales Sacrées, que le Roi et plusieurs Princes ont déjà été sauvés. Dieu a sauvé le Roi et le Roi a sauvé les Princes, mais aucun ne gouverne encore. Parmi ceux qui, à la fin de l’époque Juive, furent appelés, un petit nombre seulement fut trouvé digne. Le Père céleste sait

combien il lui en faut, et nous pouvons être certains que le nombre sera complété.

Le salut est venu une fois des Juifs, mais il n’en sera plus ainsi. Il doit venir aujourd’hui des Gentils. D’Abraham jusqu’à saint Paul, tous ceux de la lignée d’ Abraham qui sont dignes de gouverner avec le Christ sont entrés dans le royaume et attendent. Les Gentils qui sont héritiers de la foi dans les promesses n’ont pas encore reçu les choses promises ; ils attendent — éveillés ou endormis — un autre dernier jour; alors ils mettront de côté la corruption pour revêtir l’incorruptibilité, et ils entreront dans la joie de leur Seigneur.

Nous ne faisons que répéter l’histoire, elle est si nouvelle et cependant si vieille ! mais la vérité est toujours la même.

Heureux est celui qui aura part à la première résurrection, ou à la translation des Saints Gentils. Ceci sera accompli par le renversement et la destruction de tout le pouvoir Gentil, civil et ecclésiastique. Le jour du salut est aussi le jour de la condamnation. Si nous possédons la moindre capacité de discernement, sûrement nous lirons ceci dans la leçon du passé.

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Au moment où l’Eglise apostolique fut fondée, la Théocratie Juive, le Clergé, le Sanhédrin, le Roi et tous les autres représentants du gouvernement religieux n’ont-ils pas disparu?

Le Juif possède-t-il un pays, un Roi, un Temple, un gouvernement, ou quoi que ce soit qui y ressemble? N’est-il pas sans espoir, sans aide, abandonné, errant parmi les nations et dans le monde, inconsciemment prêt à accepter le royaume à venir, révélé dans les écrits de ses propres Voyants? Les Juifs n’ont pas grand respect pour leurs Rabbins, sauf le respect que l’on a pour l’éducation et le talent. Chaque jour l’histoire montre qu’il n’y a pas d’autorité dans la Synagogue :

« Une partie d’Israël est tombée dans l’endurcissement jusqu'à ce que la multitude des Gentils soit entrée Hans l’Eglise. »

Le bon sens humain n’a que de la pitié pour l’aveuglement des Juifs, mais, de fait, cet aveuglement n’est-il pas préférable à la vue fausse des nations? Pourquoi ne voyons-nous pas que ce qui a été écrit à propos de ce temps, l’a aussi été pour notre instruction? Nous citons souvent cette parole banale : « L’hir.toire se répète, » mais jamais on ne trouvera un meil-

leur exemple de ceci que dans la fin des temps des nations. Sous presque tous les rapports le monde chrétien est semblable au monde Juif, alors que Jésus enfant attendait de commencer son œuvre. Les Pharisiens ont leurs Eglises et leurs Synagogues dans tous les pays, et, du haut de leurs chaires, ils expliquent la loi et les prophètes d’après les traditions des Anciens. Ils font de longues prières, et enseignent comme des doctrines les commandements des hommes. Ils aiment à faire des salutations sur les places des marchés et dans les lieux de fêtes. Ils ont leurs neuvaines, se confessent et font des aumônes pour être vus des hommes. Ils croient aux Anges, aux esprits, aux visions et inculquent le culte de la volonté et la pitié comme autrefois.

Les Saducéens sont représentés par les hommes de science qui nient Dieu, les Anges et les âmes des hommes; qui prétendent que tout est matière et force, que l’homme physique est tout ce qui existe, que la religion n’est que superstition et la raison le seul guide vers la vérité ; qui, n’ayant pas de foi, enseignent qu’il n’y a rien au-delà du témoignage des sens et en dehors du critérium de l’expérience.

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L’Essénien est aussi vivant aujourd’hui que lorsqu’aux jours de Jésus, il se croyait un être très spiritualisé, se détournait de toutes les satisfactions des sens et vivait d’abstraction et d’extase.

Le temple de Jésus est de nouveau fermé, l’égoïsme et l’indifférence régnent en maîtres.

Les entreprises financières et les affaires occupent les esprits des hommes ; le monde ne songe qu’au luxe et au plaisir. Mais derrière tout cela une idée vague et indéfinie, une attente de quelque chose qui doit arriver bientôt, soit en bien, soit en mal, pénètre l’atmosphère mentale, présageant l’acccomplissement de la prophétie qui n’a été ni lue, ni annoncée.

Pourquoi ne savons-nous pas discerner les signes des temps ?

Ce qui caractérise l’Eglise- et la Société d’aujourd’hui, c’est l’orgueil national et la vanité religieuse. En Europe et en Amérique, nos grandes villes rivalisent de luxe.

Les Eglises se vantent du grand nombre et de la valeur de leurs institutions charitables. Leurs membres parcourent la terre et la mer pour faire des prosélytes, et appellent leur intolérance du zèle religieux. N’est-il pas vrai,

aujourd’hui comme autrefois, que « l’orgueil marche devant l’écrasement ? »

Nous n’avons pas l’intention d’être prophète de malheur, ni de faire la leçon aux nations chrétiennes ; mais nos yeux sont ouverts sur l’état actuel de la chrétienté, et nous voudrions faire comprendre à ceux qui ne sont pas aveuglés par la vanité nationale, religieuse ou personnelle, quel rapport existe entre l’état actuel du monde et la parole de la prophétie divine. Si l’étudiant veut se retirer hors de l’influence magnétique de ce grand dix-neuvième siècle, qui se vante de posséder plus de pouvoir, de sagesse et d’intelligence que les siècles précédents, il s’apercevra que le monde qui se cabre sous l’idée d’une domination morale, a pris le mors aux dents et se précipite aveuglement en avant, sans avoir d’autre but que l’excitation du mouvement et le mépris de tout gouvernement. Aucune loi de Dieu n'a de prise sur le monde aujourd’hui, car toute croyance au divin est tenue pour superstitieuse.

Celui qui voit tout cela, qui comprend l’esprit de l’époque et qui est familier avec le génie des Écritures sait que la fin est très proche. Les grands hommes du monde, ses Rois, ses di-

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recteurs, ses penseurs, ses philosophes, son clergé et ses guides spirituels ont presque terminé leur carrière. Dans le tourbillon de leur course précipitée, dans l’éclat rapide de leurs progrès sans but, tôt ou tard ils se heurteront contre Dieu, et cette collision amènera la destruction finale et complète. Ils disparaîtront et les Saints s’empareront du Royaume.

La destruction ou la disparition du monde matériel est un événement lointain. Pendant des siècles encore on croira à la chair et au sang, et l’homme sera considéré comme étant personnel et non pas spirituel. La fin du monde (cosmos) n’est pas la fin d’un Cycle ou d’un Aion donné.

Les personnes qui sont versées dans l’élude des Écritures doivent s’attendre à de grands changements dans l’ordre des choses parmi les mortels, mais non pas à la fin de la mortalité ou à la cessation de la loi de la génération mortelle ou charnelle.

Le « temps » des nations doit être suivi d’un gouvernement si différent de ceux auxquels nous avons été accoutumés qu’il laut vraiment

une forte dose de foi pour y croire et un grand développement pour le comprendre.

L’étudiant ordinaire, qui est en général un être assez matériel et indifférent, sera peu disposé à accepter l’idée d’un règne visible des Saints parmi les mortels, sur une terre matérielle. Toute doctrine vraie devient antipathique lorsqu'elle est pervertie ou faussement présentée.

Les Puritains croyaient qu’ils étaient les Saints du Christ, et Olivier Crormvell et ses généraux renversèrent la monarchie et la pensée anglaise, pour établir, par le pouvoir de leurs épées, un Royaume du Ciel dans lequel ou prierait le Dieu de paix et on chanterait des psaumes à sa gloire.

De nos jours, les Mormons s’intitulent euxmêmes les « Saints des derniers jours » et invitent les pauvres de toutes les nations à entrer dans la faveur divine et à devenir, avec eux, les héritiers de la Souveraineté du monde entier.

Les Mahométans se croient « les fidèles » et leurs prophètes s’attendent à dominer sur toutes les nations.

Chaque secte et chaque communauté religieuse prétend plus ou moins au monopole de

la sainteté, et ses membres se croient dignes de devenir les directeurs et les sauveurs du reste du monde.

Les Adventistes (1), qui croient au règne personnel du Christ sur la terre, ont une confiance absolue dans leur propre valeur et se croient dignes, en tous points, de s’emparer du Royaume. Ils s’attendent à ce que leur « changement » soit le prélude de l’inauguration du millenium.

Ceux qui n’ont que peu d’intérêt pour les choses à venir ne font que sourire de toutes ces prétentions; mais ce qui obscurcit le plus la vérité de la révélation, au sujet du royaume de la fin du monde, c’est la façon dont les grandes Églises orthodoxes parlent de nos jours. La plupart d’entre elles enseignent que le Royaume du Ciel est spirituel et non pas réel. Il est progressif et soumis à l’évolution et ne s’établira pas par la violence. Il a été fondé par Jésus, et durant les siècles qui se sont écoulés depuis lui, il a existé, comme un fait invisible, parmi les hommes.

On en voit sa manifestation dans les bonnes

(I) Ceux qui attendent la seconde venue du Christ.

œuvres accomplies par les chrétiens, dans la façon dont ils gardent la foi, dans la prédication de l’Évangile, dans les organisations religieuses des Missions, les Écoles du Dimanche, les Associations bienfaisantes. Tout ce qui se fait sous ces noms est, de fait, le Royaume du Ciel.

L’esprit de la Religion chrétienne est l’esprit du Royaume, et celui qui se convertit au christianisme est, parla, né au Royaume; il devient un Saint qui gouverne par la bonté et la douceur. Rien ne peut prévaloir contre l’influence puissante de ces bonnes pensées.

Ceux qui s’éloignent le plus, cependant, de l’esprit des enseignements prophétiques, ce sont les soi-disant maîtres qui affirment que le Royaume du Ciel n’est qu’une pensée, un état de l’esprit humain, et qu’il n’existe pas en dehors de l’intelligence qui le pense.

Affirmer que toutes les choses spirituelles sont des conceptions mentales des hommes mortels, y compris ce qui est entendu par cette phrase : « Le Royaume du Ciel, » c’est interpréter le langage de la Bible d’une façon plus dangereuse que ne le faisaient les Juifs d’autrefois, ou que ne le font les Mormons et

les Adventistes, de nos jours; eux qui ne voient pas autre chose dans la parole divine que l’expression de leurs propres prétentions à la Sainteté!

La seule façon de sortir de cette confusion c’est de s’apercevoir que cest la confusion, et que l’erreur est d’ignorer les droits de l’humanité à la sainteté, de laisser de côté toutes les conceptions du Royaume Divin qui peuvent exister dans l’intellect mortel, et de croire que le Royaume du Ciel ne doit se réaliser qu’après cette vie terrestre.

Le Royaume a été offert une fois aux Juifs et il sera bientôt offert de nouveau aux Gentils; l’histoire à venir montrera si ces derniers rejetteront cette offre, de même que les Juifs l’ont rejetée à cause de la fausse idée qu’ils s’en sont fait.

Le Royaume du Ciel, que Jésus prêchait, est plein de mystères; ces mystères ou ces traits caractéristiques furent cachés, de par la volonté du Seigneur, à beaucoup des hommes pieux et justes de la nation, et révélés seulement à ses disciples. Ils sont si bien cachés sous le voile de la parabole qu’on peut les interpréter comme on veut.

11 n'y a pas une secte, à quelque dénomination qu’elle appartienne, ni un corps de croyants, parmi les nations chrétiennes, qui ne puisse, et qui n’ait fait une application de ces paraboles à eux-mêmes. Les Christian Scientists ne font pas exception à la règle. Entraînés par la démonstration des guérisons, ils se sont avancés sur la pente dangereuse d’une illusion qui dépasse celles que l’on observe ailleurs.

Ils commencent àcroirequ’ilssont desSaints, que l’esprit de leurs œuvres est le Christ- Esprit et non pas le leur, et que ces œuvres sont le Royaume; et en agissant ainsi, ils excluent les autres du droit à l’héritage et au titre.

Oh! nous vous en supplions, chers amis, prenez garde à cette erreur, de crainte que votre présomption ne vous conduise à une chute lamentable. Nous en appelons aux Écritures : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme « elle est faite au ciel. »

« Afin que quand les temps de la Dispensation de sa grâce seraient accomplis, il réunît toutes choses au Christ, tant ce qui est dans les deux que ce qui est sur la terre » (Eph. I. JO). « Et Jérusalem sera foulée par les nations

jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis » (Luc XXI. 24). « Car je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’à ce que le règne de Dieu soit venu » (Luc XII. 18). « Voici le Tabernacle de Dieu avec les hommes, et il y habitera avec eux ; ils seront son peuple » (Apoc. XXL 3).

Ces passages semblent bien indiquer la pensée que, dans l’avenir, le pouvoir infini qui veut le bien interviendra dans les affaires des hommes pour leur avantage. Ils font allusion à la révélation et non pas à Yévolution. Ils disent que le monde sera sauvé par des forces extérieures à lui, et non par des forces intérieures que nous nommons à tort spirituelles.

La volonté de Dieu sera faite sur la terre, mais non pas avant que les mortels soient sous la domination de pouvoirs autres et très différents de ceux qui nous gouvernent maintenant.

Il y a des dispensations diverses, et, dans la dernière, on verra l’union des immortels avec les mortels, des anges avec les hommes, des êtres célestes avec les êtres terrestres, ce qui sera certainement pour le plus grand bien de ces derniers.

Le fait que le Père Céleste a communiqué uni; fois avec ses créatures terrestres, que les anges conversaient avec les hommes et que le ciel était ouvert à la vision des mortels n’a été considéré que comme une tradition. Mais il faut comprendre que ces faits supra-naturels n’étaient que le préliminaire d’autres faits semblables et leurs types ; de même que les manifestations supra-mondaines d’aujourd’hui annoncent autre chose.

La Spiritualisation complète de la race humaine n’est pas encore proche. Avant que la transfiguration du monde soit accomplie il faut que le monde soit capable de manifester dans la chair la droiture d’un Jésus. Ce pas ne peut pas être omis. Aucun pouvoir dans l’Eglise, dans l’Etat ni dans aucune secte, ou doctrine, ne peut délivrer les mortels « de la convoitise de la chair, de la convoitise des yeux ou de l’orgueil de la vie. »

Ce pouvoir existe, mais il est en dehors de l’Eglise et en dehors de notre pensée. Ce n’est pas une science humaine ni même divine, mais une énergie divine que le Christ possède, et, pour être reçue, il. faut qu’elle soit communiquée. « Le temps » et le mode de sa réception

ne sont pas aux ordres des mortels, mais à la volonté et à la disposition du Père Céleste.

La présence du Christ parmi les hommes, l'effusion sur les mortels, du Saint-Esprit par lequel ils pourront vaincre le monde delà chair et le diable, aussi bien que les scènes qui accompagneront le don divin seront les signes qui feront connaître le Royaume du ciel.

Aussi longtemps que ce royaume n’est pas venu, ceux qui exercent le pouvoir sur leurs frères pourront donner ce titre à ce qu’ils voudront; et la Chrétienté, ou n’importe quelle Eglise dominante, prétendra au Royaume sans qu’il soit possible de la contredire, puisqu’il n’y aura pas de terme de comparaison tant que le Royaume ne sera pas là.

Mais lorsque le Royaume paraîtra, les croyances, les doctrines et les organisations des hommes disparaîtront, tranquillement si elles acceptent sa proclamation, violemment si elles résislent. L’anti-matérialisme n’est pas par lui-même la spiritualité.

L’eau dont s’abreuvèrent les Hébreux dans le désert et la manne qui tomba pendant la nuit sont décrits par Saint-Paul comme une boisson spirituelle et une nourriture spirituelle.

Le Jésus ressuscité qui apparut à ses disciples et mangea avec eux était incarné spirituellement, en ce qu’il était ressuscité pour ne plus mourir.

Parce qu’on a déposé ses vêtements de chair, on n’est pas pour cela spiritualisé : si cela était ainsi, la mort serait un sauveur. Devenir un être spirituel, c’est être revêtu du corps céleste et immortel.

Pourquoi serait-il impossible de croire que Dieu puisse ressusciter les morts? et s’il a ressuscité des morts, pourquoi ceux-ci ne seraientils pas utilisés pour faire des œuvres plus grandes que celles que Jésus a faites lorsqu’il était encore dans la chair?

Le pendule de la foi humaine oscille en formant un arc de vibrations. Il est tour à tour aux deux extrêmes. Il ne peut pas se reposer dans la simplicité de la parole inspirée. Ne serait-ce pas à cause de l’impatience humaine?

L'erreur qu’ont commise les juifs à propos du Royaume du Messie, est complétée par celle que commettent les Gentils dans leur anticipation. La première erreur était de croire à des guerres, à une gloire martiale, à de vastes conquêtes, lorsque le « pied des Hébreux devait

écraser le cou des rois païens. » La seconde consiste en rêveries qui ne doivent pas s’exprimer extérieurement.

Les choses ne sont pas des pensées, mais elles sont des pensées exprimées. Le Royaume du ciel n’est pas votre pensée ni ma pensée. Il est la pensée du Père Céleste et un jour — qui a été fixé dès la fondation du monde, — cette pensée trouvera son expression et deviendra une chose qui réjouira les cœurs des hommes.

Le Royaume des cieux n’est pas seulement au dedans de nous, car les choses qui lui appartiennentne sont pas entrées dans la pensée de l’homme pour les comprendre, parce qu’elles sont trop grandes pour qu’il puisse les concevoir maintenant. Le Royaume de Dieu n’était pas en Jésus ni dans Jes intelligences de ses Saints. Il avait été préparé pour eux, et ils sont entrés dans le Royaume au dernier jour. Le Royaume du ciel est une révélation faite dans les oracles sacrés, et étant une Révélation, elle est cachée à ceux qui sont sous l’influence des affections, des espérances, des ambitions et de l’orgueil humain.

« Il a été caché aux sages et aux prudents

et révélé aux enfants. » On ne peut le trouver qu’en perdant tout le reste. Celui qui y participera ne possède rien maintenant. Il a soif de justice, mais il n’est pas rempli. Il pleure et il n’est pas consolé. Il attend dans la tristesse, parce qu’il est séparé de l’objet de son désir.

LE RÈGNE DES SAINTS

Les oracles divins convergent tous et se centralisent dans un seul foyer, et ce foyer est dans le temps, non pas dans l’éternité. Il est sur la terre et pas dans le Ciel. L’Amour Infini et l’infinie Sagesse ne peuvent pas avoir d’autre scène de manifestation que là où doit se produire la Rédemption des mortels sauvés du mal et du péché. Le ciel n’est pas un état mortel ou une harmonie du mental humain, c’est un lieu spirituel où le Père céleste, le Fils, les Saints et les Anges sont maintenant, et d’où ils viendront, en forme et en substance réelle et visible, au jour de la Dispensation à venir. Mais aujourd’hui les mortels peuvent communier avec le Père et le Fils, avec les Saints et les Anges, en sorte qu’ils doivent croire à leur existence.

LE RÈGNE DES SAINTS

Mais lorsqu’iL apparaîtra et que les hommes, les plus petits aussi bien que les plus grands, connaîtront le Seigneur parce qu’ils l’auront vu, alors le Royaume du ciel sera ici, non seulement dans votre esprit, mais aussi en dehors de lui.

« Le Tabernacle de Dieu sera avec les hommes. » Le corps ressuscité de Jésus était un corps spirituel, mais réel et tangible comme un corps mortel. Il doit être pour nous le type de tout ce qui est spirituel. Lorsque nous nous éloignons des conceptions que sa réalité nous suggère, nous sommes entraînés dans les régions non pas spirituelles mais mystiques.

Jérusalem était une ville qui avait été bâtie avec des mains; elle fut longtemps la capitale du peuple choisi. Gomme type et comme figure, elle était la cité de Dieu. Jésus y vint, un jour donné, et offrit de réaliser en elle ce qui n’avait été que typique — « la cité du grand Roi. » Mais Jérusalem refusa d’accepter cette transformation; aussi fut-elle condamnée, et aujourd’hui elle est foulée par les nations.

Elle restera en l’état où elle est jusqu’à ce que le temps de la délivrance des nations soit ac-

compli. Mais alors comment? Une ville morte peut-elle ressusciter et un corps mortel être vivant pour l’éternité? Demandons plutôt si ses murs peuvent être reconstruits par l’architecte divin avec des pierres qui ne tomberont jamais en poussière, et ses maisons rebâties en une substance qui ne se détériorera pas, ses rues pavées d’un matériel durable, et si son Temple peut rester debout comme le Temple typique de Salomon, édifié sans que l’on ait entendu le bruit du marteau, ou le son de la truelle, et cependant visible pour les mortels?

Lisez de nouveau les prophéties sur Jérusalem, et que votre pensées’élève au-dessus des diverses conceptions des Adventistes qui, par des moyens humains et des procédés politiques, voudraient chasser les Turcs, ramener les Juifs à Jérusalem et reconstruire la Cité Sainte. Gardez-vous aussi du mysticisme des Swedenborgiens (ou la Nouvelle Église de Jérusalem), qui croient trouver dans la nature spirituelle des expériences des mortels, l’accomplissement de tous les oracles des Voyants Hébreux.

Quelle conception voulez-vous accepter ?

Ou, trouvant la chose trop obscure, renoncerezvous à conclure? Quelque non réelle que soit

LE RÈGNE DES SAINTS

la matière, et elle n’est pas la réalité puisqu’elle est changeante et temporaire, elle a, cependant, une apparence que nous ne pouvons pas vaincre, et elle ne disparaîtra pas sur notre ordre. Elle a eu un passé, et, bien qu’elle soit un rêve, elle a un présent et elle doit avoir un avenir. Les Scientistes chrétiens ont l'idée fantastique que nous finirons par nous débarrasser de la matière en répétant emphatiquement qu’il n’y a aucune substance dans la matière, et en détournant leurs pensées des prétentions à l’existence qu’a la matière. Mais elle n’en continuera pas moins à exister jusqu’à ce qu’elle soit changée par un pouvoir plus élevé que celui qui est impliqué dans le Traitement des Christian scientists.

Pendant environ 6.000 ans, le rêve de l’homme en tant qu’un être mortel qui naît, atteint la maturité et meurt, s’est continué lentement, et rien de ce que le christianisme a jusqu’à présent exprimé, ne semble indiquer que ce rêve soit près de finir.

Les prophéties ont la prétention d’aller plus loin. Les peintures des Voyants sont matérielles en ce sens qu’elles représentent les choses à venir d’une façon aussi tangible que

celles du passé. Si nous rejetons ces révélations sur l'avenir, sous prétexte qu’y ajouter foi serait accepter la lettre qui tue, nous finirons par trouver que nous ferions mieux de laisser la Bible tout à fait de côté, alors même que nous croirions trouver une signification spirituelle en rejetant la lettre.

Nous affirmons ici qu’aucune conception spirituelle n’est possible tant que nous n’acceptons pas la conception littérale.

Ce qui constitue la masse de la prophétie, c’est la description de faits futurs qui ne peuvent pas se produire par le moyen d’agents humains reconnus ; la signification spirituelle ne peut se découvrir que lorsque nous sommes conscients de l’intention divine et de l’agent spirituel que ces faits recouvrent sans le cacher. Là encore nos instructeurs ordinaire se sont étrangement trompés. Leur mode d’interprétation, lorsqu’on va au fond, est une négation de la lettre, et le sens spirituel qu’ils mettent à la place ne se trouve nullement dans les paroles de l’Ecriture et par conséquent ne peut-être voilé par elles. Ce n’est qu’une fantaisie métaphysique qui se propose de remplacer les paroles de l'inspiration, lesquelles

LE RÈGNE DES SAINTS

ne sont plus considérées que comme des fables, des paraboles ou des allégories.

Cette façon de faire est le résultat de l’ignorance et de la paresse. Il est bien plus facile de mettre nos propres pensées folles derrière les paroles divines que de pénétrer dans la profondeur infinie que ces paroles recouvrent réellement, lorsqu’elles décrivent des événements se rapportant à certaines époques. Quel sens pouvons-nous attacher aux déclarations d’Isaïe ou de Jésus concernant Jérusalem si nous substituons à l’idée de celte célèbre cité la croyance mentale et la connaissance qui sont obtenues par l’intermédiaire des cinq sens corporels « l’orgueil et le pouvoir de l’orgueil, la sensualité, l’envie, l’oppression, la tyrannie? » En ce temps là on appellera Jérusalem le trône de l’Eternel et toutes les nations s’assembleront vers elle au nom de l’Eternel qui est à Jérusalem » (Gen. 3. 17). Sûrement la croyance mortelle, ou l’orgueil du pouvoir, ou la sensualité, ou l’envie ne seront jamais appelés le trône du Seigneur — et les nations ne pourront pas davantage être assemblées autour de ces mauvaises pensées au nom du Seigneur.

La Christian Science qui guérit les malades

au nom de cette vérité contenue dans les enseignements du Christ, que la maladie n’est pas la création de Dieu et n’existe que dans la croyance des mortels, en sorte qu’elle peut être vaincue par la foi, n’exige pas cependant que nous renoncions sans raison à toutes les révélations de l’Avenir.

Le rêve de la vie mortelle suit un ordre continu jusqu’à sa fin. L’amour infini se trouve derrière le tout, et la sagesse infinie a une façon pré-ordonnée de brider le mal par degrés successifs. Et si, pour fortifier les mortels qui sont impatients de la délivrance, ces degrés successifs ont été indiqués dans les prédictions des prophètes inspirés, pourquoi, par une étude patiente, ne pourrions-nous pas trouver le moyen de nous réjouir dans les promesses de la rédemption?

Il est vrai que des millions de mortels, aveuglés par le Dieu de ce monde, s’attachent à la vie terrestre, se réjouissent dans l’illusions des sens, appellent le mal bien, et luttent en vain pour croire à la perpétuité de ce qui est apparent. Aux yeux des fantaisistes, des extatiques, des poétiques, des mystiques, les pensées vagues et délicates de l’intellect humain sont

LE RÈGNE DES SAINTS

l’idéal le plus élevé de la spiritualité, et en les possédant ils se figurent avoir l’Eternité de l’Etre.

Pour ceux-là le Royaume du ciel, avec ses actualités, ne sera ni désirable ni bienvenu, parce que ce royaume ne s’adapte pas aux croyances erronées des mortels, et ne sera pas manifesté pour les sens qui sont les seuls moyens de perception des mortels.

Il sera rejeté par ceux qui demeurent dans le rêve de la spiritualité. Dans la personne de Jésus, l’homme spirituel a pris sur lui la ressemblance de la chair pécheresse. Ceci a eu lieu afin que les mortels pussent se rendre compte que l’homme charnel ou mortel, peut se débarrasser de ce qui appartient à la chair et gagner un corps spirituel. « Le peuple l’écoutait joyeusement, » et si ses directeurs qui préféraient la chair à la spiritualité, ne l’avaient pas faussement conduit, tous auraient été rachetés, comme ses disciples le furent, de leur état charnel et naturel, grâce au Christ.

Par la suite, tous ces « conducteurs aveugles d’aveugles » périrenlmisérablemenl. Telle est la leçon de l’histoire dont nous devrions

profiter. Si les Scribes, les Rabbins, les Prêtres avaient accepté Jésus comme le Messie, il aurait transformé toute la nation, et les hommes étant devenus immortels, seraient aujourd’hui les directeurs du monde, « guérissant, chassant les démons » et arrachant le monde à Satan.

Ils méconnurent le Juste, et en faisant cela, non seulement ils perdirent ce qu’ils avaient gagné, mais ce qu’ils paraissaient avoir leur fut enlevé, — la vie et le pouvoir dans la théocratie juive.

Cette scène se répétera à la plénitude des temps des Gentils, lorsque Jérusalem ne sera plus foulée.

Ceein’estqu’une indication. Le tableau prophétique que nous contemplons dans notre pensée, représente le règne des immortels sur les mortels, la présence visible des Saints rachetés au milieu des hommes, parmi les na tions ; le temps où le tabernacle de Dieu sera parmi les hommes.

On ne peut pas qualifier de « Royaume du Ciel, » un état où des hommes de chair sont les directeurs des nations, et où des créatures nées de la terre enseignent la Religion. Et l’idéal du

LE REGNE DES SAINTS

royaume du ciel n’est pas que des pécheurs pardonnent les péchés et que des malades guérissent les malades. Mais ce qui serait digne du nom de Royaume Divin, ce serait un royaume où des hommes immortels, assis sur des trônes, écouteraient les plaintes des pauvres qui ont souffert de l’injustice, et exécuteraient le jugement sur toute la terre. Un Royaume dans lequel ceux qui ne connaîtront plus ni la maladie, ni le péché, ni la mort, guériront les malades, pardonneront les péchés, chasseront les démons et ressusciteront les morts.

Celui-là seul, qui a passé à travers la mort et qui en a été délivré, qui a été nettoyé du péché, et dont chaque atome de sa chair a été changé — le matériel étant transformé en spirituel par le fiat de son Seigneur, — est digne d’avoir part au gouvernement de la Dispensation lors de « la plénitude des temps. »

Des milliers d’hommes immortels ont été préparés et attendent avec leur Seigneur le moment de prendre le pouvoir et de régner. Des millions encore seront rassemblés parmi les nations, et l’espérance du monde est dans la révélation qui affirme que, quand le sceptre

sera placé dans leurs mains, le mal, la maladie et le péché cesseront de régner.

Direz-vous que c’est trop demander de votre foi que d’accepter cela ? Il est vrai que bien que tout ceci soit positivement enseigné dans les Ecritures, il faut de la foi pour y croire, mais c’est la même foi que celle qui a été manifestée par les hommes d’autrefois, lesquels obtinrent « une bonne réputation. »

Dans un certain sens, l’Ecriture est encore pour la chrétienté la parole de Dieu, et la croyance au règne visible des Saints est bien d’accord avec cette parole. Il ne s’agit pas d’une crédulité naïve qui accepte pour des Christs des hommes et des temmee qu’aucune parole de Dieu n’a jamais désignés comme des Messies ou des Saints. Leur prétention d’être des Sauveurs ne repose que sur leurs propres allégations. Si donc, vous pouvez accepter leur doctrine et leur caractère sans qu’ils soient appuyés par la prophétie, ni prouvés par aucun témoignage, sûrement vous ne sauriez refuser de croire que ceux qui ont été rachetés de la mort puissent devenir, et deviendront des Sauveurs de l’humanité.

Le monde du péché doit avoir un avenir, et

LE RÈGNE DES SAINTS

dans cet avenir une rédemption doit se produire.

A la place de toutes les théories spéculatives et de tous les rêves qui sont le fruit de l’illumination, nous vous offrons le règne visible et tangible des Saints, tel qu’il est prédit dans l’ancien et le nouveau Testament ; et si vous avez la conscience de ne pas être encore sauvés et de n’être que des mortels, vous trouverez dans cette idée le chemin qui conduit au Seigneur. Au lieu d’attendre le résultat de l’évolution, nous vous disons de croire que vous pouvez être des hommes spirituels et, par conséquent, immortels déjà ici maintenant. Cette croyance est le seul chemin qui conduit à la délivrance de la maladie, de l’ignorance et de la mort.

LES DONS DK L’ESPRIT

Celui-là seul peut prier, en disant comme Jésus nous a enseigné à le faire. « Que ton règne vienne » qui voit tristement que le Royaume du Ciel n’est pas ici. Le grand Instructeur considérait le mal comme une chose passagère, mais à laquelle l’homme est néanmoins soumis à présent. Et toujours il semble dire que le Père-Mère céleste lui a donné la mission de renverser le mal et le non-réel, et de manifester l’expression parfaite du bien, comme étant ce qui est réel et permanent.

Tant que son œuvre n’a pas été accomplie, c’est se tromper soi-même que d’appeler le mal bien, ou de croire qu’il n’y a pas de mal à surmonter.

Ignorer le mal, c’est rester sous sa domina-

LES DONS DE L’ESPRIT

tion, « car ce qui constitue le royaume de Dieu, » dit saint Paul, « ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie que donne l’Esprit saint. »

Ce royaume est quelque chose de plus que les pensées que nous pouvons avoir et qui sont plus ou moins claires. L’apôtre s’écrie : « c’est la justice, c’est la paix, c’est la joie, » et tout cela est divin, mais il ajoute ces mots « que donne l’Esprit saint. »

Nous le savons, l’apôtre entendait dire que la justice exprime ce qui est parfait, ou le « Pioyaume de Dieu » et que les hommes doivent exprimer cette justice au lieu du péché, et la paix en place de la guerre et du tumulte. La joie apparaîtra là où est maintenant la douleur. La Vérité sera triomphante, elle fera cesser toutes les désharmonies et les luttes, et c’est pour cela que nous devons lutter.

Le temps viendra où la volonté divine sera faite « sur la terre comme elle est faite dans les cieux. »

Le Seigneur n’aurait pas recommandé à ses disciples de prier pour une chose qui ne peut

pas être, ou de s’adresser à un Dieu si éloigné

d’eux que leurs voix ne puissent pas être entendues de lui.

Une conception exacte du Royaume à venir, tirée des écrivains illuminés est ce qui doit précéder toute pensée vraie. L’agent puissant au moyen duquel le mal doit être détrôné et le bien établi, est partout désigné dans les Ecritures par ces mots « le Saint-Esprit. » Aussi devons-nous chercher à avoir une conception exacte de ce pouvoir suprême. En cela l’Eglise chrétienne semble avoir tout-à-fait erré.

L’esprit de corps qui règne parmi les chrétiens a été pris pour le Saint-Esprit. Leur zèle, leur enthousiasme, leurs émotions, leur spiritualité, comme on dit, sont considérés comme des manifestations de la présence et du pouvoir de cet Agent du Royaume.

Même la Science chrétienne à laquelle nous devons beaucoup, est regardée par plusieurs de ses adeptes comme cet esprit qui était descendu sur Jésus dans le Jourdain, ou sur ses disciples le jour de la Pentecôte.

Mis en garde par les erreurs des siècles, nous devrions hésiter à accepter ces conclusions et attendre patiemment la Révélation du Saint-Esprit au temps fixé, époque qui est

LES DONS DE L’ESPRIT

connue seulement de ceux qui ont mis de côté la forme charnelle et qui sont montés avec leur Maître vers le Père. Si le Saint-Esprit est l’Agent, les Saints ou les Princes sont ceux qui, dans le Royaume, expriment la justice, la paix et la joie ici et maintenant. Les Saints, comme collectivité, sont « le Christ, » et le plus petit dans le Royaume du Ciel manifestera, lorsque ce royaume sera établi, et exercera les pouvoirs qu’il possédera par le don de l’esprit.

Nous devons à saint Paul, le grand mystique, une analyse et une interprétation des pouvoirs royaux qui furent accordés anx Saints tandis qu'ils étaient encore des mortels.

Le caractère du Royaume fut dévoilé lentement, même aux apôtres des Gentils. Les pouvoirs déployés par Jésus — le chef du Royaume — ne peuvent pas être classifiés; ils n’existaient pas séparément pour répondre à chacun des besoins d’un monde mauvais. Le Faiseur de miracles renfermait son ministère au-dedans des limites de la loi divine et humaine. La manière dont il manifestait le royaume, en guérissant les malades, en ressuscitant les morts, en apaisant les tempêtes, en nourrissant

des milliers de personnes avec quelques pains et quelques poissons, en changeant l’eau en vin, en lisant les pensées des hommes, en prédisant le sort de Jérusalem et des villes de la Judée, ne nous semble pas maintenant une collection de faits et de merveilles sans ordre et sans science, et nous ne sommes pas incapables de comprendre ces fonctions du Royaume. Les modes même les plus inférieurs de la pensée, réflétent aujourd’hui ces hauts et saints offices du Céleste, et cependant sans atteindre jusqu’à l’esprit le plus intime et sans l’exprimer parfaitement, comme le firent les cent j vingt disciples lorsqu’ils commencèrent leur ministère avec leur Maître.

Nous savons qu’ils étaient remplis du Saint- Esprit et que tout ce qu’il faisaient était le produit de cet Esprit, mais nous n’avons pas pénétré assez profondément pour découvrir que toutes ces merveilles et ces dons divers de l’Esprit étaient faits pour affranchir les mortels de tout mal .

Saint Paul nous parle de ces dons et les souligne comme les Offices du Royaume du Ciel qui doivent être exercés sans limite et sans restriction, lorsque le monde, par le renver-

mmmmhi

LES DONS DE L’ESPRIT 449

sement des pouvoirs actuels, aura été mis sous la domination absolue des Saints.

Un des premiers actes pour la sélection des Saints fut « l’imposition des mains. » Par là l’homme, ou la femme, devenait un héritier de transmission à la première résurrection.

Les treize (1) Apôtres avaient ce pouvoir et, par cet acte, les croyants recevaient le Saint- Esprit et le sceau du Royaume dont ils devaient être les Saints et les Princes, pourvu qu’ils fussent fidèles et gardassent l’Esprit jusqu’au jour de la Rédemption.

Au 42° chapitre de la 4re Epître des Corinthiens, saint Paul interprète les nombreux dons de l’Esprit avec une grande clarté et nous affirme qu’ils constituent les Offices spirituels de l’Ecclesia, ou corps des Saints. R n’y avait qu’un seul Esprit et dans cette unité les Saints correspondaient à l’unité du Christ. Quoique chacun dût exercer plusieurs offices, Saint Paul énumère ces dons :

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