‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 15 sur 46 · Interprétateurs · texte numérisé non relu

Interprétateurs

Les treize Apôtres gouvernaient tous ceux-ci, et le monde des mortels leur sera soumis aussi. Au-dessus de tout est Jésus la tête suprême du Royaume.

Chaque disciple devra régner sur sa tribu respective lorsqu’elle sera réunie de nouveau dans la Terre Sainte. Saint Paul sera Vice-Roi, sous Jésus, et aura le gouvernement de toutes les nations du monde. Les treize auront sous leur commandement 12.000 fonctionnaires.

Un nombre d’employés subalternes, qu’il est impossible de supputer, tous remplis du

Saint-Esprit et de dons royaux, sera sous la domination des Apôtres des Gentils. Ceux qui doivent régner sous les treize ont été choisis, acceptés, glorifiés, et attendent le moment de gouverner.

La foule innombrable qui est chargée d’établir la justice, la paix et la joie parmi les nations, et de régner avec Paul, n’a pas encore été choisie ou appelée. Elle sera appelée à la fin des temps des Gentils, comme le furent les 144.000 à la fin de l’Aion juif. Les Juifs immortalisés ne peuvent pas régner sur les nations, mais il y a eu dans ce peuple assez de croyants pour remplir les fonctions, après la restauration d’Israël.

Le refus du Messie et de son royaume, par les chefs du peuple Hébreu, fut fatal à « l’espoir d’Israël. » Ils perdirent le gouvernement universel. « Je possède encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; il faut que je les amène aussi et elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger, » a dit Jésus, prophétiquement, faisant sans doute allusion aux Saints qui seront bientôt recueillis d’entre les nations, comme les premiers le furent d’entre les Juifs.

Parce que sa propre nation l’avait rejeté, il prédit que la domination serait enlevée à cette nation et transférée aux Gentils. « C’est pourquoi je vous déclare que le royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à une nation qui en produira les fruits. »

Ces deux prédictions comprennent un fait qui doit éveiller l’attention de tous les étudiants, et les impressionner par sa mystérieuse signification, mais, en ce moment, nous n’interprétons pas l’appel fait au monde Gentil, ce sujet est réservé pour le prochain chapitre. Ce qui nous occupe maintenant, c’est la constitution du Royaume lui-même, telle qu’elle a été esquissée par les grands mystiques.

Le Saint-Esprit est révélé primitivement comme la vie une. Ses dons royaux furent des révélations faites à ceux qui les comprenaient et sentaient pourquoi ils leur avaient été faits. C’étaient des dons utiles qui avaient pour but de faire comprendre à ceux qui les recevaient les choses du royaume.

Le passage suivant prouve que c’était bien là l’intention. « Mais comme il est écrit : les choses qu’aucun œil n’a vues, et aucune oreille entendues et qui ne sont montées dans le cœur d’aucun homme, toutes les choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment, c’est à nous, en effet, que Dieu les a révélées par l’esprit. » (I Cor. II, 9).

« Mais celui qui nous affermit ainsi que vous en Christ et qui vous a oints, c’est Dieu, qui

nous a aussi scellés et qui a mis dans nos cœurs le gage de son esprit. » (II Cor. I, 21- 22).

« En qui vous-mêmes aussi, depuis que vous avez ouï la parole de la vérité, la bonne nouvelle de votre salut, en qui, dis-je, vousmêmes aussi ayant cru, vous avez été scellés par l’Esprit-Saint qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour avoir part à la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire. » (Eph. I, 13, 14).

Le résumé de ces citations est que les disciples qui, par le don de l’Esprit, ont cru, savent ce qu’ils seront rendus capables de croire lorsque, dans l’avenir, le gouvernement sera remis dans leurs mains. Le don de guérir accordé aux Saints, alors qu’ils étaient encore dans la chair, indique que leur mission sera celle de guérisseurs au temps de l’expression parfaite, ou de l’état immortel.

Les prophètes qui , alors ou maintenant , ne prophétisent qu’imparfaitement, prophétiseront glorieusement. Le linguiste qui ne fait que balbutier, aujourd’hui, dans les assemblées de ses frères sera, dans un temps futur, capable de s’adresser à toutes les nations dans

leurs propres langues. Le faiseur de miracles recevra le pouvoir d’accomplir toutes choses pour les humanités malheureuses, et il enlèvera « la malédiction du travail » de dessus les épaules de tous les peuples, les remplissant d’une joie perpétuelle.

En vérité, nous n’avons encore eu que de faibles exemples des dons de l’esprit qui seront accordés aux Saints élus, lorsque le Seigneur rebâtira le trône de David qui est maintenant en ruine.

Citons, pour finir, ces peintures à la plume faites par les Prophètes, et voyons comment elles pourraient être admirablement réalisées lorsque l’homme, revêtu de ces pouvoirs, aura l’occasion de les exercer parmi les nations de la terre.

« Voici, un Roi régnera avec justice et les princes présideront avec équité. Et cet homme sera comme un lieu où l’on se met à couvert du vent, et comme une retraite contre la tempête; comme sont les ruisseaux d’eaux dans un lieu sec, et l’ombre d’un gros rocher dans un pays altéré. Alors les yeux de ceux qui voient ne seront plus retenus, et les oreilles de ceux qui écoutent seront attentives. Et le

cœur des insensés entendra la science, et la langue de ceux qui bégayaient parlera promptement et nettement (Esaïe. XXXII. 1-4).

« Les yeux des aveugles seront ouverts, et les oreilles des sourds seront débouchées. Alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du muet chantera avec triomphe ; car des eaux sortiront du désert, et des torrents de la solitude. »

Le désert et le lieu aride se réjouiront, et la solitude sera dans l’allégresse et fleurira comme une rose. » (Esaïe XXXV. 5. 6. 1.).

«< Chacun d’eux n’enseignera plus son prochain, ni chacun son frère en disant : Connaissez l’Eternel; car ils me connaîtront tous, depuis le plus petit d’entre eux jusqu’au plus grand, dit l’Eternel; parce que je pardonnerai leur iniquité, et que je ne me souviendrai plus de leur péché. » (Jérémie XXXI, 34).

Une imagination un peu vivepourra dès maintenant se représenter un monde qui réalisera la vision du Voyant Hébreu, un monde où la pnaladie et la désharmonie ne régneront plus, parceque tous connaîtront la vérité, vivront en elle et exerceront les dons du Saint-Esprit par amour pour la vérité. Les ignorants seront

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enseignés du dedans et seront éclairés par ceux qui possèdent la parole de sagesse. Les lieux tortus seront aplanis et le monde sera enrichi.

Les nations ne formeront qu’une seule fraternité, en sorte qu’il n’y aura plus de guerre et que tous les gouvernements humains tomberont en face de la majesté du nouveau royaume. Toutes les religions se fondront dans une adoration sublime pour le Seigneur si aimé et vénéré.

Alors le royaume du monde sera devenu le royaume du Christ, (les saints) et le millenium commencera. Il n’y a pas dans les Ecritures une seule scène, peinte par les prophètes, qui ne puisse pas s’accomplir dans l'histoire future du monde au moyen des fonctions judiciaires et exécutives que Saint-Paul a indiquées comme appartenant au règne du Christ (les saints). « Un seul iota, ou un seul jambage ne disparaîtra point de laloi avant que tout n’ait été réalisé » a dit Jésus.

Pourquoi donc les mortels ne voient-ils pas cela et ne se réjouissent-ils pas dans l’espérance qui leur est présentée ? C’est une triste tâche pour les étudiants d’exposer les fausses

interprétations des soi-disant instructeurs. Partout on nous dit que le royaume du ciel ne doit pas être une chose réelle mais seulement spirituelle..

N’avez-vous pas essayé depuis longtemps de saisir ce que les grands docteurs en divinité entendent par un royaume spirituel sans aucune manifestation visible? En quoi le monde est-il meilleur aujourd’hui parce que le règne spirituel du Christ est caché dans les pensées de quelques personnes pieuses? Ne voyez-vous pas que c’est le royaume du mysticisme et non pas de la spiritualité que prêche un clergé asservi, tandis que les matérialistes mettent tout leur espoir dans la science et l’Evolution, l’hygiène et les forces physiques, et cherchent à réconcilier les hommes avec la mort, en leur disant qu’elle est inévitable et qu’ils doivent s’en consoler comme ils pourront.

Le royaume du ciel, que les voyants Hébreux ont esquissé, et que Paul a annoncé comme un royaume spirituel, d’après le type du Seigneur, par la parole de qui ils furent transformés, ne peut pas être vaincu par la mort. Les bénédictions qu’il doit répandre sur le

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monde sont la justice, la joie, la paix; et aucun étudiant sérieux de la Bible ne saurait manquer de voir que les immortels peuvent se mêler et se mêlent effectivement aux mortels, et c’est là la méthode de transformation du Christ.

Mais nos instructeurs modernes, qui se raillent de l’Ancien Testament, ne voient pas que les degrés, ou rondes (1) de l’échelle de la vie sont incomplets sans toutes ces expériences. Chaque étape de notre expérience doit nous élever vers les méthodes du Nouveau Testament, ou méthodes du Christ, et celui qui ne s’est pas élevé ainsi doit le faire avant qu’il ne puisse interpréter les nouveaux lieux et la nouvelle terre à l’image du royaume que Dieu a créé.

Un Jésus ressuscité ne s’est-il pas rendu visible aux hommes qui étaient encore dans la chair? Ceux qui prient pour la délivrance du monde doivent cependant croire que Dieu a déjà prévu ce qui était nécessaire pour sa rédemption, et ils peuvent se réjouir dans cette espérance positive.

(1) Expression tirée du Bouddhisme ésotérique de Sinnett.

La théocratie juive avec son rituel, son temple et ses lois, avait été instituée par les Anges et elle se trouve dépeinte dans les pages sacrées comme une ombre, ou un type, des bonnes choses qui sont à venir, dont le corps et la substance sont le Christ, ou le pouvoir de la collectivité des Saints qui régneront éternellement.

Qui donc voudrait accepter les Églises de ce monde, telles qu’elles sont aujourd’hui, comme le type du royaume dont nous venons de parler?

Nous protestons solennellement contre cette prétention. Les dix-huit siècles maintenant écoulés sont les terqps des nations, et, pendant cette période, il n’y a pas eu de Saints, sauf ceux qui se sont cru des saints, ou qui ont été canonisés par leurs semblables ; mais il y a eu un ministère des Anges, et beaucoup de travailleurs inspirés par eux ont été préparés pour le Royaume et pour la descente du Saint-Esprit, telle qu’elle est décrite par les écrivains du Nouveau Testament.

Pendant tout ce temps, on attendait que Dieu renversât toute autorité humaine et s’emparât de la direction du monde pour lequel son Fils avait souffert et était mort. La loi naturelle a régné suprême dans le monde, les nations se

sont élevées et sont tombées, selon leur sagesse ou leur folie. Les religions onl fleuri respectées, mais hostiles à Jésus, ou bien elles ont dégénéré et ont passé, selon leur degré de zèle et de foi. Les hommes ont fait leur propre volonté, sans autre résultat que ceux qui suivent la violation de la loi humaine, et ceci représente bien, selon nous, l’histoire du monde depuis que les Saints ont disparu de la vision des mortels.

Dieu n’est pas manifesté tel qu’il est exprimé dans les types, ou les ombres, indiqués dans l’Ancien et le Nouveau Testament; le Royaume du ciel n’est pas manifesté sur la terre; l’œuvre du Christ ne s’accomplit pas parmi les nations. Heureux celui qui, en étudiant les Écritures, voit qu’il n’a aucune espérance en ce qui apparaît aujourd'hui, mais mille fois plus heureux est celui qui, élevant les yeux, voit au-delà des visions du Royaume typique, et contemple les grandes scènes qui se passeront bientôt sous la direction de ce Dieu qui a si longtemps refusé de montrer sa main toute-puissante.

Pas un mot n’a été ajouté à la Bible depuis que les Apôtres ont fermé ses annales. Et aucune addition ne peut être faite aux écrits sacrés jusqu’à ce que vienne le temps prophétisé par

le Christ; aucune œuvre, accomplie maintenant sur la terre, ne peut être considérée comme le fruit du Saint-Esprit. Il n’y a pas de divisions dans le Royaume du Ciel, et ce n’est pas être infidèle que de refuser d’accepter les prétentions de toutes les Églises et de toutes les classes, mais il faut voir là, au contraire, le signe d’un véritable réveil de l’âme intime, qui pousse l’étudiant à chercher quelque chose de plus élevé, de plus pur, de plus puissant et de plus durable que ce qui a été manifesté jusqu’alors.

Quinze cents millions de mortels errants et pécheurs, délivrés du joug des puissances civiles et ecclésiastiques et placés sous le sceptre des Saints guérisseurs, et des instructeurs immortels, dont chacun aura à son service des Anges innombrables, voilà un grand spectacle à contempler, surtout lorsque la peinture en est faite avec ce vif coloris que seule l’antique foi en la Bible peut fournir.

l.ES BREBIS DE L’AUTRE TROUPEAU

Il est avancé dans ce chapitre que le Royaume du Ciel n’est pas encore complet. Aux milliers qui ont été réunis par le ministère de Jésus et de ses Apôtres, doit s’ajouter un grand nombre qui sera appelé, justifié, sanctifié et glorifié de la même façon que les brebis du troupeau juif furent rendues parfaites et admises dans l’immortalité : ceux-ci doivent être pris parmi les nations chrétiennes.

Le temps est proche où les bergers commenceront à trouver leurs troupeaux. Les Saints déjà sauvés ne sont plus Juifs ; dans le Christ, il n’y a ni Juif ni Gentil, ni homme ni femme; la nationalité, le sexe et toutes les conditions humaines ont disparu dans la transfiguration des élus. Jésus Lui-même n’est plus de la semence d’Abraham. Comme le premier

né parmi beaucoup de frères, il est aujourd'hui l'Adam spirituel, le chef de la famille divinement humaine. Il est un esprit vivifiant et il donnera sa vie à qui il voudra, afin que tous soient un avec Lui, chacun étant une partie ou un membre du Christ.

Les choses qui ont rapport au don de l’immortalité et l’œuvre confiée aux immortels, lorsqu’ils seront groupés ensemble, constituent le « Royaume du Ciel; la période limitée pendant laquelle la porte est ouverte et les mortels peuvent entrer, est le « jour du salut »; la bonne nouvelle, ou l’Évangile, est la proclamation que le Royaume du Ciel est proche, ou l’annonce que la porte est ouverte. A la fin de l'époque juive, le jour du salut fut une période d’environ vingt-cinq ans; elle se termina environ au commencement du « temps de trouble », mentionné par Jésus et Daniel, de longues années avant, la destruction de Jérusalem et du Temple.

Les Saints avaient tous été enrôlés, lorsque des conducteurs séditieux obtinrent l’ascendant dans les conseils juifs. En tant que fils du Père céleste, un avec l'homme spirituel, Jésus ne peut plus reprendre sur Lui la <( ressemblance

de îa chair pécheresse. » Étant venu d’enhaut, il n’a pu être incarné qu’une fois. Il ne paraîtra pas dans le rôle d’un Gentil, pour faire la proclamation aux nations et leur annoncer que le Royaume de Dieu est de nouveau proche.

Le véritable Évangile n’a pas été prêché parmi les nations depuis la mort de saint Paul. A cette époque, la porte fut fermée. Depuis lors, le clergé a exposé les Écritures et a discuté sur leur signification, mais personne rfa prêché l Évangile divin. Le salut complet qu'ils ont prétendu annoncer est une affaire humaine, qui n’a aucun rapport avec l’immortalité ou le Royaume. La Religion appelée Christianisme n’est pas, dans les conditions actuelles, le R.oyaume du Ciel ni le chemin qui y conduit; elle serait plutôt un empêchement. La science, la politique et la religion extérieure ont de l’importance pour ce monde, mais elles ne peuvent -pas aider leurs disciples à obtenir l’admission dans le temps glorieux qui approche.

Le seul Évangile qui a été prêché aux nations depuis dix-huit siècles, est celui qui lut prêché à Abraham — un Évangile de promes-

ses, — C’est un Évangile écrit qui se trouve dans les livres des prophètes, dans les paroles de Jésus, dans les lettres de Paul aux Romains. La foi en ces promesses permettra qu’un homme pécheur soit reconnu aux derniers jours. Lorsque l’heure de la rédemption sera annoncée, un tel homme sera ressuscité comme le fut spirituellement Abraham, le jour où le Seigneur revint dans la puissance et la gloire.

Lorsque l’Évangile est proclamé, il est « une épée à deux tranchants. » Celui qui y croit est sauvé, celui qui ne croit pas est condamné. Cela suppose la plus grande gloire et la plus profonde malédiction. Parmi le peuple juif à qui Jésus et les Apôtres le proclamèrent, ceux qui crurent furent élevés au ciel, ceux qui ne crurent pas furent jetés dans la Géhenne ; et toute la nation juive rampe encore dans les ténèbres extérieures, « où il y a des pleurs et des grincements de dents. » Ils sont bannis de la présence du Seigneur et ne participent pas à la gloire de son pouvoir.

Comme le Nouveau Testament nous éclaire, lorsque nos yeux sont ouverts ! Nous ne saurions assez répéter que l'Évangile sera prêché à la fin des temps des nations, et que cette

prédication sera suivie du salut de ceux qui croiront et de la condamnation de ceux qui ne croiront pas, comme cela a été le cas à la fin de la période juive.

Nous savons bien qu’en prophétisant l’avènement qui est proche, nous risquons d’entraîner dans les dangers de suppositions erronées ceux qui suivraient cette ligne de spéculation. xMais alors même que l’on penserait que ce qui suit est purement imaginaire, on sera forcé de reconnaître que cette interprétation est assez d’accord avec les « vues du Seigneur», telles qu’elles se sont montrées dans le salut déjà accompli.

Les Gentils n’ont jamais été sous la loi divine et, par conséquent, ils ne peuvent pas encourir la malédiction divine, par le rejet de l’Évangile qui sera prêché. Leur jugement ne suppose pas la destruction des personnes, en ce sens qu’ils ne pourront pas maltraiter, ou crucifier, les messagers divins qui seront « les envoyés » ou les Messies, dans ces derniers jours. Ges paroles de Jésus : « Car il y aura une grande tribulation, telle qu’il n’y en a pas eu encore depuis le commencement du monde jusques maintenant, et qu’il n’y en aura cer-

tainement jamais » (Matth. XXIV, 21), qui furent dites par rapport à la chute de Jérusalem, ont un immense intérêt pour nous, elles semblent indiquer que Jésus aurait prévu qu’une pareille calamité ne pourra pas accompagner la fin des nations.

Il y a beaucoup de raisons de croire que le rejet de l’Évangile prêché aux Gentils, se fera sans violence personnelle perpétrée sur ceux qui l’annonceront ; leur message rencontrera seulement le mépris des partisans et des sujets des pouvoirs civils et ecclésiastiques; et, par conséquent, le renversement de ces pouvoirs sera le seul résultat désastreux, mais les hommes, les femmes et les enfants ne seront pas atteints.

La chair et le sang sont prêts pour un pareil jugement. Qui ne se réjouirait de voir les monarchies, les républiques, les Églises et les institutions disparaître, si elles pouvaient être remplacées par des Saints, des Guérisseurs mortels et des Prophètes qui, par des méthodes nouvelles et inattendues, apporteront la justice, la joie et la paix à ces millions d’êtres qui souffrent sur la terre? Mais il nous est plus facile de dire quels sont ceux

qui ne prêcheront pas l’Évangile aux Gentils, que ceux qui le prêcheront.

Aucun homme, ou groupe d’hommes inspirés, ne peut prévoir ou fixer le temps où l’immortalité sera offerte. Aucun n’est capable de démontrer que le Royaume du Ciel est de nouveau proche en chassant les démons ou en ressuscitant les morts. Il n’y a pas de raison de croire non plus que le Père céleste choisira des hommes dans les différentes Églises, ou dans les diverses nations, et les rendra capables d’accomplir sa grande œuvre. Ce n’est pas ainsi que les messagers sont choisis pour accomplir la volonté divine. Et nous ne pensons pas non plus qu’il sera suscité, parmi le « peuple saint », des hommes qui proclameront le jour du Seigneur. Non, car il faut que ceux qui seront employés pour une œuvre si élevée et si sainte, se soient d’abord rachetés euxmêmes.

Après des années d’étude et de réflexion sur ce sujet important, nous sommes arrivés à la conviction, que nous soumettons ici avec quelque crainte, que les Saints qui sont partis accompliront eux-mêmes cette œuvre préliminaire mais essentielle.

Avant de citer les oracles des Écritures qui portent sur ce sujet, il serait bon de considérer la possibilité que des hommes immortels apparussent de nouveau dans la chair, pour accomplir la mission qui est comprise dans le salut des nations. La doctrine de la réincarnation est un principe fécond en résultats positifs, et nous devons admettre que le Fils de Dieu a pris, une fois, la forme d’un mortel ; or, tous les Saints sont maintenant les fils de Dieu : par conséquent, eux aussi, peuvent apparaître dans le monde avec une connaissance et des pouvoirs infinis, mais tout en présentant cependant, comme Jésus, l’apparence de mortels ordinaires.

Nous affirmons cette possibilité, même, dirons-nous, cette probabilité, et nous en appelons à la foi de ceux qui n’ont pas perdu le sens véritable des Écritures, en le masquant sous de fausses interprétations.

Citons quelques-uns des oracles sacrés :

« Dieu a voulu faire connaître aux saints quelle est la richesse de la gloire de ce mystère parmi les gentils, je veux dire : Le Christ en vous, l’espérance de la gloire (Col. I, 27). »

Les anciens Prophètes prédirent de grandes

bénédictions et la gloire, pour les nations, dans les derniers jours. Comment ces bénédictions seraient communiquées, ou comment cette gloire serait amenée, avait été un mystère jusqu’au temps de rillumination de Paul, mais à lui fut révélé l’agent d’une si grande œuvre, et l’Apôtre désirait communiquer le secret de ce mystère aux Saints, parce que cela avait pour eux un grand intérêt et une grande importance.

Toute espérance, quelque peu fondée, d’une délivrance par les Gentils, exprimée dans le Nouveau Testament, repose sur les Saints. Un Christ abstrait ou une conception mentale du Saint-Esprit ne servira à rien pour un monde enfoncé dans sa misère. Pendant des siècles, les Églises chrétiennes ont prié pour la descente du Saint-Esprit, afin que le monde fût sauvé et racheté, mais sans résultat appréciable. Elles ont aussi appelé Jésus,, en qualité de Christ, afin qu’il secourût les hommes et les délivrât du péché, mais cette prière est restée sans réponse.

Le Saint-Esprit non incarné ne peut rien faire pour le monde. Dans la personne de Jésus, il a accompli des choses merveilleuses; dans la

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personne de ses disciples, il a continué l’œuvre de salut, et cela, même alors que ses disciples avaient « leur trésor dans des vaisseaux terrestres. » Ils devaient être glorifiés, affranchis de la mortalité par l’Esprit qui était le Christ. Et, après cela, les Saints devaient enseigner aux Apôtres comment le Christ, l’espérance de la gloire parmi les nations, devait être manifesté.

Nous en concluons donc que les Saints déjà sauvés apparaîtront de nouveau dans le monde, pour annoncer que le jour du salut est proche, pour proclamer l’année favorable du Seigneur et pour promettre aux pécheurs la délivrance du péché et de la mort. Ce n’est pas Jésus, mais les Saints qui seront les sauveurs visibles des nations; chacun d’eux est son égal, un frère du Seigneur, et l’Évangile peut être prêché rapidement parmi les nations, lorsque nous considérons comment le Christ s’est multiplié en des milliers de Rédempteurs. « Eu vérité, en vérité, je vous le déclare, celui qui croit en moi, les œuvres que je fais, lui aussi les fera, et il en fera de plus grandes parce que je m’en vais vers le Père. » (Jean XIV, 12). Cette prophétie ne fut pas accomplie durant la carrière charnelle de ses disciples; aucun d’eux ne fit des

œuvres plus grandes que leur Maître, ni par le nombre ni par la variété. Nous croyons pouvoir dire que tous les miracles des disciples de Jésus, et de leurs disciples réunis, ne pourraient pas être comparés, selon le sens humain de la grandeur, avec les merveilles de Jésus. Les paroles du Grand Instructeur ne prêtent jamais à l’équivoque, elles n’exagèrent rien: le temps doit donc venir. Ici, parce que Jésus reste avec son Père, ses élus auront l’occasion de déployer des pouvoirs du Christ parmi les nations, tels qu’il n’en a pas été manifesté dans les limites étroites de la Palestine.

Jésus employa troisannées à révéler le caractère du Royaume et à réunir environ cinq cents disciples ; vingt-cinq années suffirent à peine pour l’œuvre assignée à ses disciples de compléter le nombre sacré.

Il ne sera pas besoin d’un temps aussi long pour trouver parmi les nations ce nombre qu’aucun homme ne pourra compter, car les œuvres merveilleuses des Saints attireront la masse des pécheurs. Ceux-ci seront trop heureux d'être délivrés des maladies, du mal, des passions et de la' mort. Aux temps de Pierre et de Paul, le judaïsme, ou la théocratie, jouissait

d’une autorité presque absolue ; mais le christianisme ne réussit pas à dominer les mœurs, et chaque jour voit diminuer son influence sur le peuple.

Aux derniers temps des nations, les ministres du Nouveau Testament trouveront la multitude prête pour recevoir le message céleste, (le troisième). « Comment donc invoquerontils Celui auquel ils n’ont pas cru? Et comment croiront-ils en Celui dont ils n’ont pas entendu parler? Et comment en entendront-ils parler sans prédicateur? Et comment y aurat-il des prédicateurs, s’ils ne sont envoyés conformément à ce qui est écrit : « Comme ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix , qui annoncent de bonnes choses! » ( Rom. X, 14, 45).

Toutes les Écritures saintes affirment que 1 humanité est enveloppée d’obscurité et de misère, et que les hommes ne savent qui appeler pour être délivrés ; et, en effet, ils ne peuvent

pas savoir qui ils doivent appeler, à moins que cette personne ne soit proclamée avec autorité et commissionnée par Celui qui est capable de sauver.

Il va sans dire qu’il n’v a personne aujourd’hui qui soit autorisé a annoncer la délivrance, de façon à inspirer une confiance inébranlable dans son message. Où trouver celui qui sera capable de démontrer qu’il est venu du ciel, et qu’il peut sauver du péché et de la mort tous ceux qui mettent leur confiance en lui?

En vérité, nous savons qu’il n’y a maintenant aucun Évangile de paix, aucune annonce de bonnes choses. Les hommes qui occupent les chaires de la chrétienté sont des mortels malades, fragiles, sujets à l’erreur comme ceux auxquels ils prêchent -, et ils n’ont pas d’autre message de salut qu’un message mystique également dénué de faits et de preuves, aux yeux de ces pauvres, de ces possédés du démon, de ces malades, de cos mourants qui cherchent en vain du secours et des consolations. Les soi-disant ministres de l’Évangile qui accaparent aujourd’hui l’attention des foules, savent bien qu’eux-mêmes trébuchent dans l’obscurité; et n’était que leur pain quotidien est en

jeu et qu’ils risqueraient leur réputation, ils seraient prêts à reconnaître leur ignorance et à cesser d’être des conducteurs aveugles des aveugles.

Ces paroles sont écrites avec un sentiment semblable à celui qu’éprouve le chirurgien, lorsqu’il applique le couteau sur la plaie vive ; mais elles doivent être prononcées quelques douloureuses qu’elles soient. C’est une œuvre saine de détruire la confiance des hommes en ceux qui ne peuvent pas les sauver, alors même qu’il faudra attendre patiemment les Saints qui sauront les délivrer. La méfiance à l’égard des instructeurs mortels est l’aurore d’une espérance en des guides immortels. Les nations doivent être sauvées, caria bouche du Seigneur l’a déclaré; et, pour être sauvées, il faut qu’elles soient appelées, et ceux qui appelleront doivent venir maintenant du ciel, comme Jésus est venu du ciel pour sauver Israël dans les jours passés.

Bien que nous reconnaissions que nous puissions être sujets à l’erreur dans l’interprétation et les applications des oracles de Dieu, nous exprimons cependant avec calme et confiance l’espérance que les Saints rachetés, il y a des

siècles, apparaîtront bientôt pour prêcher l’Évangile Aionien dans la chrétienté, et pour réunir les autres saints dontla glorification, par le don de l’immortalité et les pouvoirs royaux, est la condition première de l’établissement du Royaume du Ciel.

Une grande partie des idées exprimées ici sont fondées sur un parallèle entre les deux dispensations, celle des Juifs et celle des Gentils, mais il faut remarquer la différence dans le détail, afin que nous ne soj'ons pas induits en erreur, en prétendant que des événements exactement semblables accompagneront la fin de cette dispensation. « Le Christ est apparu à la fin du monde » (aion), dit saint Paul, « pour abolir le péché. » Saint Jean enseigne la même doctrine. (I Ép. III, 5).

Les œuvres de Jésus et de ses Apôtres, qui ont été couronnées par une translation et une résurrection cachées au monde, se manifestent à travers les Évangiles et les Épitres du Nouveau Testament. Lorsque ces Écritures saintes sont bien comprises, elles nous amènent à découvrir « le chemin du Seigneur », ou la place du salut. Il n’y a qu’un seul chemin, et si jamais l’intention prophétique de Dieu de mon-

trer sa miséricorde aux Gentils, comme il l’a montrée aux Juifs, doit s’accomplir, ce sera d’une manière presque semblable à celle qui est rapportée dans le Nouveau Testament, et suivant que les circonstances le permettront. Et toutes ces manifestations spirituelles qui éclatent aujourd’hui autour de nous, sont comme une immense voix qui crie sur le monde : Préparez les voies du Seigneur : Sa venue est proche !

Les Juifs ne formaient qu’une seule nation, et leur territoire était limité. La chrétienté comprend une multitude de nations qui peuplent tous les continents. Il suffisait d’un Fils de Dieu pour proclamer l’avènement du Royaume dans les limites étroites de la Terre Sainte; aujourd’hui il y a des milliers de Fils de Dieu prêts à faire la même proclamation à tous les peuples qui professent croire au Fils Divin; par conséquent nous pouvons nous attendre à une proclamation simultanée de bonnes nouvelles en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique.

Jésus a revêtu la condition la plus humble, il est sorti inconnu et sans réputation d'une ville modeste pour commencer son œuvre. Ses frères

divins imiteront son exemple el paraîtront parmi les nations sans instruction savante et sans prestige; ils seront méprisés comme leur prototype, parceque personne ne saura d’où ils viennent. Jésus a été jugé parles sages de sa nation et selon un critérium humain, et il a été condamné parce qu’ils le croyaient animé de passions semblables aux leurs.

Les Fils de Dieu apparaîtront parmi les nations, chacun d’eux comme appartenant à la nation où il se manifestera, et il sera, de la même façon, jugé selon une appréciation humaine et condamné par les sages de son peuple. Jésus n’appelait pas à lui les justes et les pieux, il n’annonçait pas la miséricorde à ceux qui ne croyaient pas en avoir besoin . Sa mission s’ad ressait seulement aux pécheurs qui avaient conscience de leur péché. Ceux qui viendront, comme lui, ne doivent s’attendre à aucune parole de bonté de la part des justes de leur nation, mais ils chercheront et sauveront seulement ceux qui sont perdus. Jésus errait comme un vagabond et se mettait toujours sur le chemin des pécheurs, des malades et des mourants, ne se détournant jamais de personne et bénissant tous ceux qui venaient à lui. Nous devons

nous attendre à ce que cet exemple soit suivi par ceux qui doivent faire une œuvre pareille à la sienne parmi les nations.

Jésus enseignait à ses disciples, à mots couverts, les détails qui concernent le Royaume des Gieux, mais il les cachait aux directeurs du peuple, les aveuglant par des paraboles qu’ils ne pouvaient déchiffrer. En cela aussi nous pouvons croire qu’il sera imité. Jésus respecta la loi écrite de Moïse et accomplit les prédictions des voyants, mais il n’avait aucun égard pour la théologie, la philosophie, la morale, la science ou les axiomes politiques du jour. Il était ardent pour prouver qu’un royaume divin était proche, et il désirait sauver le peuple des calamités dont les pouvoirs humains ne pouvaient pas le sauver. Il ne prêtait nulle attention aux Rois, aux prêtres, au clergé, aux docteurs, et se contentait de les dénoncer comme des tyrans égoïstes qui écrasaient le peuple.

D’autres hérauts envoyés d’en-haut ne manqueront pas de diriger leurs mouvements d’après cet exemple, lorsque leur temps sera venu. Ils observeront fidèlement les commandements du Nouveau Testament tandis que.

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en apparence, ils transgresseront les loisde l’Église. En proclamant ouvertement le pardon de tous les péchés et en offrant la vie éternelle comme un don libre fait aux pécheurs, Jésus avertit les Juifs que, s’ils ne l’acceptaient pas, ils seraient frappés de la plus terrible punition que l’histoire aurait jamais à enregistrer. Leur pays serait maudit et rendu stérile, leurs villes seraient dévastées, leur capitale détruite, et leur temple rasé. Le peuple périrait misérablement, ou serait emmené en captivité, et ils ne seraient plus connus comme le peuple de Dieu.

De la même manière, lorsque l’Évangile sera proclamé aux Gentils, il arrivera que, par la volonté divine, ceux qui rejetteront cet Évangile recevront exactement le même traitement qu’auront reçu ceux qui ont été envoyés pour le prêcher. Jésus, par l’intermédiaire de ses disciples, réunit ses élus, les doua de l’Esprit de vie, et les exposa à la méchanceté de l’ennemi, afin qu’ils fussent éprouvés. Les dons royaux qu'ils reçurent leur firent comprendre l’œuvre qu’ils devaient accomplir. Ils restèrent en communion intime avec Jésus, tandis que la grande tribulation passait sur leur pays, et

enfin ils furent admis dans l’état suprême de l’immortalité.

On peut s’attendre à ce que quelque chose de semblable se passe pour ceux d’en Ire les nations, qui accepteront l’offre du Salut aux derniers jours de l’époque Chrétienne. Jésus avait décidé à l’avance que ce qui serait rejeté par les Juifs serait offert aux Gentils ; nous pouvons conclure que, de la même manière, l’Évangile des Saints, après avoir été rejeté par les Gentils, sera de nouveau rendu aux Juifs : les prophéties sont claires et nettes sur ce point.

Après avoir enseigné fidèlement pendant trois années et multiplié les démonstrations de sa royauté devant le peuple, dans toutes les villes et les villages, Jésus, partant du Mont des Oliviers, fit ce qui dut paraître aux grands et aux prêtres de Jérusalem un travestissement de leurs cérémonies royales, lorsqu’il entra dans Jérusalem à la tête d’un nombreux cortège et s’offrit lui-même comme Roi aux autorités de la capitale. Suivi de la foule des malades et des estropiés qu’il avait guéris, il pénétra jusque dans le temple et, pour une heure, prit possession du lieu où son Père était adoré. Mais

ni le grand prêtre, ni les anciens, ni les scribes ni les pharisiens ne reconnurent le jour de sa visitation ; il fut arrêté comme un malfaiteur et crucifié. Ce fut là le pas fatal qui mit le sceau sur le destin de la nation.

De la même manière, ne pouvons-nous pas conclure que lorsque les Christs de l’époque moderne auront appelé et réuni, de tous les pays chrétiens, ceux qui sont prêts à accepter leurs Sauveurs, ils s’offriront aussi, en un certain jour, pour être les Sauveurs des capitales de tous les pays et des corps ecclésiastiques de toutes les Églises chrétiennes. Ils ne seront pas crucifiés, car ni l’Église ni l’État ne peuvent plus infliger U mort et pas même la prison pour des opinions religieuses ; mais avec quel mépris saint Pierre ne serait-il pas reçu par si propre Église de Rome, si, entouré de la foule de ceux qu’il aurait guéris, il se présentait, un jour de cérémonie religieuse, devant le Pape, les cardinaux et les Évêques, en qualité de véritable Pierre qui tient les clefs de la porte qu’aucun homme ne peut ouvrir ou fermer? Quelque ridicule que puisse paraître cette vision, elle serait une répétition de celle qui fut autrefois suivie de la chute de la Synagogue et de l’État.

Tout salut divin et toute condamnation divine se sont accomplis autrefois selon le même ordre d’événements qui, aux yeux des grands de ce monde, ont pu sembler puérils ou méprisables. Et croyez-moi, lecteur, il en sera de nouveau ainsi : aucun gouvernement qui prétend être chrétien, aucune Église chrétienne ne seront renversés avant d’avoir eu l’occasion d’accepter ou de rejeter un messager du ciel portant ses lettres de créance de justice et de dons célestes, mais vêtu comme un malheureux, n’ayant ni talent, ni science, ni prestige, ni réputation humaine.

La longue suite de l'histoire des nations qui s'est déroulée sans intervention divine, les nations se créant et disparaissant au gré de la puissance des passions humaines et des pouvoirs politiques et militaires, a produit un état universel et inconscient de scepticisme dans tout le monde chrétien. Le peu qui reste de la pensée de Dieu est la croyance en un pouvoir spirituel, agissant sur l’élément religieux dans l’homme; mais toute idée que l’intelligence divine intervienne visiblement dans les affaires des hommes, ou au sujet des nationalités, a presque entièrement disparu.

DES GUIDES IMMORTELS APPARAITRONT d 87

Cette prophétie, non encore accomplie, qui dit que, dans un avenir peu éloigné, le pouvoir de la justice divine se manifestera par des faits glorieux ou destructeurs, ne peut pas être acceptée par ces millions d’hommes qui, jusqu’à ce jour, ont violé impunément la loi divine. Il doit vivre dans l’atmosphère des oracles sacrés, l’homme qui veut comprendre ce qui est en réserve pour le monde, lorsque Celui qui a souffert depuis si longtemps sortira des retraites cachées du Tout-Puissant, appellera en jugement les nations de la chrétienté, et les jugera par les paroles de ses Prophètes, à qui ils ont prétendu croire, mais qui sont restées sans effet à cause de leurs traditions.

LA PLÉNITUDE DES GENTILS

Les principales nations du monde professent aujourd’hui le christianisme, et il est généralement admis, parmi elles au moins, que ieur supériorité est due au christianisme. Les peuples mahométans et payens n’acceptent peut-être pas qu’il en soit ainsi, mais il leur est impossible de réduire cette prétention à néant, car la chose parait évidente. Le pouvoir divin qui se cache derrière la scène du monde ne proteste pas, et pendant quinze siècles, parles bénédictions de la nature, la prospérité et le succès, il a semblé plutôt reconnaître que ces nations méritaient d’ètre récompensées pour leur loyauté envers Jésus.

Les Juifs qui étaient autrefois la nation préférée de Jéhovah, sont maintenant en disgrâce, et les preuves de la défaveur divine à leur

LA PLÉNITUDE DES GENTILS 189

égard sont aussi marquées que celles de sa faveur à l’égard des Chrétiens. Il en résulte que la confiance et l’assurance de ces derniers forment un contraste frappant avec la défiance et la crainte que manifestent les premiers.

L’ancien courage des Juifs a fait place à une attitude craintive en présence des Chrétiens. Cette attitude, dans presque tous les pays chrétiens, est vraiment pitoyable. Le Juif se laisse opprimer avec une patience sombre, il ne résiste presque pas à la persécution. Jamais, depuis la destruction de Jérusalem, il n’a tenté de prendre sa revanche des cruautés de ses ennemis universels, ou de défendre ses droits naturels. Si l’on met en regard son histoire ancienne avec son histoire moderne, il semble que, d’un dogue qu’il était, il s’est transformé en un lièvre.

Tout cela est absolument d’accord avec ce que ses propres prophètes ont dit de sa condition actuelle.

« Et l’Éternel te dispersera parmi tous les peuples, depuis un bout de la terre jusqu’à l’autre ; et tu serviras là d’autres dieux, que ni toi, ni tes pères, n’avez point connus, des dieux de bois et de pierre. Encore ne trouveras-tu

aucun repos parmi ces nations-là, et même la plante de ton pied n'aura aucun repos, car l’Éternel te donnera là un cœur tremblant, et des yeux qui ne verront point, et une âme pénétrée de douleur; et ta vie sera comme pendante devant toi ; et tu seras dans l’effroi nuit et jour, et tu ne seras point assuré de ta vie. » (Deut. XXVIII, 64-60.) Comment celui qui lit intelligemment les Écritures, pourrait-il se railler de leur inspiration, lorsqu’il lit ces paroles de Moïse, et qu’il voit leur merveilleuse réalisation sous ses yeux ?

Quelque nombreux que fût le peuple juif au milieu des nations, celles-ci n’en ont jamais eu peur. Elles l’ont volé, torturé, assassiné, et, semblable à un cerf aux abois, il n’a pas même essayé, dans les siècles passés, de prendre les armes pour défendre ses propriétés et sa vie. Une sagesse et un pouvoir mystérieux ne se révèlent-ils pas partiellement dans cette scène historique? Reconnaissons que la grandeur et la gloire des nations chrétiennes sont dues à la faveur divine, et que l’humiliation des Juifs est également le résultat du retrait de cette faveur.

Cette condition relative des Juifs et des Gentils continuera-t-elle pour toujours ? Cette

LA PLÉNITUDE DES GENTILS

question est plus importante qu’aucune question politique ou religieuse ; plus importante que toutes les questions réunies que l’on suppose concerner le bien-être du monde, parce qu’ elle suppose l’intervention de la pensée divine dans les affaires des hommes .

L’histoire biblique révèle le fait que, lorsque Dieu est intervenu dans le cours des événements humains, les nations ont été comme de la terre glaise dans Sa main. Il les a élevées ou les a abaissées, comme si elles étaient des jouets. Lorsque le Juif se trouvait en alliance avec son Jéhovah, et qu’il était miraculeusement défendu et protégé par une haute puissance, il se laissait aller à croire que c’était sa piété et sa propre valeur qui lui obtenaient ce privilège. Israël se complaisait dans la pensée que son Dieu l’aimait par dessus tous les autres peuples, à cause de sa justice, et il en résulta qu’il se mit à mépriser les nations qui ne respectaient pas sa religion.

Ce fut une fatale erreur : son Jéhovah l’avait choisi dans une intention qui ne devait se manifester que plus tard, intention trop profonde pour être comprise sans une sérieuse étude. L’homme mortel est incapable d’être vraiment

juste, et Dieu a choisi Abraham, non pas à cause de son caractère moral, mais à cause de sa foi. Au cours des siècles, ses descendants perdirent la foi et y substituèrent le caractère moral. Cette croyance dans la justice acquise par la culture conduisit les hommes à juger les autres, comme moins dignes de la faveur divine qu’eux-mêmes.

Lorsque Jésus vint, ils ne crurent pas en lui, — comme Abraham l’aurait fait, — à cause de ses œuvres merveilleuses; mais ils voulurent faire descendre le Nazaréen jusqu’à la moyenne de leur caractère, et, parce qu’il s’associait avec les Publicains, les femmes de mauvaise vie et les pécheurs, ils le rejetèrent comme un pécheur. Ce fut une terrible erreur et la nation juive l’expia cruellement.

Saint-Paul nous dit : « Toute l’Écriture est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice. » (II Tim., III, 16).

Si les nations chrétiennes avaient fait usage des Écritures de la façon dont saint Paul l’indique ici, elles eussent été en sécurité ; mais nous ne les avons pas employées ainsi, nous nous sommes approprié, comme les Juifs l’ont

LA PLÉNITUDE DES GENTILS

fait avant nous, tout ce qui y est dit en faveur des Saints, et nous avons passé à côté des dénonciations et des avertissements sans y prendre garde. Nous attachant aux promesses, nous avons oublié les malédictions ; ceci est spécialement vrai à propos des paroles du Nouveau Testament.

Si nous pouvons admettre que les Saints ont dû être sauvés à ia fin de la période juive, nous devrions voir qu’une grande partie de ce qui est dit dans le Nouveau Testament ne peut pas s’appliquer directement à nous aujourd’hui. Nous trouverons des enseignements de doctrine, des reproches et des corrections dans toutes les Épîtres des Apôtres, mais nous ne pouvons pas prétendre que ce qui est pr omis aux Saints dans ces lettres puisse s’appliquer à nous, car nous ne sommes pas des Juifs convertis et sanctifiés. Par conséquent, les lettres de saint Paul aux Hébreux ne s’adressent pas à nous. Nous ne sommes pas membres des Églises de Colosse, de Galalie, de Corinthe ou d’Éphèse, et nous n’avons pas le droit de nous approprier ce qui est dit des Saints dans ces lettres, écrites il y a dix-huit siècles.

Notre salut n’est pas derrière nous, mais de-

vant nous, dans l’avenir; notre Évangile n’a pas encore été prêché, et, quoique le royaume du ciel soit très proche, il n’est pas encore là. Si, en qualité de Chrétiens, nous étions sages au lieu d’être gonflés d’orgueil à la pensée que nous méritons la faveur divine ; si nous ne méprisions pas les Juifs parce qu'ils ont mis Jésus à mort, nous figurant que, si nous avions vécu de son temps, nous l’aurions adoré comme le Rédempteur au lieu de le crucifier, nous lirions les Écritures avec profit.

Le monde chrétien ne sait pas, et ne veut pas voir, que son mépris des Juifs, qui ont été en disgrâce auprès de Dieu, mépris que les Chrétiens ont manifesté durant des siècles, par leurs cruautés, que ce mépris, disons-nous, portera des fruits de son espèce. Dieu a mis de côté, pour un temps, ses anciens serviteurs, mais il n’a jamais ordonné aux nations de les maltraiter et de les battre, parce qu’ils étaient en disgrâce auprès de Lui. Les anciens prophètes ont prédit tout ce qu’Israël souffre maintenant ; ils ont. également prédit quelle terrible disgrâce Dieu infligera aux nations qui le méprisent et le défient. La Chrétienté tout entière est aveugle à ce fait que, dans peu d’an-

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nées, les Juifs seront élevés et les Chrétiens abaissés ; qu’Israël habitera de nouveau dans Jérusalem, et que cette cité, qui a été foulée aux pieds, deviendra la capitale du monde. « Car la loi sortira de Sion et la parole de FÉternel de Jérusalem. » (Michée IV, 2).

L’Épître de saint Paul aux Piomains contient les prédications les plus importantes se rapportant aux nations chrétiennes. Elle est spécialement adressée aux Gentils, et, bien qu’une grande partie s’adresse directement aux Saints qui vivaient à Rome à l’époque où elle fut écrite, d’autres parties sont certainement une prophétie. Le onzième chapitre contient une clause de salut que les Églises chrétiennes devraient comprendre. Si le lecteur veut le lire attentivement, il comprendra ce qui suit : Premièrement, la suspension de la faveur de Dieu est temporaire, le peuple choisi n’est pas rejeté pour toujours ; il est puni pendant un temps déterminé. L’intention de Dieu, qui doit s’accomplir par l’intermédiaire du peuple abrahamique, est absolue et ne peut pas changer, malgré la mauvaise conduite de ce peuple. Les promesses ont été faites à Abraham sans condition et seront accomplies. La Terre Sainte

sera rendue à ses descendants; son ancienne fertilité reviendra, et même augmentera, et une nouvelle alliance remplacera l’ancienne. Le peuple deviendra juste par le don du Saint- Esprit, en sorte qu’aux jours de leur restauration, tous rivaliseront de pureté et de vertu. La vie de leur prototype Jésus, leurs trois fêtes annuelles se réaliseront. Ils moissonneront de nouveau à la grande moisson; la nouvelle Jérusalem paraîtra dans sa gloire. On inaugurera le temple et le culte en esprit pour la période du Millénium, et les nations connaîtront que Jéhovah possède un pouvoir qui s’exercera selon les paroles de ses prophètes.

Secondement: les Juifs, ou Israël, continueront à être aveuglés partiellement, tandis que les Gentils seront en ascendant. Ils ne comprennent pas encore la sign'fication des paroles de leurs prophètes ni le caractère du Roi qu’ils attendent et de son royaume. La table de la loi est une pierre d’achoppement pour eux. Ils ne comprennent pas que la loi a été donnée principalement pour révéler l'état de péché naturel, et non pas pour établir leur justice. Au lieu d’avoir cette foi complète en attendant le Seigneur, ils ne songent qu’à éta-

LA PLÉNITUDE DES GENTILS

blir leur propre justice. Ils n’ont aucune perception d’une vie autre que la vie naturelle, et ils n’ont jamais découvert que, pour régner avec leur Messie, le prince de la maison de David, ils doivent d’abord devenir immortels.

Troisièmement : les Juifs perdirent le Pmyaume du ciel par leur incrédulité. L’offre que Jésus leur en fit est appelée par saint Paul « leur miséricorde », parce que cette offre fut faite librement, sans condition et sans égard au caractère moral. Le Messie prononçait une amnistie générale pour tous ceux qui avaient péché contre la loi Mosaïque. Les Publicains et les gens de mauvaise vie eux-mêmes n’étaient pas exclus du royaume, s’ils voulaient seulement croire en Jésus et le suivre; ceci était une oftense à la piété et aux traditions de la Synagogue. Les Pharisiens ne pouvaient pas accepter Jésus comme le Messie, dans des conditions où ils l’abaissaient au niveau des débauchés et des parias.

Quatrièmement : comme nous l’avons vu, toute la révélation de la volonté divine, y compris la loi, les prophètes et la lumière de l’immortalité qui a été répandue sur les Juifs par l’histoire du salut, a été transférée, pour un

temps, aux Gentils. A cause de son incrédulité, le Juif a été coupé comme une branche morte, et les Gentils ont été greffés sur le tronc abrahamique.

Les promesses qui ont été faites aux Juifs, nos pères spirituels, appartiennent maintenant aux nations chrétiennes et, à travers toutes les générations, pendant des siècles, tous ceux qui, à travers les prophéties juives ont entrevu le Royaume du ciel et qui y ont cru, en feront partie par la résurrection d’entre les morts.

Le Seigneur connaît les siens; aucun critérium humain ne peut indiquer quels sont ceux dont les noms seront écrits sur le livre de la vie. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que ceux qui se sont approchés autant qu’ils ont pu de ce qui est écrit, et qui y ont cru de tout leur cœur, seront sauvés. « Ne jugez point afin que vous ne soyez pas jugés. »

L’histoire sainte du passé nous montre que le jugement du Seigneur n’est pas le jugement de l’homme. Une piété et une culture qui plaisent au monde ne seront jamais le terrain favorable pour la révélation divine. Jœ Christianisme acceptable pour le monde doit être mondain. Si le Christianisme est une branche

LA PLÉNITUDE DES GENTILS

greffée sur le tronc juif, ce n’est pas lui qui supporte ce tronc, mais il est soutenu par lui, et il tire de lui toute sa vie. Le Christianisme apparent s’est séparé de l’alliance divine, il rejette l’Ancien Testament et ne se nourrit pas des promesses divines, mais de ses belles pensées à lui. Pour employer une figure, nous disons qu’il n’est pas même le gui, mais une vigne nourrie de l’air, qui, en s’enroulant autour de l’ancien arbre sacré, l’a étouffé et tué dans cet embrassement fatal.

Aveugle comme il l’est, le Juif ne pourra jamais se convertir au Christianisme des Gentils, il ne deviendra jamais un protestant ou un catholique. On ne peut pas greffer une branche naturelle sur une greffe, et pas même lorsque cette greffe ne reçoit plus la vie de la racine et du tronc de l’arbre.

Cinquièmement : la plénitude des Gentils sera venue lorsque la «miséricorde» leur auraété offerte; la miséricorde de Dieu est la même toujours. C’est une offre de bénédiction faite à ceux qui n’y ont aucun droit. La miséricorde révélée dans les Écritures est le don de l’immortalité, ainsi qu’une part dans le lfoyaume du ciel. Ceci doit encore être offert aux na-

tions chrétiennes qui attendent, ou prétendent attendre, le royaume de la vie éternelle.

Dans notre dernière exposition, nous avons dit que les Gentils ne peuvent pas être déchus de leur position prééminente, sans quelque preuve qui montre qu’ils sont indignes de garder leur position actuelle.

Le monde chrétien reconnaît lui-même qu’il se compose de bons et de méchants, de saints et de pécheurs. Ceux qui se croient bons n’ont pas besoin de miséricorde; ils considèrent donc que le salut qui viendra leur appartient de droit, de même que les Juifs le croyaient dans leur Synagogue à la fin de leur époque.

Si jamais il doit venir un « Envoyé )> ou un Messie, nul doute qu’il ne place, sans hésitation, la couronne sur leurs têtes, tandis qu’il jettera un regard terrible sur ceux qui violent le Sabbat ou mènent une mauvaise vie. Le clergé se déclare prêt à indiquer ceux qui seront reçus par les hérauts célestes et qui sont prêts à franchir les « portes de perles » dès qu’elles seront ouvertes.

Comment peut-on s’attendre à ce que ces

gens riches, cultivés et pieux, écoutent l’ofTre de la vie aionienne, que leur fait un vagabond alors même qu’il aurait rendu la vie aux aveugles et ressuscité les morts ? Heureusement qu’aujourd’hui le nombre des pécheurs est plus grand que celui de ces justes-là. 11 y a plus de monde hors des Églises que dans les Églises ; la méfiance à l’égard de la piété humaine est un des plus grands signes des temps, Des millions d’hommes sont prêts à recevoir la « miséricorde » des mains de qui que ce soit qui puisse vraiment leur porter secours. La « miséricorde » des Gentils viendra, et elle est proche. Elle viendra d’en-Jiaut, Jésus est venu d’en-haut vers les Juifs, mais le enhaut divin est le en-dessous humain ; et le enhaut humain est le en-dessous divin. Votre en-haut est un trône papal, une chaire métropolitaine, un grand séminaire théologique. Le en-haut divin est un Nazaréen, un vêtement usé, un homme sans nom ! Qui s’attendra à ce que la miséricorde infinie vienne de celui qui erre sans un nom sur la terre? O ! l’aveugle chrétienté du xixe siècle ! debout près d’un gouffre où elle va tomber, rêvant de solutions spirituelles et se flattant quelle va sauver le monde !

Sixièmement ; « Comme vous, ô Gentils, vous étiez autrefois incrédules à Dieu, et que vous avez maintenant obtenu miséricorde à cause de l’incrédulité des Juifs: de même aussi les Juifs ont maintenant refusé de croire à la miséricorde que Dieu vous a faite, et ils sont tombés dans l’infidélité, afin de recevoir eux-mêmes miséricorde comme vous (1). »

(Rom. XI, 30-31). L’Apôtre aurait-il pu, sans citer d’après les Prophètes, faire une allusion plus claire, à ce que sera bientôt la situation relative des Juifs et des Gentils ? L’histoire biblique bien interprétée ne nous montre-t-elle pas que la théocratie juive est tombée, afin que la monarchie et le sacerdoce chrétiens puissent monter.

Tout cela sera renversé. Parce que les Juifs n’ont pas voulu croire à la miséricorde qui leur était offerte, ils ont perdu le Royaume et la promesse a été transférée aux nations. L’offre de ce Royaume doit être rejetée de la même façon par l’incrédulité des Gentils, avant que le Royaume soit de nouveau transféré aux Juifs : c’est là la révélation du mystère des âges.

(I) Traduction d’après le grec par le savant helléniste Maunoury.

La miséricorde doit être offerte aux Chrétiens, caria bouche du Seigneur Ta dit. A cause de leur incrédulité, les autorités de l’Église et de l’État repousseront constamment cette offre ; mais elle sera reçue joyeusement par les humbles, les pauvres, lesinfirmes, les abandonnés. La foule des malheureux se pressera autour des hérauts de la nouvelle dispensation, qui les grouperont sous forme de société et leur enseigneront les choses qui concernent le Royaume du ciel. Ceux qui auront été fermes recevront le don du Saint-Esprit qui les marquera du sceau , comme héritiers de la vie aionienne, laquelle leur sera accordée à la fin des temps marqués.

Mais pourquoi indiquer ici ces événements spéculatifs qui sont l’intérieur des choses à venir? Ce qui nous intéresse maintenant, ce sont les événements extérieurs dont parle l’Apôtre.

Les sauveurs humains sont toujours venus en leur propre nom, et ils ontcherché à faire du bien au monde par des pensées et des sentiments qui ont une force magnétique. Pour obtenir le succès, il est essentiel qu’ils arrivent parmi leurs semblables à un degré d’élévation qui ne peut être atteint que par le génie, le

talent ou une grande intelligence. De ce terrain élevé, les apôtres de la liberté, du patriotisme ou de la religion, jettent un grand éclat sur la foule, et ils l’entraînent à rechercher un but, qui n’est que temporaire, au prix de n’importe quel sacrifice.

Les sauveurs divins restent dans les masses, partagent leur pauvreté, leur humilité et leurs souffrances, mais, par des dons surhumains, ils délivrent tous ceux qui ont foi en eux, des défauts inhérents à la constitution humaine et qui sont la source de toutes les misères; les directeurs des hommes, qui tiennent leur commission d’eux -mêmes, gouvernent pour leur propre gloire ; les sauveurs qui tiennent leur autorité du divin n’ont aucun pouvoir qui leur soit propre, ils se contentent de mettre en action les dons qui leur permettent de sauver les autres, sans faire retomber leur pouvoir sur euxmêmes.

Les gouvernements humains sont constitués d’une façon si différente des gouvernements divins, que les premiers ne céderont pas la place aux seconds sans une violente opposition. Si donc des hommes divins comme Jésus, apparaissaient (ce qui sera) parmi les nations,

pour essayer de sauver les hommes par des moyens surnaturels, des maux constitutionnels dont ils souffrent, nous pouvons prévoir ce qui arriverait. L’histoire du Nazaréen se répéterait sur une plus grande échelle. « Pourquoi les Rois delà terre s’assemblent-ils, et les princes se liguent-ils ensemble contre l’Éternel et contre son Oint? » (Ps. II. 2). Les hommes qui, aujourd’hui, occupent les hautes places dans la Chrétienté ne peuvent pas même soupçonner les événements qui se préparent.

L’aveuglement dont ils sont atteints est analogue à celui qui frappa les Juifs dans la dernière génération de leur nation. La perte de la Foi et de la compréhension du sens des Écritures fait que les avertissements divins ne Sont pas entendus. Nous en sommes arrivés à ce point, que les fiers États du monde chrétien vont pénétrer dans les sombres régions de l’anarchie, où les masses erreront au hasard et sans guide.

N’oubliez pas cependant qu’aucune grande catastrophe ne peut se produire avant que les Gentils n’aient rejeté « leur Miséricorde », telle est la méthode divine.

Le Christ viendra pour les Gentils et pour

eux seuls (1), aussi humblement qu’il est venu la première fois pour les Juifs; mais si la Chrétienté ne reçoit pas son Christ à cause de son humilité, et si elle perd ainsi l’espérance de l’immortalité, les Élus recevront le don tandis que tous les autres seront aveugles. Il faut que les Églises chrétiennes aient formellement rejeté le Royaume, avant que les messagers célestes veuillent ou puissent se détourner des Gentils et transférer ce salut, qui a été rejeté, aux Hébreux.

Plusieurs années se sont écoulées entre la première proclamation du Royaume faite aux Juifs, par Jésus et ses Apôtres, et le moment où les portes furent ouvertes aux nations. Il se passera sans doute quelques années pendant lesquelles l’appel se fera entendre aux Gentils, mais lorsque le dernier de ceux qui auront cru parmi les Gentils aura été recueilli et mis à part, alors les hérauts de la monarchie divine retourneront vers Israël dispersé et proclameront sa restauration.

La moisson est la fin de l’Age. « Voyez, les champs sont déjà mûrs pour la moisson. »

(î) Il s’agit du second avènement annoncé dans le Nouveau Testament.

Des milliers et des milliers sont prêts à recevoir le message du salut, lorsqu’il sera offert aux peuples. Les pouvoirs de ce monde sont sur le point de tomber et de céder la place à ceux qui, depuis la fondation du monde, ont été ordonnés pour être les directeurs de la dispensation lors de la plénitude des temps.

Le Socialisme, Y Utopianisme et la voix jusqu’ici étouffée du prolétariat sont prêts à renverser la Société civile décrépite et pourrie. La science, l’incrédulité et la philosophie sont campées autour de l’Église chrétienne, et font un siège qui ne sera pas levé avant que cette haute construction ne soit tombée en ruines.

Dieu n’aura pas à appeler un pouvoir étranger pour renverser la nation adultère, selon les déclarations qu’il fit aux Pharisiens d’autrefois; les forces de la destruction sont prêtes et groupées pour l’action. Les Gentils rejettent la miséricorde, et ce sera le Juif qui viendra avec un pouvoir divin. Nous avons déjà fait remarquer que l’explication de saint Paul, au sujet du mystère historique, n’est guère plus qu’une allusion faite aux Gentils. En parlant de la restauration des Juifs, il s’exprime comme un oracle. « Et ainsi tout Israël sera sauvé,

comme il est écrit : le Libérateur viendra de Sion, et il éloignera de Jacob toute impiété. Et c’est là l’alliance que je ferai avec eux, lorsque j’effacerai leurs péchés. » (Rom. XI, 26-27). Quel est ce libérateur? et qui est cette Sion, d’où il doit venir? On peut appeler cela un oracle, parce qu’il n’y a qu’une seule signification qui doit être accomplie, tandis que plusieurs interprétations sont possibles. Le mont de Sion est, littéralement, une des collines sur lesquelles Jérusalem est bâtie, mais, au figuré, c’est le lieu, si on peut appeler cela un lieu, où les Saints rachetés demeurent tandis que les temps des Gentils continuent.

Dans sa lettre aux Hébreux, l’Apôtre, parlant des Saints du Nouveau Testament dit : « Mais vous êtes venus à la montagne de Sion, à la cité du Dieu vivant, à la Jérusalem céleste, aux milliers d’anges ; à l’assemblée et à l’Église des premiers-nés, qui sont écrits dans les cieux; à Dieu qui est le juge de tous; aux esprits des justes qui sont parvenus à la perfection. » (Héb. XII, 22-23).

Si les disciples de Jésus et ses Apôtres ont été sauvés et enlevés du milieu des mortels, le lieu de leur séjour, dans le temps intermé-

diaire, s’appelle ici Sion, et, par conséquent, Sion est le nom de la demeure invisible des Saints. C’est de là que doit venir le Libérateur de Jacob, qui le sauvera de son impiété, et le héraut du salut, ou de la miséricorde pour les nations. Quoique le terme Libérateur se trouve au singulier, il se peut que, dans l’oracle, le mot soit employé pour exprimer l’unité des Saints.

Le Christ n’est pas, maintenant, Jésus seul, mais le corps oint et racheté du premier-né. Pendant son incarnation ici-bas, Jésus était bien le Christ ou l’Oint, mais après son départ, lorsque ses disciples reçurent eux-mêmes l’onction sainte, ils devinrent le Christ, et par le fait de l’union de Jésus et de l’Église dans le royaume spirituel, le Christ est maintenant « Un premier-né parmi plusieurs frères. » C’est ce Christ-là qui doit apparaître aux derniers jours, pour offrir la miséricorde aux Gentils et détourner l’impiété de Jacob. Ne vous glorifiez pas devant les branches. Israël a été en partie aveuglé par son Dieu ; les Gentils sont aveuglés en plein par le Dieu du monde.

L’avenir de l’histoire humaine sera partiellement d’accord avec l’espérance de l’Israélite

fidèle, mais tout à fait différent de ce qu’attend le Chrétien qui se livre aux spéculations métaphysiques. Notre spiritualité qui se paye de théorie et qui n’a aucune substance, est pire que la matérialité dénuée d’élément spirituel de l’Israélite. Il découvrira que les événements qui doivent se passer dans la ligne de la prophétie sont divins, mais nous les regardons comme du fanatisme. Ses yeux commencent à s’ouvrir, à la suite des amères persécutions dont il a souffert pendant des milliers d’années ; les nôtres ont été fermés à cause de la prospérité prolongée et de la présomption qui est le fruit de la supériorité.

Le Juif a été humilié afin qu’il pût être élevé ; le Gentil a été exalté afin qu’il pût être abaissé. Israël connait qu’il y a un Dieu, parce qu’il a été .puni bien longtemps et terriblement par sa main, la Chrétienté doute de l’existence divine parce qu’elle peut faire sa propre volonté sans intervention surnaturelle. Israël prie, demandant la délivrance de l'oppression, et il sera entendu et délivré au temps marqué; les Gentils savent que leur suprématie est compromise et repose sur leur fausse espérance.

Dieu règne.

LA FOI DANS LE PLAN DIVIN

Si l’on considère les religions en mettant de côté l'idée de la vertu, on verra qu’elles se composent de ce que les hommes ont cru au sujet de Dieu et de la révélation qu’il a faite à la race humaine. La croyance cependant suppose encore une conception quelconque du plan divin.

La religion manifestée ne peut pas être autre chose qu’une croyance, elle ne saurait être la connaissance parce que nul ne connaît le caractère de Dieu, et les intentions de l’Infini ne peuvent se raisonner ou se découvrir au moyen des opérations de la nature. L’intelligence humaine ne peut pas même affirmer, avec certitude, qu’il y a un Dieu, et encore moins pourrait-on connaître, sans une révélation, quelle est la volonté de Dieu à l’égard de l’homme.

LA FOI DANS LE PLAN DIVIN

Conséquemment les Saintes Écritures, en tant qu’elles sont une Révélation de l’Être Infini, en appellent moins à la raison humaine qu’à la foi. La raison n’est, pas mise de côté, mais la foi est la qualité requise. « Sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu. » Les choses qui, dans la Bible, sont déclarées être la parole de Dieu ne sont pas contraires à la raison, mais elles dépassent la raison. Nous les appelons surnaturelles, ou nous disons qu’elles vont au-delà de ce que nous connaissons de la nature et de l’action physique qui nous entoure. Cela étant, il n’y a pas d'autre moyen de les recevoir et de les accepter que par la foi. Le monde chrétien est en train de perdre la foi : il a appris à nier le surnaturel et, par suite, la nécessité de la foi ne s’est plus imposée à lui ; ou plutôt, admettant qu’il ne peut rien y avoir au dehors de ce qui est purement rationnel, le monde a détruit en lui-même la faculté de croire.

Le rôle de la raison est de nous aider à nous faire une idée exacte de ce qui nous a été révélé de Dieu et de ses œuvres, et si la chose semble être inexplicable et dépasse notre compréhension, alors nous devons la recevoir par la foi.

La foi est ce qui, dans le passé, a élé révélé comme la parole de Dieu, et cela n’a de valeur que comme fondement de ce que nous devons croire pour nous mettre à la portée de la miséricorde divine.

A l’époque de Jésus, les hommes de son pays croyaient fermement à l’histoire des actes de Jéhovah par rapport à leurs ancêtres, et leur foi se trouva vaine parce qu’ils avaient interprété l’histoire d’après la raison.

Leur conception de la volonté et de l’intention de leur Jéhovah n’était pas seulement, défectueuse, elle était essentiellement fausse. Aussi, lorsque Dieu continua son œuvre à travers son fils Jésus, ils ne surent pas voir que cette œuvre était divine et la qualifièrent de diabolique.

Le Dieu de Moïse est aussi le Dieu de Jésus. Les miracles de Moïse, de Josué et d’Élie avaient été accomplis par le même agent spirituel au moyen duquel Jésus, Pierre et Paul, guérissaient les malades et ressuscitaient les morts.

Le plan que l’intelligence infinie développait dans l’histoire du peuple Hébreu s’était continué dans lesdernières années de cettehistoire,

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de telle sorte que l’Ancien Testament se trouve intimement uni au Nouveau. L’intelligence, non influencée par la passion, par les préjugés ou l’orgueil, doit chercher à comprendre le plan divin, et s’il lui semble impossible qu’il puisse se réaliser parce qu’il est en désaccord avec les intentions humaines, alors il faut le recevoir par la foi.

Pendant la période de cinq cents années qui précéda immédiatement l’œuvre de Jésus, aucun prophète n’avait apparu parmi les Juifs etaucunemanifestation de pouvoirs surnaturels n’avait rendu les générations attentives au fait qu’un plan divin devait s’accomplir. La loi et les prophètes étaient devenus de l’histoire ancienne ; on les interprétait au gré des préjugés personnels ou nationaux; et ainsi leur signification s’obscurcit et finit par se perdre.

Nous avons quelque chose à apprendre des erreurs qui furent commises. Dans leurs synagogues et leur culte, les Juifs prétendirent faire mieux que Moïse et que les Prophètes. Ils ajoutèrent à la loi une multitude d’aphorismes et de pratiques pieuses. Le Talmud, qui en est le recueil, acquit une plus grande valeur que le livre contenant les paroles de Moïse et

des prophètes. A cela ils ajoutèrent les spéculations métaphysiques qu’enseignaient les professeurs de philosophie et les prêtres du paganisme. Et c’est ainsi que les Juifs constituèrent une religion.

Selon eux, un peuple religieux est un peuple qui est bon, et un peuple qui est bon doit être approuvé de Dieu. Les Juifs, satisfaits d’euxmêmes, en arrivèrent à se croire « le peuple choisi de Dieu », qui mérilait une faveur divine spéciale. La suite prouva que ceci fut une grande erreur. Ils interprétèrent faussement leurs prophètes et, en tant que nation, perdirent le royaume du ciel. Les irréligieux et les pécheurs (les Gentils) gagnèrent ce que les pieux et les justes devant eux-mêmes, perdirent.

Pendant les cinq cents années de ce développement de piété et de religion parmi les Hébreux, nous devons reconnaître l’absence du péché d'idolâtrie. Les Juifs avaient accepté le monothéisme et s’en tenaient inébranlablement à leur Jéhovah. C’est à ce fait que nous devons attribuer l’absence de messages prophétiques et la cessation des punitions surnaturelles.

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La Terre Sainte continuait à être fertile, la prospérité régnait. Les Juifs faisaient preuve d’une sagesse ordinaire clans leurs conseils politiques. Ils étaient pleins de sagacité, courageux en face de leurs ennemis. On pouvait prendre leur habileté à se défendre contre l’agression d’étrangers pour une marque de la faveur divine. Jéhovah ne semblait trouver aucune faute en eux, et II s’était retiré derrière la scène, attendant le moment où leur fidélité serait soumise à l’épreuve finale. Mais lorsque cette épreuve arriva, ils se trouvèrent trop bons, trop pieux et tropjustes à leurs propres yeux pour reconnaître le Messie qui leur avait été annoncé.

Le Judaïsme, ou la religion juive, avait bien, à l’époque de Jésus, un fondement divin; mais cette structure, qui semblait si parfaite, était construite en matériaux humains et destinée à tomber. Le Pharisien, qui en était la principale partie, devait forcément être rejeté. Mais un grand nombre, parmi le peuple, était doué d’assez de perception spirituelle pour voir lafausseté des prétentions des Pharisiens. Jetés, par dégoût, dans l’extrême opposé, ils avaient fini par devenir impies, et ils niaient l’autorité

des prophètes aussi bien que celle de la tradition. A l’heure de l’épreuve, les Sadducéens se trouvèrent ne pas valoir beaucoup mieux que les Pharisiens. Il est difficile, en effet, de choisir entre les résultats d’une foi erronée et ceux de la négation. L’histoire nous révèle que les pécheurs qui eurent foi en Moïse et dans les Prophètes, furent les heureux mortels qui arrivèrent à posséder les dons de la Miséricorde Divine.

Les statuts qui ont régi les Gentils, depuis la dispensation des Juifs, ont été assez semblables, en apparence, à ceux qui furent en force chez les Hébreux depuis la restauration de la captivité de Babylone jusqu’au temps de Jésus. Le fils de Dieu, mis à mort par son propre peuple, a été accepté et reconnu pour divin par plusieurs nations. Le récit de ses paroles et de ses actions sur le plan surnaturel est considéré comme la vérité, et nous pouvons raisonnablementcroire que c’est pour cela que l’histoire de ces nations est ce qu’elle est.

Elles occupent les parties les plus fertiles de la terre; elles sont plus à l’abri des maux et des calamités que les nations payennes. Leurs moissons sont plus abondantes, leurs richesses

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plus grandes. Elles surpassent toutes les autres pour la santé physique et la vigueur de l’intelligence. Sauf lorsqu’elles ont volontairement ignoré la prophétie, elles ont été victorieuses dans toutes les guerres agressives ou défensives contre les payens. La sagacité politique, la philosophie et la sagesse ont marqué toutes leurs entreprises, et nul ne peut nier la prétention qu’elles avancent que, parce qu’elles sont chrétiennes elles sont sous la protection d’une providence spéciale. Si l’on compare le milieu des nations chrétiennes à celui des autres nations, on est forcé de reconnaître ces faits. Et cette providence spéciale se manifeste d’une manière encore plus évidente dans le parallèle entre la condition des Gentils et celle des Hébreux. Mais il faut reconnaître qu’il n’y a aucune preuve surnaturelle de la faveur divine à l’égard des nations. Aucun prophète, aucun messager divin n’est venu donner son approbation à la chrétienté, ouavertir les Chrétiensqu’ils ne sont pas fidèles cà leur Christ.

Sans doute, c’est beaucoup qu’un si grand nombre de nations aient reconnu un prophète méprisé de son peuple pour le représentant de la divinité, et, d’après les vues humaines, on

peut dire que ces nations ont été récompensées de leur foi. Cette foi a été agréable à Dieu, sans doute, mais ce n’est pas à cause de cela que les nations chrétiennes prétendent jouir de la faveur divine.

A l’exemple des Juifs, ces nations ont construit, sur le fondement du Christ et de ses Apôtres, non pas une mais plusieurs religions, dans lesquelles ils manifestent une piété qui, selon eux, doit leur mériter une faveur spéciale de Dieu. Ils comptent sur une récompense déjà ici bas, et sur une plus grande encore dans le ciel. Nous ne saurions assez nous élever contre cette erreur dans laquelle tombent les hommes, en croyant qu’un homme mortel peut se recommander lui-même à Dieu à cause de sa piété. Cette erreur s’est toujours produite lorsque Dieu a laissé l’homme seul et sans révélation.

En l’absence d’un avertissement direct et d’une preuve surnaturelle à l’encontre de cette idée, un peuple tombera dans le péché de croire à sa propre justice par la perversion de la parole écrite. Si, par la même erreur, les Juifs ont institué une sorte de Synagogue et un mode de justice propre, le monde chrétien a organisé

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des centaines d’Églises et compilé des Talmuds sans nombre, llenrésulte toutes sortes depiétés qui ont une base commune, mais une grande variété d’observances. Les adhérents de toutes ces sectes prétendent tous être le peuple divin en vertu de leurs doctrines ; et le monde se trouve ainsi rempli de gens pieux.

Cette piété n’a de mérite que dans chaque cercle respectif ; celle des Catholiques parmi les Catholiques, celle des Protestants parmi les Protestants, celle des Méthodistes parmi les Méthodistes, etc. Parfois une Église reconnaîtra la piété d’une autre Église, mais nous pouvons être certains qu’aucune d’elles prise isolément, n’est agréable à Dieu. La foi commune dans laquelle toutes se rencontrent est celle que Dieu nous ordonne d’avoir ; et tout ce qui ne repose pas sur cette foi là ne vaut rien. Une classe d’hommes ne peut pas prétendre à être meilleure que les autres sans exciter d’abord l’antipathie et ensuite le dégoût. Comme toutes les passions, celles-là sont aveugles, et partout où on professe une piété spéciale on créera l’incrédulité. Dans son dégoût, l’homme rejettera nonseulement la piété d’une Église, mais il se détournera de la fondation même sur laquelle

cette Église est construite, et, dans sa haine des Chrétiens, il niera aussi le Christ.

II n’existe presque jamais un Pharisien sans qu’il ait pour complément un Sadducéen. En dehors de ces deux classes — les pieux et les pécheurs — le monde chrétien se compose de pécheurs croyants, d’hommes qui savent qu’ils ne sont pas bons et qu’ils n’ont, par leur propre mérite, aucun droit à la faveur de Dieu. Si, au temps de Jésus, il était dur d’être compris dans cette classe, cela ne l’est pas moins aujourd’hui. Puisque nous ne voyons aucune manifestation du Christ parmi les nations anciennes et qu’il n’y en a pas davantage maintenant, que devons-nous croire? Des pasteurs sans nombre peuvent, au nom de ce qu’ils appellent la Religion chrétienne, exiger que les pécheurs s’inclinent devant leurs affirmations ; et ceux-ci le iont dans la mesure où ces affirmations se rapportent aux faits historiques de la Bible. Mais lorsqu’on prétend leur imposer des formules théologiques et des pratiques diverses, lorsqu’on exige qu’ils se soumettent aveuglément aux prêtres, sous prétexte qu’en agissant ainsi ils obtiendront une faveur spéciale de Dieu et s’assureront une récompense dans le

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monde invisible, qui pourrait les blâmer de douter et de se rébeller ?

En face des objurgations du clergé catholique contre les Protestants et des attaques de ceux-ci contre les Calholiques romains, qu’ils tiennent collectivement pour l’Anté- Christ, le pécheur raisonnable ne peut que s’éloigner des deux; et, s’il se met à étudier un peu sérieusement, il découvrira que toutesles religions positives sont humaines et n’ont aucune valeur par ellesmêmes aux yeux de Dieu. Alors, demanderonsnous encore, qu’est-ce que les pauvres mortels doivent croire pour être sauvés? A notre époque, toutes les Églises chrétiennes sont devenues sceptiques au sujet de l’intervention divine dans les affaires des hommes. Le pécheur ordinaire est dix fois plus croyant que le prêtre savant. Celui qui lit l’histoire sainte avec confiance et qui croit au Dieu d’ Abraham, de David et de Jésus, en désirant, ardemment être délivré de ses péchés et de la mort, peut être sûr que le salut est pour lui. Il possédera consciemment ce que les croyants dans la religion extérieure ne possèdent qu’en théorie.

Nous sommes certains que celui qui croit en un Père-Mère toujours présent et qui fait sa

volonté, est déjà sauvé. Celui qui croit au triomphe final du bien et qui est bon, est sauvé. « La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, » aussi bien aujourd’hui qu’à l’époque où ces paroles furent prononcées.

La foi en la manifestation future du pouvoir divin, tel qu’il a été révélé dans le passé, est la seule condition de salut. « Là sera le pleur et le grincement des dents, lorsque vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, tandis que vous en serez exclus. » (Luc XIII, 28.)

Les premiers patriarches, les Prophètes et une foule d’autres entrèrent dans le Royaume de Dieu par la résurrection, au moment où les Apôtres et leurs disciples y eurent accès parla translation ; et les pieux Pharisiens virent cela avec le plus amer désappointement.

JÉUUSALEM

Le roi David choisit la principale ville des Jéhuséens pour en faire sa capitale, et lui donna le nom de cité de David. Plus tard, elle fat nommée Jérusalem, et Jéhovah déclara qu’il l’avait choisie pour Sa Cité. Il fit connaître, pat ses prophètes, qu’en tout temps sa présence et son pouvoir se manifesteraient dans ce lieu. Par le fait qu’elle était la ville centrale du pays, que le temple s’y trouvait et que c’était le lieu où Jéhovah devait révéler tout ce qu’il était possible de connaître du Dieu d’Israël, Jérusalem devint, pour les Juifs, un objet de vénération. Les livres sacrés et apocryphes des Scribes racontent tout au long son histoire, si mouvementée, jusqu’au temps de Jésus-Christ. Le bien-être de la nation était en intime corrélation avec celui de la cité, et, si nous en croyons

les récits des Scribes, aucune autre ville dans ie monde ne fut, par rapport à sa prospérité et à ses désastres, aussi dépendante de la volonté d’une divinité tutélaire que Jérusalem. Il suffisait de la bonne volonté de Jéhovah pour que la cité fût riche et populeuse, tandis que sa colère la réduisait à un état de désolation.

Jérusalem est le principal sujet des oracles divins. Lorsque des désastres étaient imminents, ses habitants en étaient toujours prévenus, et, dans l’épreuve, l’espérance les soutenait, grâce à la promesse d’une intervention divine en leur faveur. C’est la plume de Jérémie qui décrivit les 70 années de désolation sous les rois de Babylone, aussi bien que la restauration de la cité ^Sainte. D’autres prophètes prédirent également sa destruction et, dans un langage imagé et fortement coloré, décrivirent sa gloire subséquente.

Il est important de remarquer que tous les oracles des voyants Hébreux, qui se rapportaient aux malheurs et aux désastres de la ville Sainte, se sont accomplis; tandis qu’il n’en est pas de même des prédictions favorables. L’histoire de ses calamités est étrangement d’accord avec les paroles sacrées. Toutes les

JÉRUSALEM

menaces exprimées par Moïse, David, Esaïe, Jérémie et les autres prophètes, s’accomplirent à la lettre. Il n’y a pas un seul oracle présageant du mal qui soit encore à réaliser ; aussi l’étudiant des prophéties doit s’arrêter avec intérêt sur les passages des Écritures annonçant ce qui n’est pas encore accompli et promettant à Jérusalem une gloire aussi brillante que son passé a été sombre.

Peu de personnes lisent maintenant les anciens prophètes, et l’interprétation littérale de ces écrits est spécialement confinée dans le groupe de ceux que l’on appelle les croyants au second avènement (1). Ce sont les fausses applications qu’ils font de la prophétie qui ont jeté un certain discrédit sur cette étude. L’indifférence qui règne parmi les lecteurs de la Bible vient moins, cependant, du fait que les prédictions ne se sont pas accomplies que de l'influence de la littérature religieuse. Pour la moyenne des instructeurs chrétiens, la prophétie n’est pas la prophétie. On pense généralement que les menaces des prophètes ont eu leur accomplissement dans l’histoire des nations, mais elles sont interprétées comme un

(I) « Second adventists ».

symbole de l’expression intérieure de l’homme pécheur dans tous les temps. Les bénédictions et les événements glorieux annoncés pour Juda, Israël et Jérusalem, sont mystiquement appliqués à l’Église chrétienne, et il est enseigné qu’ils représentent l’expérience religieuse intérieure des hommes.

Les traducteurs anglais de la Bible semblent avoir entretenu spécialement la pensée que l’Église d’Angleterre comprenait le vrai peuple de Dieu, en sorte qu’ils reportaient sur les Juifs et sur les nations méchantes la colère de Dieu, s’appropriant complaisamment, pour leur Église, toutes les paroles de miséricorde. Elle serait spirituellement Sion, Israël et Jérusalem. Il suffit de remarquer le titre et le contenu des chapitres des différentes prophéties, pour découvrir pourquoi le monde chrétien est aveugle au sujet de la signification des oracles. «Jugement de Dieu contre les ennemis de l’Église; » « Bénédictions de l’Evangile; » « Promulgation de l’Evangile ; » « Restauration complète de l’Église; » « la Rédemption gratuite du Christ; » « l’Église confondue ; » « Heureux état des croyants; » « Promesses à ceux qui se repentent; » « les Péchés des Juifs. »

JÉRUSALEM

Ces exemples, pris dans les en-têtes de chapitres indiquent que, dans la pensée des traducteurs, il sont le résumé du contenu des prédictions d’Esaïe. Ils attirent, en premier lieu, l’œil du lecteur, et il n’y a pas une personne sur mille qui se doute que ces titres n’indiquent pas le moins du monde le contenu des colonnes au-dessus desquelles ils se trouvent. Cependant, les traducteurs sembleraient presque nous laisser croire que c’est Esaïe lui-même qui les a mis là, afin de mieux faire comprendre la parole de Dieu.

La moyenne des lecteurs, préoccupée de l’idée que, sous la forme de l'histoire, les prophètes enseignaient le mysticisme de la religion, n’est guère préparée à comprendre les événements futurs auxquels il est fait allusion. Ce mode d’interprétation, qui semble dire que, sous les noms de Jacob, Israël, Sion et Jérusalem, il faut entendre l’Église chrétienne parmi les Gentils, ne serait pas si absurde, n’était que lorsque des paroles de condamnation sont prononcées sur eux, alors on les leur applique directement. Il faut une bonne dose de fatuité pour croire que, lorsque Jérusalem est maudite, c’est bien de Jérusalem

qu’il s’agit, mais que lorsque Jérusalem est bénie, c’est de l’Église chrétienne dont il est question. Nous voudrions mettre en garde l’honnête étudiant de la Bible contre cet aveuglement, dont les chefs de l’Église chrétienne sont responsables, en leur rappelant que « pas un iota des prophéties ne passera jusqu’à ce que tout ait été accompli. »

Nous citerons quelques-uns des oracles contre Jérusalem et qui tous ont été accomplis, et nous les ferons suivre d’autres qui ne sont pas favorables à la cité de Jéhovah et qui n’ont pas encore été accomplis. « Et V Éternel dit : J’ ôterai aussi Juda de devant ma face comme j’ai ôté Israël, et je rejetterai cette ville de Jérusalem que j'avais choisie, et la maison de laquelle j’avais dit : Là sera mon nom (2 Rois XXII, 27). « Je ferai de Jérusalem un monceau de ruines , un repaire de chacals et je réduirai la ville de Juda en un désert sans habitants. » (Jér. IX, 11). « Les maisons de Jérusalem et les maisons des rois de Juda seront impures comme le lieu de Topheth. » (Jér. XIX, 13). « En ce temps-là, je fouillerai Jérusalem avec des lampes et je châtierai les hommes qui reposent sur leurs lies. » (So-

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phonie 1. 12). « Comme le bois de la vigne parmi les arbres de la forêt, ce bois que je livre au feu pour le consumer , ainsi je livrerai les habitants de Jérusalem. » (Ezéch. XV, 16). « Jérusalem chancelle, et Juda s'écroule, parce que leurs paroles et leurs œuvres sont contre l’ Éternel, bravant les regards de Sa Majesté. » (Esaïe III, 8). « Tes villes saintes sont un désert ; Sion est un désert, Jérusalem une solitude. » (Esaïe LXIV, 9). « Ils tomberont sous le tranchantclé l'épée , ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis. » (Luc XXI, 24).

Sous l’ancienne alliance, les Juifs durent, à cause de leur désobéissance, subir des calamités pareilles à celles qui sont décrites ici, et leur capitale fut la scène de la plupart de leurs tribulations. Les avertissements donnés sous l’ancienne alliance n’étaient pas obscurs, et lorsque les calamités fondirent sur eux, ils furent sans excuse. Mais, celui qui croit aux récits sacrés ne peut pas se tromper sur la signification de ces prédictions, et il est évident que les paroles et les événements correspondent

exactement. Pourquoi donc chercher un sens autre que le sens naturel? C’est-à-dire que la ville et ses habitants devaient subir les vicissitudes spéciales prédites par ceux qui avaient la mission de révéler les conditions, sous lesquelles seulement, on pouvait posséderlaTerre Promise. Le seul mystère, qui ait rapport aux oracles de l’Ancien Testament concernant Jérusalem, était de savoir le temps qui devait s’écouler avant leur accomplissement. Il n’est pas dit, également, quelle serait leur durée, et nous ne savons pas non plus à laquelle des calamités s’appliquent les paroles. Mais nous pouvons être certains que toutes les prédictions fâcheuses, à moins que nous n’en exceptions une, ont été accomplies, et par conséquent l'histoire future de Jérusalem ne peut être que grande et glorieuse.

Voyons maintenant les promesses. « Si je t'oublie , Jérusalem , que ma droite m oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais , si je ne me souviens de loi , si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! » (Ps. CXXXVII, 5, 6.) « Regarde S ion, la cité de nos fêtes ! Tes yeux verront Jérusalem, séjour tranquille , tente qui ne sera plus transportée , dont les

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pieux ne seront jamais enlevés , et dont les cordages ne seront point détachés. » (Esaïe XXXIII, 20). « Je dis de Jérusalem : elle sera habitée; et des villes de Juda: elles seront rebâties ; et je relèverai leurs ruines. » (Esaïe XLIV,26.) ^ Réveille-toi , réveille-toi ! révêts ta parure , Sion ! Revêts tes habits de fête , Jérusalem, ville sainte ! car il n entrera plus chez toi ni incirconcis , ni impurs. » (Esaïe LII.) « Pour V amour de Sion , 70 ne me tairai point, pour V amour de Jérusalem Je ne prendrai point de repos , jusqu'à ce que son salut paraisse , comme l'aurore , sa délivrance , comme un flambeauqui s'allume. Alors les nations verront ton salut , et tous les rois ta gloire ; et i’oa fappellerad'un nom que la bouche de V Éternel déterminera. » (Esaïe LX1I, 1, 2.) ce Car Sûw sortira la loi , de Jérusalem la parole de V Éternel. » (Esaïe 11,3.) « En ce temps-là , ow appellera Jérusalem le trône de V Éternel) toutes les nations s'assembleront à Jérusalem, au nom de V Éternel, et elles ne suivront plus les penchants de leur mauvais cœur. » (Jérémie III, 17.) « De Sion, V Éternel rugit ; de Jérusalem, il fait entendre sa voix; les deux et la terre sont ébranlés. MaisV Éternel est un refuge

pour son peuple , un abri pour les enfants d'Israël

Et vous saurez que je suis V Éternel, votre Dieu , résidant à à Sion , ma sainte montagne. Jérusalem sera sainte, et les étrangers n’y passeront plus » (Joël III, 16-47). « Ainsi parle V Éternel : « Je retourne à Sion et je veux habiter au milieu de Jérusalem. Jérusalem sera appelée ville fidèle , et la montagne de V Éternel des armées, montagne sainte » (Zach. VIII, 3). « Voici, je ferai de Jérusalem une coupe d' étourdissement pour tous les peuples d'alentour , et aussi pour Juda dans le siège de Jérusalem » (Zach. XII, 2). « Ne jugez aucunement , ni par le ciel, parce que cest le trône de Dieu ; ni par la terre , parce que c'est son marchepied ; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du Grand Roi » (Matth. V, 34-35).

Combien Jésus aimait Jérusalem! etcependant il fut l’occasion qui amena sur elle les plus terribles tribulations. Debout, sur le mont des Oliviers, et contemplant, d’un regard mélancolique, ses murailles crénelées, il suppliait Jérusalem de se sauver elle-même de la ruine qui la menaçait. Mais, insouciantedesterriblesparoles des prophètes, Jérusalem ne comprit pas le

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danger, ni les choses qui appartenaient à sa paix, et elle ne voulut pas recevoir son prince et son Rédempteur. Alors, renvoyant, pour ainsi dire, l’écho de la colère divine, en le tempérant de sa douce pitié, il résuma tristement les maux annoncés par la prophétie, et la douleur, qui pénétrait sa voix, rendait ses paroles encore plus terribles que celles des anciens prophètes, car, en vain, aurait-il voulu, parla compassion, empêcher ce que la justice exigeait. « Voici : votre maison vous sera laissée déserte, car, je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais, jusqu ’à ce que vous me disiez : « Béni soit celui qui vient au nom duSeigneur ! » (Matth. XXIII, 38-39).

Il y aurait vraiment de la présomption, de la part de quelqu’un qui ne soit pas inspiré, à essayer d’annoncer la suite des événe ments qui doivent précéder l’accomplissement des prophéties sur la gloire de Jérusalem; et ce serait folie plus grande encore de penser que nous puissions deviner quels seront le instruments, ou les faits, qui amèneront leur accomplissement.

Mais nous prions l’étudiant de remarquer que les sombres peintures que fait Jésus ne

sont pas continuelles; c’est pour un temps seulement que Jérusalem sera désolée. Les tristes prédictions du Seigneur sont toujours suivies du terme a jusqu’à ce que ». « Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis » (Luc XXI, 24).

La foi dans le Christ qui peut sauver, exige que l’on croie entièrement à ses paroles. Il est possible de discerner, dans une certaine mesure, les pensées de Jésus, et si nous pouvons croire ce qu’il croyait, et régler nos actions d’après notre toi, nous arriverons à être en relation intime avec les événements prophétiques qui constitueront le salut du monde. Nous n avons pas d’excuse d’ignorer les paroles de notre Maître : « Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations ». Voilà une affirmation prophétique bien nette. Cependant, le monde chrétien n’a pas pris garde à ces paroles et n’y a pas cru.

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