‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 16 sur 46 · JÉRUSALEM TELLE QU’ELLE EST AUJOURD’HUI · texte numérisé non relu

JÉRUSALEM TELLE QU’ELLE EST AUJOURD’HUI

Esquissons brièvement l’histoire de Jérusalem, depuis le temps de Jésus jusqu’à l’époque actuelle. Avant que la génération, à laquelle Jésus appartenait, eût passé, tous les maux, prédits par lui et les prophètes avant lui, fondirent sur la ville Sainte. Elle fut assiégée par les armées romaines, qui s’en emparèrent et la détruisirent. Ses habitants furent emmenés en captivité, ses murailles renversées, son temple brûlé ; la désolation fut complète au second siècle : un des Empereurs romains éleva une forteresse sur la place où elle avait été, mais sans autre intention que d’en faire un poste d’où ses soldats pussent dominer le pays.

Plus tard, l’empereur Julien, connu sous le nom del’ Apostat, irrité de l’autorité de l’évêque chrétien, abjura la foi dans laquelle il avait été

élevé et se rallia au paganisme. II eut le désir d’abattre l’orgueil et l’autorité de l’Église, et pour cela, prenant une forte somme dans le trésor royal, il invita les riches Juifs de l’Empire à s’unir à lui pour rebâtir Jérusalem et en faire une cité juive. Les Juifs répondirent avec empressement et s’assemblèrent, hommes et femmes, au jour indiqué. On commença à creuser le sol pour retrouver les fondations. Les riches Juives emportaient la terre dans leurs robes desoie, mais bientôt le feu sortit de terre et consuma les ouvriers. Une seconde tentative fut faite, mais sans plus de succès. Un tremblement de terre se produisit et l’entreprise fut abandonnée.

Les efforts combinés des Juifs et des Empereurs romains, pour faire de Jérusalem une cité juive, échouèrent. Gibbon, dans l’histoire du « Déclin et de la chute de l’Empire romain », dit que cet incident est attesté par trois témoins ou historiens autorisés, entre autres saint Chrysostôme.

On raconte que l’impératrice Hélène, qui était chrétienne, fit aussi une tentative pour reconstruire Jérusalem. Dans sapieusedévotion pour le Christ, elle pensa que c’était une honte

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que le Saint Sépulcre fût exposé à être profané par la présence et la conduite des vagabonds qui erraient à travers le pays. Jérusalem devait être rebâtie pour être, cette fois, une ville chrétienne. Mais, de nouveau, le feu sortit des fondations de ces murs écroulés et dévora les ouvriers.

Jérusalem ne pouvait être rebâtie, ni comme une cité juive, ni comme une ville chrétienne, parce que son roi l’avait ainsi déclaré.

Les siècles passèrent, et Je pèlerinage à Jérusalem, pour aller adorer le Saint Sépulcre, devint une partie de la foi et fut ordonné comme un devoir dans toutes les parties de l’Europe. La malheureuse cité était aux mains des mahométans tartares. Les pèlerins, fatigués, partaient, poussés par leur dévotion, et s’exposaient aux insultes et aux violences des ennemis de la Croix.

Pierre l’Hermite, animé par un zèle ardent, entraîna les chrétiens de toute l’Europe à s’unir pour délivrer la Cité Sainte de la présence et de la domination des infidèles. Il prêcha la première croisade, qui finit par un désastre. Rien ne l’arrêta; une seconde, puis une troisième croisade suivirent, et, pendant plus de deux

siècles, il sembla que la principale mission de la chrétienté fût de délivrer la terre Sainte de ses ennemis mortels : les Mahométans. Des millions de vies furent sacrifiées et plus d’argent dépensé qu’il n’y en a aujourd’hui en circulation dans le monde. Dans ces vaines tentatives, onze croisades furent organisées. Dans tous les pays, on extorquait de l’argent, aux Juifs par des moyens violents. Des rois, des nobles, et jusqu’aux femmes et aux enfants, croyant prouver leur loyauté envers « l’humble homme de Nazareth », périrent le long des routes, et leurs os blanchirent sur les montagnes et dans les vallées de la Palestine.

Comme dérision de ces folles entreprises, Saladin, le général tartare, fut défait, et Godefroy de Bouillon couronné roi de Jérusalem; mais, aubout de peu d’années, tout vestige des conquêtes chrétiennes disparut. Jérusalem et tout le pays tombèrent de nouveau dans les mains d’un peuple qui peut détruire, mais, en aucune façon, construire une ville sainte. Depuis le douzième siècle jusqu’au dix-neuvième, Jérusalem fut un objet de pitié pour les Juifs comme pour les chrétiens. Aujourd’hui, les Turcs détiennent le pays contre tous les plans

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et les conseils des nations chrétiennes, et aucun étudiant sérieux de la Bible ne peut s’empêcher de soupçonner que quelque pouvoir invisible, caché derrière la scène, gouverne tous les plans humains afin que cette parole de Jésus s’accomplisse : « Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis. »

Mais quels commentaires sur le christianisme que toutes les tentatives de ceux qui se disent chrétiens, pour annuler les paroles de leur Seigneur qu’ils ont la prétention de servir. L’honnêteté, la sincérité, la pieuse dévotion comptent comme rien lorsque, dans leur ignorance, les hommes essayent de servir Dieu en faisant ce qui est contraire à Sa volonté inspirée ou exprimée.

Dans les siècles passés, le beau côté de la chrétienté a été l’histoire des actes d’héroïsme, de dévouement, de consécration et de fidélité à quelque chose que l’on croyait être le Christ. Les tortures et le martyre ont été endurés, avec la confiance qu’une récompense glorieuse attend ceux qui souffrent pour leur fidélité à ce qu’ils croient être la vérité. Et il en est à peu près de même aujourd’hui ; on prend pour le

christianisme des formes de pensée qui aident au développement de l’élément religieux dans l’homme, et des millions de personnes cherchent, en croyant à ces choses, à acquérir un caractère chrétien ou religieux.

Pendant ce temps, on laisse de côté la volonté et les intentions de Dieu concernant le monde, et on perd la foi dans les oracles divins, parce qu’on cherche vainement à les appliquer à l’expérience intérieure, ou religieuse, des individus. Pendant ces derniers siècles, l’Église chrétienne a professé croire à la Bible. Pourquoi donc, après que les croisés eurent fait, au onzième siècle, deux ou trois tentatives malheureuses pour restaurer Jérusalem et en faire une cité chrétienne, ne se sont-ils pas arrêtés et ne se sont-ils pas demandé si, oui ou non, c’était la volonté de Dieu par le Christ, qu’ils expulsassent les musulmans et reconstruisissent la cité profanée ? Si les Papes, les moines et la chevalerie, dans toute l’Europe, avaient consulté leur Nouveau Testament et lu les oracles sacrés qui étaient sortis des lèvres de leur Jésus : « Jérusalem sera foulée par les Gentils, » que de vies eussent été épargnées! N’est-il pas permis de dire que la foi en cette

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seule parole prophétique aurait plus recommandé les nations chrétiennes à Dieu que toutes les prières, les sacrifices et les pieuses dévotions qui inspirèrent les croisades? Ne peut-on pas supposer que le temps viendra où il sera également évident que la croyance dans un tel oracle, s’appliquant à notre temps, vaudra davantage que toutes les prières, les aumônes, les constructions d’églises et les expériences religieuses qui constituent aujourd’hui, à ce que l’on croit, le christianisme? Répétons encore ces paroles de Jésus : « Vous ne me verrez plus désormais jusqu’à ce que vous me disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! » « Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. » « Jusqu’à ce que », quelle profonde signification dans cette expression qui indique une époque longtemps attendue ! Jérusalem, la cité du grand Roi, vit son Roi une fois. R vint à elle de la façon la plus humble, « monté sur une ànesse ». Cette ville le reverra-t-elle jamais? Aucun étudiant sincère du Nouveau Testament n’hésitera devant cette question. Jésus ne parle pas pour les sceptiques. Oui, Jérusalem verra de nouveau

Jésus, mais non pas avant que ses habitants soient prêts à recevoir les messagers qui viennent en son nom.

Qui, dans Jérusalem, est prêt à recevoir maintenant les messagers qui viennent en son nom? Les Turcs qui adorent clans la mosquée d’Omar, là où se trouvait autrefois le temple d’où Jésus chassa les marchands qui trafiquaient dans le lieu saint? les Juifs qui s’assemblent au coin des murailles et prient pour la restauration de la cité Sainte, ou le peuple qui vend et achète dans les faubourgs? les pèlerins de tous les pays qui s’attardent dans les hôtels pourvoir ce qui pourrait se passer? Mais jui est celui qui viendra au nom du Seigneur, et dont la présence sera bénie pour les habitants de Jérusalem? Sûrement pas le missionnaire, envoyé par l’Église d’Angleterre ou par les nombreuses sectes de l’Amérique; non pas l’illuminé qui, enfoncé dans l’étude des prophéties, se ligure qu’il est lui-même le messager divin; ni même le haut dignitaire de l’Église catholique romaine, ou de l’Église grecque, qui cherche à étendre les limites de son Église en créant un diocèse en terre Sainte.

Celui qui vient au nom du Seigneur ne pro-

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cédera d’aucune hiérarchie terrestre. Il tiendra sa commission d’une autorité plus haute que celle du Pape ou d’un patriarche. Il viendra du ciel. Mais avouons qu’il nous est impossible de concevoir les événements qui doivent se produire, afin que s’accomplissent les prophéties qui disent : «Jérusalem sera une coupe d’étourdissement à tous les peuples des environs », une cité « où l’incirconcis et le souillé ne passeront plus », et "« d’où la Parole de l’Éternel sortira et d’où II exercera ses jugements parmi les nations » .

Il ne nous est pas demandé de prévoir les moyens et les agents qui seront divinement, employés pour assurer un but aussi important, mais il nous est ordonné de croire que toutes ces choses se passeront et d’attendre, avec patience, leur accomplissement.

Si nous avons foi dans les prophéties, nous reconnaîtrons leur accomplissement lorsqu’il viendra. Nous ne connaissons pas « le Temps des Gentils ». Tous les calculs que l’on peut faire, soit d’après les Écritures, soit par l’observation astronomique, ou selon les déductions fantaisistes que nous tirons des mesures de la Grande Pyramide, ne sont que des spé-

culations hasardées. Nous Dépossédons aucune chronologie sûre; et rien ne prouve que nous devions connaître « les temps » et les « saisons » ; mais il est important et même absolument nécessaire que nous croyions que les temps des nations prendront fin.

Notre salut dépend de notre croyance, qu’il n’y a aucun pouvoir parmi les nations, quelque grand ou bon qu’il puisse être, qui pourra subsister en dépit du Seigneur. Toutes les institutions ecclésiastiques, ou civiles, devront tomber devant le pouvoir qui construira Jérusalem.

Aujourd’hui, le spectacle est le même qu’il a été pendant des siècles : les nations sont grandes, riches et puissantes; Jérusalem est petite, méprisée, insignifiante parmi les villes. L’avenir verra Jérusalem capitale du monde, et les nations assujetties et dépendantes de la cité restaurée. La foi dans ce grand fait aura une importance extrême pour notre salut. Cette foi nous élèvera au-dessus du monde, nous émancipera de son esclavage, nous délivrera de ses illusions, tuera en nous l’ambition mondaine et l’amour de l’argent, vaincra notre orgueil et nous mettra dans une attitude qui

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nous permettra de recevoir les dons de Celui qui vient au nom du Seigneur. C’est là la victoire sur le monde. Croyez à cette parole : « Jusqu’à ce que le temps des nations soit accompli.» Alors Jérusalem ne sera plus « toulée aux pieds » mais reconstruite.

Mais qui sera son architecte et quels seront le plan et les matériaux de la Sainte Cité? Sur ce point, nous ne pouvons qu’être silencieux, mais tandis que nous attendons la réalisation du plan divin, nous devons repousser toutes les conceptions mystiques qui [ont généralement cours dans les Églises, de nos jours. La nouvelle Jérusalem n’est [pas un état d’esprit; c’est « une cité qui a des fondements dont Dieu est l’architecte et le fabricateur », et lorsqu’elle paraîtra, elle se tiendra debout dans le pays, sur le lieu où fut l’ancienne Jérusalem.

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