‹ Le secret du Nouveau testamentChapitre 23 sur 46 · L APOCALYPSE DE SAINT JEAN · texte numérisé non relu

L APOCALYPSE DE SAINT JEAN

nable, et lui prouver qu’ils se rapportent bien à un seul et même événement. « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et vos enfants », signifie que les calamités que le Sauveur leur prédisait se passeraient de son temps.

Dans les prédictions qui ont rapport à la « fin du siècle », nous trouvons invariablement une promesse de salut et de bénédiction faite aux disciples du Christ, associée à des déclarations au sujet de la colère qui tombera sur leurs ennemis.

Dans la prophétie que notre Seigneur prononça sur le mont des Oliviers et dont l’Apocalypse est un écho et un prolongement, il recommande à ses disciples de fuir en Judée lorsqu’ils verraient « jéhusalem environnée par les armées » (Luc XXI, 20). « C’est l’abomination dans le lieu saint qui cause la désolation » (Matth. XXIV, 15). Il leur donne l’assurance que pas un cheveu de leur tête ne sera touché, et leur dit : « Lors donc que ces choses commenceront d’arriver, regardez en haut et levez la tête, parce que votre délivrance approche » (Luc XXI, 8, 28). Il ajoute qu'il « enverra ses Anges avec un grand son de trompette,

et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis un bout des deux jusqua l’autre bout. » (Matth. XXIV. 31). Il s’agit évidemment ici du jour du grand jugement qui doit suivre la destruction de Jérusalem, et cet épisode est la représentation de l’accomplissement de la promesse que le Seigneur a faite à ses fidèles disciples. Tandis que la colère est déchaînée sur le pays; tandis que les ennemis de Dieu fuient et se cachent dans les cavernes et sous les rochers, — à cette heure terrible, la trompette appelle les fidèles parmi le peuple de Dieu.

Les collines de la Palestine, composées de pierre calcaire, sont pleines de grottes qui servaient d’abri aux voleurs et aux fugitifs, et il est remarquable que Josèphe dit que ces cavernes et ces passages souterrains servirent de dernier reluge et de retraite à un grand nombre de Juifs après la prise de la ville (Guerres VI, 7 et 9, et VII, 2, 2 (1). L’historien porte ainsi témoignage à l’accomplissement exact de la prophétie de Jésus.

(1) Le dernier espoir, dit Josèphe, d’échapper aux tyrans et à leurs bandes se trouvait dans les excavations souterraines, où les fugitifs se croyaient à l’abri des poursuites, et ils se

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Une autre preuve, très importante, en faveur de l’affirmation que les visions apocalyptiques se rapportent à l’histoire contemporaine, à des faits et à des choses de l’époque de saint Jean, nous est fournie au chapitre XI, v. 1 et 2.

« Alors, on me donna une canne semblable à un bâton à mesurer; et l’Ange s’étant présenté, me dit : Lève-toi et mesure le Temple de Dieu et l’Autel et ceux qui y adorent. Mais laisse le parvis qui est hors du Temple, et ne le mesure point ; car il est abandonné aux gentils; et ils fouleront aux pieds la sainte cité, pendant quarante-deux mois. »

La vision parle de la ville et du Temple de Jérusalem, de la ville et du Temple littéralement. Ils existaient donc lorsque l’Apocalypse fut écrit, puisque, dans ce livre, leur destruction est prédite. C’est une chose curieuse qu’une partie du Temple n’est pas mesurée, et la raison qui en est donnée est que cette partie « est abandonnée aux gentils ».

Nous savons qu'une partie du Temple était

proposaient d’attendre le moment où les Romains s’étant retirés, ils pourraient sortir et fuir. Mais ce n’était qu’un rêve, car ils ne réussirent à se cacher ni de la vue de Dieu ni de celle des Romains. Josephus, op. cit. , Livre VI, 7).

désignée sous le nom de Cour des Gentils, — et il est évident que cet abandon de la cour extérieure aux Gentils est considéré comme un sacrilège ; cela ressort du rapprochement à faire entre ce qui est dit de la Cour des Gentils et les paroles suivantes : « et ils fouleront aux pieds la sainte cité pendant quarante-deux mois. » La raison, pour laquelle la cour extérieure ne fut pas comprise dans la mesure, était probablement que le lieu se trouvait déjà souillé, il était rejeté comme n’étant plus le saint lieu; c’était un lieu profane et impur, déjà foulé par les pieds des Gentils.

Pourquoi, dans la vision, les adorateurs sont-ils mesurés aussi bien que le Temple et l’Autel? La raison nous en parait évidente. Ce commandement de mesurer le Temple, l’Autel ainsi que ceux qui y adorent, semble faire allusion à la destruction imminente qui allait frapper les lieux les plus saints du Judaïsme et son malheureux peuple.

On trouve dans les Écritures beaucoup de passages parallèles semblables, montrant que l’expression — mesurer — est un symbole de la destruction aussi bien que de la construction. Nous ne pouvons en indiquer que quelques

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uns, vu la longueur de ces passages. Voyez les Lamentations II, 7, 8 ; la prophétie d’Isaïe au sujet de la destruction de Babylone (chap. XXXIV. 2.) Un exemple se trouve dans Amos VII. G, 9. Un autre, très suggestif, dans Rois XXI. 12, 13. (Voyez aussi Psaumes LX. G. Isaïe XXVIII. 17.)

Non seulement la canne ou le bâton à mesurer sont des termes employés comme symboles de la destruction des lieux, mais ce qui est plus curieux encore, c’est que ces mots s’appliquent aussi aux personnes. Il y a un passage remarquable dans Samuel II, VIII. 2, qui illustre le fait que nous avançons : « Il (David) battit aussi les Moabites, et les mesura au cordeau, les faisant coucher par terre; il en mesura deux cordeaux pour les faire mourir, et un plein cordeau pour leur sauver la vie. » Ceci expliquerait pourquoi, dans la vision de saint Jean, les adorateurs sont mesurés aussi bien que le Temple ; et nous pensons donc que ce commandement de mesurer « le Temple, l’Autel et ceux qui y adorent », signifie la destruction imminente qui menace les places les plus saintes du Judaïsme et le malheureux peuple lui-même.

Mais ce que nous ne pouvons pas com prendre, c’est comment ce commandement pourrait s’appliquer aux interprétations modernes de la prophétie, qui attend encore son accomplissement : Où est le Temple auquel il est fait allusion, avec l’Autel et la Cour au dehors, laquelle est donnée aux Gentils, et qui sont ces Gentils eux-mêmes, qui fouleront la Sainte Cité pendant quarante-deux mois ?

Nous trouvant très embarrassée en voyant l’aveuglement qui semble empêcher les Églises, de nos jours, de comprendre qu’il est impossible que le Christ ait pu tromper à tel point ses apôtres et ses disciples, au sujet de la proximité de sa seconde venue pour juger le monde juif, nous nous sommes adressée, alin d’être éclairée, à un prêtre très savant. C’est avec joie que nous entendîmes que lui-même est tout à fait ouvert à cette vérité, bien qu’il avoue n’avoir pas pensé précédemment à ce sujet. Mais, d’un seul coup d’œil, il a vu l’importance de ce point de vue pour la génération présente, et quelle bénédiction ce serait pour l’humanité si la position que nous avons prise au sujet de cette question était établie d’une façon certaine, en sorte que les

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esprits seraient délivrés de la terreur que leur causent les horreurs décrites dans l’Apocalypse, comme étant une menace sur nous. Ce prêtre, aussi remarquable par son savoir que par sa sincérité, nous dit qu’il se souvenait seulement que l’opinion concernant le second avènement du Seigneur, à la ruine de Jérusalem, a été mentionnée chez quelques auteurs anciens ; mais, comme elle n’était pas dans les traditions ecclésiastiques, elle a été étouffée sous la pression du parti opposant. Il dit, en outre, que Lightfoot, Hammond, au xvii0 siècle, Dom Calmet, un peu plus tard, mettaient cette opinion en première ligne.'

Du reste, ajoute-t-il, « elle s’impose d’ellemême. Au chapitre XXIV, saint Matthieu dit qu’ alors on verra le signe du Fils de l'homme dans le ciel. Or, Josèphe, au VIe livre de la Guerre des Romains, met, parmi les présages de la ruine de Jérusalem, un météore en forme d’épée, qui parut pendant toute une année au-dessus de Jérusalem. Comme l’épée antique avait la forme d’une croix, car la garde n’existait pas comme aujourd’hui, il s’ensuit que Josèphe se conforme historiquement à ce que saint Matthieu avait écrit. Aussi,

voyez-vous des commentateurs de haute valeur , appartenant à l’Église catholique romaine, soutenir que l’Apocalypse concerne la ruine de Jérusalem et la destruction de l’empire païen de Rome. Salmeron, Hug, Scholtz, embrassent ce sentiment ».

Notre correspondant nous dit encore : « Ils ne s’expriment pas avec la même netteté que M. Hampden-Cook, mais leurs déductions logiques, s’ils ne craignaient pas de les tirer aboutiraient à vos conclusions. A défaut de détails plus précis, je vous conseillerais de prendre, dans une bibliothèque publique, quelques-unes des collections des Pères de l’Église grecque et latine, et de regarder simplement les tables, généralement fort bien faites, des textes de l’Écriture.

«Je ne doute pas que vous ne retrouviez les passages que j’ai regardés autrefois comme singularité. Un seul texte suffit à examiner : celui de saint Mathieu, XXIV. 30 et, dans deux ou trois jours, vous aurez fait d’importantes découvertes. »

Notre correspondant ajoute : « Si j’habitais plus près des villes et que j’eusse à ma disposition la grande collection de Migne, par

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exemple, je ne serais pas longtemps à retrouver les textes. »

Toute personne qui saura se servir de la clef qui a été donnée, dès le début, avec l’Apocalypse, verra que ce livre est simplement une vision du jugement complet de l’humanité, comprenant d’abord le premier jugement rendu sur les Juifs et la Dispensation juive au moment de la seconde venue du Christ, qui fut suivie du règne intermédiaire du Christ et de ses Saints ; puis du jugement qui doit avoir lieu à la fin de l’époque des Gentils et qui est celui que nous attendons. En d’autres mots, l’Apocalypse contient Je détail de la peinture dont Notre Seigneur indiqua si vivement les grandes lignes, ainsi que cela nous est rapporté aux vingt-quatrième et vingt-cinquième chapitres de saint Matthieu. Les grands faits annoncés dans ces chapitres, sont : 1° la destruction de Jérusalem et la fin du Judaïsme; 2° la venue du Christ pour détruire ses ennemis et rassembler ses élus ; 3° son règne, puis le rassemblement et le triage de toutes les nations; 4° le jugement final.

Tels sont aussi les grands faits de l’Apoca-

lypse. Les sixième et septième chapitres de ce livre (qui sont le commencement de ses prophéties), annoncent la destruction de Jérusalem, la fin du Judaïsme, la venue du Christ pour détruire ses ennemis elle rassemblement des élus. Au huitième chapitre, commence une série de mouvements parmi les nations, précédés du son des trompettes; ces mouvements doivent être attribués à l’influence du Christ dont l’avènement au Trône, ou au gouvernement de la terre, a été annoncé dans les chapitres précédents. Ce sont les transactions qui se passent pendant son règne intermédiaire — le rassemblement et l’organisation des nations. A la fin du onzième chapitre, le son de la septième trompette annonce le jugement final et universel. Tel est le plan du livre.

Toutes les autres visions sont contenues dans les limites de ce cadTe et représentent le même événement, sous des aspects différents, ou des événements connexes qui se passent dans la même période : mais le premier et le dernier jugement, avec les événements qui les séparent, forment la somme et la substance de ce livre.

En calculant la chronologie de ce grand

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tableau, nous prenons pour premier élément la période du premier jugement, celui de la Dispensation juive. C’est une date certaine, un point fixe sur la carte du temps. Le témoignage explicite du Christ, contenu dans le vingt-quatrième chapitre de saint Matthieu, aussi bien que les allusions qui se trouvent dans tout le Nouveau Testament et les prédictions du sixième chapitre de l’Apocalypse elle-même, nous disent nettement que le premier jugement suivit immédiatement la destruction de Jérusalem en 70 A. D.

La seconde question qui se pose est celle-ci : quelle distance y a-t-il entre ce point fixe et le second jugement, celui de la Dispensation chrétienne ?

Dix-neuf cents ans se sont bientôt écoulésdepuis le « Nouveau commencement ». Sans parler de la faiblesse et de l’insipidité des formes actuelles du Christianisme, si nous considérons seulement le temps passé et mille autres signes, nous concluerons quelessiècles obscurs seront bientôt derrière nous, que Dieu prépare une nouvelle Ère, et que la nouvelle venue du Christ se fait déjà pressentir dans l’atmosphère terrestre.

Les signes abondent dans tout le firmament mental. Les merveilleuses découvertes scientifiques, spécialement dans le domaine des éléments plus occultes, — télégraphe, phonographe, magnétisme, électricité, — ont une grande signification. L’emploi de l’électricité, soit comme lumière, soit comme force motrice, doit être attribuée à un mouvement dans le monde secret et invisible des causes ; et il faut remonter à la même source pour trouver la raison de ces graves préoccupations des corps ecclésiastiques au sujet de l’audacieux élan delà pensée moderne qu’ils ne peuvent ni arrêter ni dominer, et pour s’expliquer les agitations du monde politique et social.

L’Ère ancienne disparaît petit à petit à l’horizon et l’Ère nouvelle fait poindre l’aurore dans le ciel et dans les pensées des hommes. « Voyez le figuier et tous les abres : quand ils ont commencé à pousser, vous savez d’après eux, en les regardant, que dJjal été est proche. De même vous aussi, lorsque vous aurez vu ces choses se réaliser, sachez que le royaume de Dieu est proche. » (Luc XXI, 31.) Lorsque vous voyez les choses et les méthodes anciennes passer, les moyens de communication ra-

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pides se développer, les pensées des hommes s’affranchir de tous côtés ; lorsque des inventions merveilleuses et sans nombre promettent aux générations futures mille facilités et avantages; lorsque, dans les nations et dans les Eglises, la foule s’impatiente de ce qui est ; lorsque de nouvelles pulsations font battre les cœurs des hommes, chez quelques-uns de crainte, chez d'autres d’une sympathie humaine plus grande, «sachez que le royaume de Dieu est proche », que le souffle delà nouvelle venue du Seigneur attire les âmes. Les hommes se détachent des anciennes conceptions des Ecritures, parce que la présence plus complète de Dieu leur inspire des conceptions plus divines. Le Soleil- Amour de l’Eternité éveille toutes choses. Le figuier de Dieu, — la race humaine, — tressaille d’une nouvelle vie etpouse de nouvelles feuilles. Nous sentons que l’été est proche. Et si ces signes ne vous forcent pas de reconnaître l’opération des causes divines, entendez le Seigneur qui vous dit de nouveau : « Comment ne discernez-vous pas les signes des temps ? » La puissance secrète l’espérance des nations, procède lentement, mais progressivement, pour faire <c toute choses nouvelles ».

Les gouvernements du monde comme de l’Eglise, ont conscience de la pression d’une force qui cherche à tout transformer, et ils sont actifs, roulan t de grosses pierres devant leurs portes pour se défendre. Mais cette force merveilveilleuse se rit de ces pierres, elle agit sur elles, et quand le temps sera venu, on les verra se fondre et se résoudre en air pur sous sa chaleur ardente.

Les mille ans, dont il est généralement parlé, comme du millenium durant lequel Satan, le chef du mal, est placé sous une domination, sont la représentation d’une longue période, de fait, toute la Dispensation Chrétienne. C’est le temps pendant lequel le Christ assuma la souveraineté, non pas sur la terre, mais au-dessus de la terre; au moment de sa seconde venue, lorsque Jérusalem et son célèbre temple furent détruits A. D. 70, et que la Dispensation juive prit fin par la dispersion des Juifs sur toute la terre.

Saint Paul, dans I Cor., Chap. XV, verset 25, dit : « Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. » Nous savons, par conséquent, que la durée du règne du millenium est celle de la durée

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de son propre royaume, c’est-à-dire de ]a Dispensation chrétienne, lorsqu’il viendra de nouveau pour juger le monde, puis II abandonnera le gouvernement du royaume à son Père.

Ecoutons ce que dit saint Paul dans le chapitre que nous venons de citer :

« Christ est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et, comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang, Christ comme prémices, puis ceux qui sont de Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. » (1 Cor. XV, 20-20.)

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LES DEUX ALLIANCES

La division de la Bible en deux livres, appelés l’Ancien et le Nouveau Testament, est un fait qui indique clairement l’existence, en même temps que la différence, des deux alliances qui se rapportent aux deux Dispensations, — juive et chrétienne. L’Épître de saint Paul aux Hébreux pourrait fort bien être intitulée : « Comparaison entre les deux Dispensations », ou entre « l’ancienne et la nouvelle alliance ».

Nous désirons spécialement attirer l’attention de nos lecteurs sur le VIIIe chapitre de cette Épitre. Au verset 7, nous lisons :

« Si la première alliance avait été sans défaut, il n’aurait pas été question de la remplacer par une seconde. . . En disant une alliance nouvelle, il a déclaré la première ancienne: or, ce qui est ancien, ce qui est vieilli, est près de disparaître. » Le neuvième chapitre commence par une description complète desordon-

LES DEUX. ALLIANCES

nances qui étaient accomplies dans le sanctuaire terrestre, et au sixième verset il est dit : « Or, ces choses étant ainsi disposées, les prêtres qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle; et dans la seconde, le rjrand prêtre seul entre une fois par an, avec du sang qu’il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple. Le Saint-Esprit montrait, par là, que le chemin du lieu très Saint n’était pas ouvert tant que le premier tabernacle subsistait. C’est une figure pour le temps actuel, où l’on présente des offrandes et des sacrifices, qui ne peuvent rendre parfait, sous le rapport de la conscience, celui qui rend ce culte. . . Mais le Christ est venu comme grand prêtre des biens à venir; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n’est pas construit de main d’homme, c’est-àdire qui n’est pas de cette création; et il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle (1)... Et c’est pour cela

(n Ces paroles de l’Apôtre n'affirment-t-elles pas nettement la vraie nature divine du grand Prêtre de la nouvelle alliance ? Prêtre de l’ordre de MelchUedech, « qui est sans père, sans mère,

qu’il est le Médiateur d’une nouvelle alliance, afin que, la mort étant intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance, ceux qui ont été appelés reçoivent l’héritage éternel qui leur a été promis. Car là où il y a un testament, il est nécessaire que la mortdu testatairesoit constatée. »

Un testament, en effet, n’est valable qu’en cas de mort, puisqu’il n’a aucune force tant que le testataire vit. Voilà pourquoi c’est avec du sang que, même la première alliance, fut inaugurée.

La nouvelle alliance fut conclue au moment de la venue du Christ, c’est-à-dire que son effet sur la race humaine commença à se faire sentir lorsque « Dieu fut manifesté dans la chair ». La comparaison entre les deux alliances des Dispensations juive et chrétienne remplit presque toute l’Épître aux Hébreux, ainsi que les passages suivants le prouveront :

« Car si la parole proclamée par les Anges a été irréfragable... comment nous-mêmes

sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, mais qui est rendu semblable au fils de Dieu » (Héb. VII, 3\ mais qui a pris sur lui notre nature, étant conçu du Saint- Esprit et né d’un corps humain comme fils de l’homme.

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échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? — « Après avoir été amené à la perfection, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur d’un salut éternel. » (V, 9.) — « Le Christ est survenu... par son propre sang il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, après avoir obtenu une rédemption éternelle pour nous. »(IX, 11, 12.) — Nous serons sauvés en accomplissant sa grande mission, qui était de mettre de nouveau le Divin-Féminin à la portée de chaque être humain, donnant ainsi, selon sa parole, une vie plus abondante.

Le dixième chapitre indique expressément la venue du Christ comme le commencement de la Dispensation de la nouvelle alliance. « C'est pourquoi, en entrant dans le monde, il dit : « Tu n'as voulu ni sacrifice ni offrande, mais Tu m’as préparé un corps ; Tu n’as eu à gré ni les holocaustes ni les oblations pour le péché», toutes choses qui se font selon la loi; puis il ajoute : .« Voici, je viens pour faire ta volonté » ; il abolit l’un pour établir l’autre... C’est d’ailleurs ce que l’Esprit saint aussi nous atteste, car, après avoir dit : « Voici l’alliance que je ferai avec eux après ce temps-là », le Seigneur

dit : « Je mettrai Mes lois dans leurs coeurs, et je les graverai dans leurs pensées. » (Héb. X, 5,17.) '

La différence entre l’ancienne et la nouvelle alliance, c’est que la nouvelle place ses sujets au-dessus de la nécessité d’être enseignés par les hommes. « Et ils n'enseigneront plus chacun son concitoyen, et chacun son frère, en disant : Apprends à connaître le Seigneur, car tous Me connaîtront parmi eux, depuis le plus petit jusqu’au plus grand ». L’opération extérieure est remplacée par l’opération intérieure. Sous la Dispensation juive, Moïse était, par rapport à l’instruction, le seul médiateur entre Dieu et l’Homme.

Il fut permis à lui et à quelques-uns de ceux qui lui succédèrent, de s’approcher de Dieu et de recevoir directement de Lui des enseignements et des commandements, mais on nepeut pas dire que le menu du peuple connût le Seigneur. Ils entendaient parler de Lui par leurs instructeurs, mais ils ne Le connaissaient pas personnellement. Moïse, qui succombait sous le poids de sa charge, désirait ardemment que le Seigneur lui donnât un système d’instruction universelle. « Plût à

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Dieu», s’écrie-t-il, « que tout le peuple de l’Éternel fût prophète et que l’Éternel mit Son Esprit sur eux » (Nombres XI. 29). La nouvelle alliance apporta ce qu’il désirait. Il n’y a maintenant « qu’un seul médiateur entre Dieu et l’homme, c’est Jésus-Christ ». Et le nom de médiateur ne suppose pas qu’il y a séparation entre les parties, mais qu’elles se rencontrent et sont une en lui. En sorte que tous ceux qui appartiennent au Seigneur sont des prophètes, — tous connaissent le Sei gneur. « Et quant à vous, vous possédez une onction qui vient de Celui qui est saint ; vous le savez tous... et vous n’avez pas besoin que personne vous instruise ». (I. Jean II 20-27). Le Christ est le médiateur de la nouvelle alliance. Par Lui, nous sommes sauvés du péché; par Lui, nous obtenons la sainteté ; par Lui, nous sommes affranchis de la loi ; par Lui, nous avons accès auprès de Dieu, en sorte que nous n’avons pas besoin que personne nous enseigne. La nouvelle alliance estconclue parle sang du Christ, qui est le renouvellement de là vie.

Dans le dixième chapitre aux Hébreux, après que l’Apôtre a exposé les principes de la nouvelle alliance, il s’exprime ainsi : cc Pouvant

donc, frères, grâce au sang de Jésus, compter avec une ferme assurance sur l’entrée dans le sanctuaire, qu’il nous a ouverte, comme une route nouvelle et vivante, — approchons-nous avec un cœur sincère.... » (X. 19-22).

Dans beaucoup de passages, le sang de Jésus- Christ est représenté comme ayant le pouvoir de « purifier la conscience », « de donner accès au sanctuaire, de procurer la vie éternelle », « de racheter les péchés », « de vaincre Satan » . Il n’est pas besoin d’être un profond penseur pour comprendre que ceci ne peut pas être vrai du sang physique d’un corps humain, répandu sur une croix et agissant comme expiation pour des transgressions passées. Il est donc nécessaire que nous cherchions une autre signification au mot « sang», soit dans ces passages, soit dans d’autres applications qui en sont faites. Nous nous en rapporterons donc à la définition de ce mot que Dieu a donnée dans Genèse IX. 4, Lév. XVII. ll,Deut. XII. 23. «Le sang est la vie . » Le sang de Jésus- Christ est donc la vie de Jésus-Christ. Mais la vie de Jésus-Christ n’est pas la vie du corps humain qu’il a reçue de ses parents terrestres. Il possédait une vie infiniment plus élevée que

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sa vie dans la chair. Supposer que le sang de son corps humain était sa vie serait nier la préexistence de sa nature super-humaine. Si nous désirons savoir ce qu’est le sang de Jésus- Christ, nous devons nous demander ce qu’est sa nature : Est-elle terrestre ou céleste? S’il est le Fils de Dieu, son sang est l’Esprit du Dieuvivant. Quelque étrange que puisse sembler ce raisonnement, nous sommes autorisés à le faire d’après le langage même que Jésus emploie. Il dit : « C’est moi qui suis le pain vivant qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour l’éternité ; mais le pain aussi que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde, etc. » Alors même que trois fois, par rapport à ce passage, il déclare que sa chair et son sang (sa vie) viennent du ciel , les Juifs supposent qu’il fait allusion à sa chair etàson sang humain. Aussi les scandalise- t-il par ces moto : « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes. »

Il s’explique donc davantage au verset 61- 63 : « Cela vous scandalise-t-il? Si donc vous voyez le Fils de l’homme remonter là où il était

premièrement ? » (Comme s’il voulait dire : Si vous voulez comprendre mon langage, n’oubliez pas ma pré-existence). « C’est l’esprit (ma nature divine) qui vivifie ; c’est là ce que j’entends par ces mots : Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle ; la chair (ma nature humaine) ne sert de rien. »

Voilà donc la définition que le Christ luimême donne de cette expression : « le sang de Christ ». C’est la vie de cette nature superhumaine qu’il avait avant d’être incarné dans un corpshumain,etc’est en concevant la chose ainsi, qu’il explique ce qu’est cette vie: « Je vis dans le Père». Ainsi, l’Esprit du Père, ou, en d’autres mots, le Saint-Esprit, voilà ce qui était la vie et par conséquent le sang de Jésus- Christ.

Pour des exemples semblables de cette phraséologie, voyez saint Jean VII, 37, 39; là le Saint-Esprit est appelé e. eau vive », c’est-àdire le sang ; et I Cor. 12-13, les croyants sont représentés comme buvant de cet Esprit. Il est évident que ceux qui regardent le sang humain qui a coulé par la lance sur le calvaire comme le « sang du Christ » nient sa nature divine

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et rabaissent l’esprit du Dieu vivant jusqu’à n’en faire qu’un fluide animal. Ils foulent aux pieds le Fils de Dieu et considèrent le sang de l'alliance comme une chose impure. (Héb. X, 29) (1).

Dans le chapitre XXIX de ce livre, nous avons déjà indiqué en quoi consiste réellement l’efficacité du sang qui était la vie de notre Seigneur Jésus-Christ, et démontré que le plan de l’expiation a une signification tout autre et bien plus importante que celle qui lui est généralement attribuée. Pour le comprendre dans toute sa profondeur, il faut saisir le sens intérieur de la Loi de Moïse. Celle-ci contient des arcanes trop profonds pour que nous puissions les pénétrer, mais cependant nous y trouvons tout ce qui nous est nécessaire aujourd’hui, car elle nous montre comment le Christ a été l’accomplissement de la première promesse que Dieu a faite dans le premier

(1) « Celui qui viole la loi (le Moïse, meurt sans miséricorde sur la déposition de deux ou de trois témoins ; de quel pire châtiment pensez-vous que sera jugé digne celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, qui aura tenu pour profane le sang de l’alliance, par lequel il a été sanctifié, et qui aura outragé l’esprit de la grâce?... C’est une chose tercib’e que de tomber entre les mains du Dieu vivant. » (Héb. X, 23-29).

chapitre de la Genèse, — c’est-à-dire que la semence de la femme écraserait la tète du serpent, et que Jésus était l’accomplissement de la loi, ainsi qu’il le dit : « Je ne suis pas venu pour détruire la loi, mais pour l’accomplir ». Cela nous montre que la loi n’étant que l’ombre des bonnes choses qui doivent venir, et non pas l’image même de ces choses, ce ne sont pas les sacrifices offerts, année après année, qui peuvent nous rendre parfaits. Cela nous montre comment « le Christ mit fin à la loi, pour donner la justice à celui qui croit, quel qu’il soit », qui ne vit pas selon la chair, mais selon l’esprit. Et lorsque le Christ fut ressuscité, il dit à ses disciples : « Ce sont les paroles que je vous ai adressées lorsque j’étais encore avec vous, vous disant qu’il fallait que fussent accomplies toutes les choses écrites à mon sujet dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes. » Mais, quoiqu’il leur ouvrît l’esprit afin qu’ils pussent comprendre les Écritures, cependant leurs intelligences étaient encore trop imprégnées des idées juives qui faisaient de Jésus un Dieu sous forme d’homme, animé de toutes les passions humaines — la colère, la jalou-

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sie, la vengeance, etc. — pour qu’ils pussent se représenter un autre accomplissement de la loi que celui d’un immense sacrifice, où Dieu immolerait son propre fils, comme offrande expiatoire pour les péchés de la race qu’il avait lui-même créée. Et combien de gens, de nos jours, ne vont pas au-delà de cette conception !

Leur compréhension était obscurcie; et de là leurs idées sur « la repentance et la rémission des péchés », qu’ils allèrent prêcher en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem, et qui se systématisèrent dans ce plan de salut que toutes les Églises chrétiennes ont adopté comme l’accomplissement de la loi manifesté dans la personne du Christ. Le fait de ce voile jeté sur la vision morale des hommes de cette époque, ne leur a pas permis de reconnaître le sens réel et interne de la loi, ce que devait être son accomplissement et quelle était la véritable nature de ce mystère du sang de la Nouvelle Alliance que saint Paul appelle « le sang d’une Alliance éternelle ». (Héb. XII, 20), mystère qui a « été tenu secret depuis le commencement du monde », et qui n’aurait pu être révélé aux Apôtres si leurs percep-

lions spirituelles n’avaient été plus développées. D’ailleurs, les nations à qui ils devaient prêcher étaient loin d’être préparées pour la divulgation de ce mystère. Ce qui prouve bien la chose, c’est que même ce que les Apôtres enseignèrent fut dénaturé et servit à construire des dogmes bien éloignés de la tendance générale de leur pensée. Une étude approfondie de l’histoire primitive de l’Église montrera que les Apôtres en savaient bien plus qu’ils ne disaient. Tertullien ne nie pas qu’il n’y ait eu parmi eux une classe d’initiés, et il parle de « mystères » qui devaient être cachés à tous, sauf aux fidèles, au point que, pour les autres, la manière et la méthode de leurs actions était inconnue. Les païens étaient opposés au secret de ce mystère des chrétiens, ce que Tertullien ne nie pas, mais il fait remarquer qu’il est de la nature même des mystères d’être cachés, ainsi qu’il en était pour les mystères de Gérés à Samothrace.

Mais ces initiés chrétiens étaient en avance de leur temps et aussitôt que l’Eglise se fût solidement établie à Rome, elle eut soin de les écraser pour ses propres fins.

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