‹ Le secret du peuple de Paris A. CorbonChapitre 16 sur 64 · DROIT AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

DROIT AU TRAVAIL

liers sociaux. Tiraillée ainsi, contradictoirement, par ses deux petits états-majors, la grande majorité de la classe laborieuse a fermé l’oreille aux sollicitations du groupe de ses conseillers intimes qui voulaient la passionner pour -les «ateliers sociaux,» et elle ne s’est passionnée qu’un moment pour l'association ouvrière, que lui proposait l’autre groupe.

Tels sont et l’esprit et les préoccupations de l'ouvrier de Paris, que son premier besoin est d’ètre assuré de travail.

Dira-t-on que ce besoin accuse des tendances antisociales?

En faisant abstraction des événements qui troublent plus ou moins profondément l'économie sociale, on peut dire, d’abord, d'une société où les bras sont plus offerts que demandés, qu’elle révèle par là môme un vice de prévoyance générale. Car, les bras qui demandent du travail sont des forces qui sollicitent de coopérer à l’accroissement de la richesse publique, puisque le travailleur produit généralement plus que pour lui. Par conséquent la société se nuit à ellemême quand elle ne fait pas tous les efforts nécessaires pour avoir toujours du travail à offrir. Ceci soit dit, non pour critiquer tel ou tel gouvernement; mais pour affirmer le devoir de la prévoyance générale incombant à quiconque est préposé à la direction de la chose publique.

Secondement, le travailleur, vivant au jour le jour, est exposé aux plus effroyables souffrances quand le

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travail lui fait défaut; et, quoi qu’elle veuille, la classe aisée est solidaire de ces souffrances. .. Par conséquent, ce n’est pas seulement le sentiment d’humanité qui fait un devoir rigoureux de l’ordre de prévoyance dont nous parlons, c’est l’intérêt positif, immédiat, de toutes les classes de la société.

Ce que je dis là est devenu lieu commun; mais n’est pas plus observé pour cela.

On ne songe pas assez que les classes ouvrières n’ont aucune prévoyance générale à exercer. Elles sont tout à fait passives; elles subissent les mauvais effets des fluctuations du marché sans rien y pouvoir.

D’autre part, on ne peut pas s'en rapporter uniquement aux chefs d'industrie et aux commanditaires du travail du soin de la prévoyance sociale. Sur le terrain de la vie active, chacun agit pour son compte, et il n’est pas exact de croire que les intérêts privés sont assez bien inspirés pour que de l’ensemble de leur libre jeu résulte une suffisante prévoyance... Les intérêts privés sont souvent fort aveugles, et la société peut être entraînée à leur suite dans des crises fréquentes et parfois très-douloureuses.

De là naît la nécessité d’une haute, ferme et incessante prévoyance générale. La société est à beaucoup d’égards une communauté. Il ne faut certes pas demander qu’elle le devienne davantage. Mais, même en simplifiant autant que possible les attributions de l'État, en lui interdisant d’intervenir partout où la prévoyance privée suffit à l’œuvre, il lui restera en-

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