‹ Le secret du peuple de Paris A. CorbonChapitre 2 sur 64 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

NÉCESSITÉ DE DIVISEE EN CLASSES DISTINCTES LA POPULATION OUVRIÈRE DE PARIS

Il y a peuple et peuple dans Paris, ne l’oublions pas; et n’allons pas demander à toute la population ouvrière ce qui est à peu près exclusivement le secret d’une de ses parties. Nous cherchons la raison déterminante de la manière d’étre du populaire dans les agitations sociales ; or, une notable partie de la population ouvrière demeure plus ou moins étrangère à ces agitations. Il y a, en un mot, dans Paris, un peuple qui s’intéresse passionnément à la chose publique, et un autre qui s'en désintéresse autant que possible.

C’est du premier qu’il s’agira particulièrement dans cet essai de livre. C'est celui-là, d’ailleurs, qui donne sa physionomie au grand centre oùj naissent et se

développent les besoins de progrès et les sentiments rénovateurs. Je suis d’autant plus autorisé à concentrer mes observations sur ce peuple choisi, qu’il forme, en temps calme, la moitié au moins de la population prolétaire, et que, dans certaines circonstances graves, ses rangs reçoivent de nombreuses recrues.

Au reste, avant d'écarter l’autre peuple, j’essayerai de caractériser les divers éléments qui le composent, et de dire le secret de chacun d’eux. De la sorte, tout le prolétariat parisien aura été passé en revue.

Pour mettre autant de clarté que possible dans notre travail, établissons une classification de tous les éléments dont se compose l'agglomération ouvrière de Paris.

Au point de vue économique, on devrait diviser la population prolétaire en trois classes : une, comprenant la très-grande majorité, et qu’à bon droit on peut qualifier d’utile, parce quelle est laborieuse; une autre, très-faible en nombre et peu laborieuse, qui n’est, à vrai dire, ni utile ni nuisible; la troisième, encore moins nombreuse, qui se refuse au travail normal, et qui ne peut être que nuisible.

La première produit beaucoup plus qu’elle ne consomme ;

La seconde produit à peine ce qu’elle consomme;

Et la troisième entend consommer sans produire, quoiqu’elle dépense assez généralement une grande somme d’énergie pour arriver à ses fins.

Cette classification veut être un peu modifiée pour

Page 1