LA RÉVOLUTION. 2GU
lestes, il conclut positivement à la rédemption terrestre de tous les individus, de toutes les classes et de tous les peuples infériorisés d’une manière quelconque...
Le droit divin est basé sur cette donnée que toute vérité touchant la destinée des hommes vient directement de Dieu, et que les pouvoirs publics sont divinement institués pour diriger vers leurs fins normales les sociétés humaines. De là, une Église dépositaire de la pensée divine, et donnant l'investiture aux maîtres des peuples, ces maîtres tenant ainsi « de Dieu et de leur épée. »
Le droit humain est fondé sur cette donnée, bien différente, que toute vérité est une acquisition naturelle de la raison, et que les pouvoirs, relevant directement et exclusivement de la société même, ne sont et ne doivent être que des services publics...
C’est, en un mot, la souveraineté du sens commun qui se substitue à la souveraineté des « délégués de Dieu. »
Lorsque nous en serons à la question religieuse, nous aurons à préciser d’autres différences essentielles entre les principes de la société qui passe et ceux de la société nouvelle. En attendant, la définition que nous venoas d’ébaucher est bien celle, osons le dire, qui est dans la pensée ou dans le sentiment de l’im-
mensc majorité du parti démocratique, et qui contient l'explication la plus rationnelle des phénomènes sociaux dont nous sommes témoins, et plus que témoins.
Dès lors, on peut comprendre l’immensité de l'œuvre que se propose, et que doit accomplir avec le temps, le parti qui s’est consacré au triomphe des nouveaux principes.
Non-seulement les penseurs dévoués à la Révolution doivent s’appliquer à saisir et à préciser le sens du sens commun, si je puis ainsi parler; mais il faut encore qu'ils élaborent la doctrine tout entière de la civilisation nouvelle ; qu’ils démontrent d’une manière certaine que le principe nouveau peut répondre aux nécessités de l'ordre moral aussi bien qu’à celles de l’ordre civil ; qu’ils disent comment les besoins de l’âine peuvent être satisfaits aussi bien que ceux du corps.
Il se peut que sur ces points si importants quelques penseurs de la démocratie soient fixés; mais le grand nombre ne l’est pas. Il se manifeste toutefois en ce temps-ci une tendance très-marquée à la recherche de ces vérités essentielles. Cependant, la Révolution, quoiqu’elle touche à tout, et qu’elle doive répondre à tous les besoins, a été jusqu'à ce jour beaucoup plus civile que religieuse. Et il était tout simple qu elle eût d’abord ce caractère.
La Révolution chrétienne a procédé tout autrement dès ses commencements, parce quelle se produisait