‹ Le secrétaire de tout le mondeChapitre 63 sur 81 · DU JOURNAL · texte numérisé non relu

DU JOURNAL

Nous avons dit que la main courante n'est autre chose que le brouillon du journal : c'est une main de papier, cousue en cahier, sur laquelle on écrit les affaires à mesure qu'elles se font, et de la même manière qu'on doit les écrire au journal, en sorte qu'il n'y a plus qu'à copier et à mettre au net. Nous ne nous occuperons pas davantage du brouillqn, et nous passerons au journal.

Le journal doit être un registre réglé, avec des colonnes pour les sommes. On place d'abord la date entre deux filets, on écrit ensuite, au commencement de la ligne suivante, en caractères plus gros, le mot doit ou avoir, suivant qu'il s'agit d'un débiteur ou d'un créancier,, puis le nom de ce débiteur ou de ce créancier, en gros caractères, ensuite le nom de la ville qu'il habite, la somme à laquelle se monte l'affaire, puis le détail de cette même affaire, enfin on porte la somme dans la colonne des francs et centimes. On recommence un autre article au-dessous, sans laisser de lignes blanches.

Voici un modèle de journal :

Fol.dugr.liv.

Fol. 1.

Fol. 1.

Fol. 1.

Modèle de «Fournal.

—Du 3 janvier 1874 (1).-

Fol. 1.

Doit mon compte de caisse f. 880 75 cent., pour le mont^int de mes ventes en détail pendant le mois de décembre, suivant le livre des ventes au comptant.

Doit

Du 2 janvier.

Lemonnier de cette ville f.

pour 9 pains de sucre blanc, pesant ensemble 50 kilogrammes, à raison de f. 16 les 10 kilogr.

Du Z janvier.

Avoir Lemire, de Paris, f. 99 pour une barrique d'huile de colza, pesant brut 100 kilogr., à 1 10 c. le kilogr. 110 «

Déduction de 10 % pour tare. 11 »

Net. 99 «

(1) Il faut lépclcr l'auiioe en haut de chaque page du journal.

Fol. 1.

Fol. 1.

PETIT COBRS

-Du 3 janvier 1874.

Fol. 2.

Fol. 1.

Fol. 2.

Fol. 2.

Doit mon compte de dépenses pour mes dépenses du l*"" au 31 décembre.

Du K> janvier

Fol. 2.

Avoir Lemonnier, de cette ville, f. 80, pour le montant de ma facture du o jan vier, qu'il m'a payée comme suit : Espè

ces.

Escompte 3 p. % Du 7 janvier.

loi

Doit Lemire de Paris f. 99 pour pareille somme que je lui ai envoyée, ;:ar le messager Laurent, en acquit de son envoi d'huile.

Dudit jour.

Doit Madame Henri, de Melun, f. 44 pour 22 kilogr. sucre blanc, à 2 fr. le kilo.

Du 10 janvier.

Doit Pierre Simon, de Coulommiers.

f. 100^ pour autant que je lui ai prêté ce jour.

-Du 10 janvier.

Doit François Lemale de cette ville, f. 63 80 cent, pour les articles suivants que je lui ai livré ce jour :

10 kilogrammes savon à 1 f. 20 c. 12 »

4 kilogrammes sel gris, à 50 c. 2 » 2 paquets de chandelles à 3 f. 6 »

5 kilogrammes vermicelle à 70 c. 3 50

6 kilogrammes riz, à 73 c. 4 50 2 kilogrammes pruneaux à 80 c. 1 60

20 kilogrammes sucre blanc, à 1 f. 80 cent. 36

-Du 11 janvier.

Avoir Dumortier et Comp. de Paris, f. 303 pour les articles suivants qu'ils m'ont expédiés et que j'ai reçus ce jour avec facture :

100 kilogrammes café Martinique à f. 2 15 cent, le kil. 213 »

55 kilogrammes sucre blanc à f. 1 60 cent. 88 »

DE COMPTABILITE USUELLE

Fol. 1.

Du i^ janvier.

Avoir Legrand, de Lyon, pour son billet à mon ordre payable le 15 avril prochain pour solde de ma facture du 10 décembre 1873.

Fol,

Nous bornerons ici les exemples relatifs à la tenue du journal. Ils suffisent pour donner une idée claire de la manière de passer écriture des opérations que Ton fait. Nous ferons seulement remarquer que les premiers numéros placés dans la colonne de gauche indiquent les folios du livre des comptes courants ou grand livre, où sont ouverts les comptes des débiteurs ou des créanciers, dont il est question dans ces articles, et où ces débits et crédits sont portés, et que les numéros qui se trouvent au-dessous indiquent le folio du journal où se trouve Tarticle qui précède immédiatement celui-ci, en sorte qu'on peut, en remontant, relever le détail de tous les articles sans avoir recours au grand livre. Quand le numéro inférieur manque, c'est que Tarticle est le premier du compte courant.

On ne doit poser les chiffres qu'après avoir porté ces articles aux comptes courants ; c'est un moyen de contrôle pour n'en pas omettre» car un article oublié et non porté au grand livre, devient souvent l'occasion d'une perte. Il est ttiême bon de vérifier, à la fin de chaque mois, s'ils sont tous portés exactement, et s'il n'y a pas d'erreur dans les sommes. L'on place à mesure un point à côté de la somme, pour indiquer que la vérification a été faite. C'est ce qu'on appelle pointer les livres. Cela est d'autant plus nécessaire que, lorsqu'il s'agit d'établir le compte d'un débiteur, on a plutôt recours au livre des comptes courants qu'au journal.

DU LIVRE DES COMPTES COURil.]\TS OU GRAIVD LIVRE.

Nous avons dit plus haut que le grand livre était le résumé des articles du journal ; mais qu'au lieu d'être places par ordre dédales, ils sontpljicés par ordre de comptes.

On appelle ouvrir un compte, écrire le nom d'une personne avec qui on fait des affaires, sur une page du grand livre. Sur celle de gauche on écrit : Un tel, de telle ville, doit ; et sur l'autre page, en regard, on met avoir. Sur la première on transcrit les articles que doit cette personne ; sur l'autre page, en regard, les articles qu'on lui doit. On s'arrange de manière à abréger chaque article, en sorte qu'il tienne en une seule ligne, comme nous l'avons dit plus haut. Dans la colonne de gauche de chaque page, on place le folio du journal, dont cet article est extrait, et dans les colonnes de droite on met le montant de la somme dont il est question.

On peut, au moyen d'un registre à doubles colonnes, porter le débit et le crédit sur la même page.

Le répertoire du grand livre est un cahier où sont placés par ordre alphabétique les noms de tous les comptes portés au grand livre, et les numéros des folios où ils sont ouverts, afin de pouvoir les retrouver facilement dès qu'on en a besoin.

Un grand nombre de marchands se contentent de tenir le livre de comptes courants, et ne font pas usage de journal. A la rigueur, on peut maintenir de l'ordre avec ce seul livre, surtout lorsque les afTaires sont peu importantes ; mais nous lewr ferons remarquer qu'en cas de contestation, ce livre n'est pas admis en justice, et qu'ils seraient répréhensibles devait la loi, si quelque malheur les forçant à suspendre leurs payements, ils étaient obligés de produire leurs livres pour justifier de l'emploi qu'ils ont fait de leurs marchandises ou de leurs capitaux.

Nous ne pouvons donc trop engager les marchands à tenir un journal régulier, quelque minimes que soient les affaires qu'ils font.

Ce que l'on nomme compte courant, en style commercial, n'est autre chose que la copie du compte d'une personne, extraite littéralement du grand livre, avec la balance du crédit et du débit, c'est-à-dire avec la différence qu'il peut y avoir entre la colonne du crédit et celle du débit.

On termine ce compte courant en écrivant : Sauf erreur ou omission, en le datant et en le signant.

DE COMPTABILITE USUELLE

ce e

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