‹ Le secrétaire et le enisinier, comédie-vaudeville en un acte;Chapitre 20 sur 25 · SCENE XVIII · texte numérisé non relu

SCENE XVIII

M. DE ST.-PHAR, SOUFFLÉ, ANTOINE, amenant Soufflé.

ANTOINE

Voilà, monseigneur...

(Antoine sort.) soufflé s'incline.

M. DE SAINT-PHAR

Je vous salue, Monsieur... (Le regardant.) Ma foi... il a raison d'avoir du talent, car il n'est pas beau... et je ne sais comment ma fille s'est laissé séduire...

soufflé, à part.

Il parait que ma figure lui revient assez...

J'ai lu votre rapport... et je l'ai trouvé bien...

soufflé.

Cependant, monseigneur, pour ce qu'il m'a coûté... je peux bien dire... que je l'ai fait sans m'en apercevoir!...

M. DE SAINT-PHAR

Tant mieux... cela prouve de la facilité... il y a là même

quelques idées assez hardies... qui sont en contradiction avec les miennes.

SOUFFLÉ

Certainement, monseigneur... c'est sans le vouloir. ( A part. ) C'est cet autre qui aura fait quelques bêtises...

M. DE SAINT-PHAR

Ne vous en défendez pas... j'aime beaucoup que l'on ne soit pas de mon avis... Mais voyons un peu comment vous soutiendrez votre opinion

SOUFFLÉ

Mon opinion... Du tout... Du tout...

Air : Ces postillons.

Ah! monseigneur, vous n7 me connaissez guère, Je n'y fais pas tant de façons, ■ Etre entêté n'est pas mon caractère ; Et voyez-vous, en fait d'opinions Tant d' gens en ont trois ou quatre de suite Qu' c'est gênant pour les arranger ; Moi j' n'en ai pas , et ça m'évite La peine d'en changer.

M. DE SAINT-PHAR

Je vous comprends, et je vous sais bon gré de votre générosité ; vous craignez d'engager une discussion où vous sentez bien que j'aurais le désavantage.

SOUFFLÉ

Mais...

M. de saint-phar, souriant.

Àvouez-le , vous n'approuvez pas la distinction que j'ai faite sur le droit des gens...

SOUFFLÉ

Hum...

M. DE SAINT-PHAR

Vous pensez peut-être que l'espèce dont il s'agît est tout~àfait du ressort du droit civil?...

soufflé, d'un air approbatif.

Hum! hum!..

M. DE SAINT-PHAR

Allons, dites-le franchement...

soufflé, souriant.

Mais... puisque vous m'y forcez... c'est du droit civil.

A ïa bonne heure... Vous voyez que je sais entendre la vérité... Touchez-îà... Je vous estime, et je vois que nous finirons par nous comprendre.

soufflé, a part.

Ça ne fera pas mal... car jusqu'à présent... Mais c'est égal, me voilà en faveur... et autant qu'on peut juger quelqu'un sans 3'entendre, ça m?a l'air d'un brave homme... ( ployant Antoine qui est entré et qui fait des signes.)

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