‹ Le segment cardio-esophagienChapitre 16 sur 29 · I. — Artères · texte numérisé non relu

I. — Artères

a) Les artères de la portion thoracique de l’æœsophage viennent des artères intercostales. Certaines même viennent directement de l'aorte thoracique. Les artères de la portion abdominale ou plutôt phréno-abdominale ont une topographie plus complexe qui mérite d'être étudiée avec quelques détails. Les classiques avec POIRIER et CHARPY, TESTUT et LATARJET, ROU- VIÈRE, donnent une description vague et variable quant à l’origine, la distribution et la situation exacte de ces vaisseaux.

Depuis les travaux de GRÉGOIRE et BRAINE sur la voie d’abord extra-séreuse de l'organe, cette question a été remise à l'ordre du jour par la thèse de GossARD et l'article de DEÉMEL.

Les classiques attribuaient une grosse part de l'irrigation de l’æsophage abdominal au cercle péri-æsophagien formé par les deux artères diaphragmatiques inférieures.

GOSsARD a été le premier à attribuer la majorité de la vascularisation à l'artère coronaire ;: c’est l'artère essentielle de l’æsophage abdominal ; l'artère diaphragmatique gauche fournit quelques rameax seulement.

Notre description s'inspire des travaux de Gouzr relatés dans sa thèse (Toulouse 1936) et dans un article de l'Umjra. L'artère

diaphragmatique droite ne fournit absolument aucune branche de l’œsophage ; d’ailleurs, aussitôt après ou naissance, cette” artère s'éloigne de l’œsophage pour se perdre dans les fibres du diaphragme.

L/'artère dote gauche fournit une seule branche qui existe dans 60 p. 100 de cas seulement. Cette branche naît assez haut et se dirige transversalement vers la droite à travers les éléments cellulo-graisseux sous-péritonéaux ; arrivé près du bord gauche, du cardia, elle se divise en deux petits rameaux. L'un se perd dans la grossé tubérosité ; l’autre remonte sur le bord gauche de l’œsophage, et se termine par une ou deux petites branches sur la moitié externe de la face postérieure. En dehors de ce petit espace, l'æsophage est irrigué par la seule artère coronaire.

Les branches issues de cette artère sont différentes, suivant que l’on considère la face antérieure où la face postérieure.

1° Sur la face antérieure, l'artère coronaire donne un tronc assez volumineux et à peu près constant (80 p. 100 d’après Gouzi), et appelé tronc œsophago-cardio-tubérositaire ; dans les 20 p. 100 de cas où il n'existe pas, on se trouve en présence d'anomalie de l'artère coronaire.

Le tronc naît près de la bifurcation de l’artère coronaire et remonte le long de la petite courbure jusqu’au bord droit du cardia. Sa longueur est à peu près de 2 à 4 centimètres.

Au cours de son trajet, il abandonne quelques artères gastriques antérieures. Sa bifurcation au cardia donne issue à deux branches, parfois trois. L'une des branches se porte transversalement vers la tubérosité gastrique. L'autre branche remonte sur l'œsophage pour se bifurquer en deux rameaux qui encadrent le pneumogastrique soucie à son émergence du diaphragme.

Les rameaux œsophagiens nés de toutes ces branches pénètrent entre les fibres musculaires où elles se terminent en T. Dans l’ensemble, ils sont plus riches sur le bord gauche. La région la moins irriguée est la partie inférieure du bord droit : c'est d’ailleurs à cet endroit même que se produit la zone de

nécrose que l’on rencontre sur le moignon œsophagien après les gastrectomies totales.

29° Sur la face postérieure, l'irrigation s'établit par des rameaux très grêles issus de la crosse de la coronaire, en avant du tronc œsophago-cardio-tubérositaire. Ordinairement, il y a deux rameaux : un rameau inférieur pour le cardia, un rameau supérieur assez long qui remonte sur le bord droit de l’æsophage, près du nerf pneumogastrique droit ; il traverse d’ailleurs avec lui l’orifice phrénique pour se perdre dans l’œsophage thoracique.

. Conclusions :

L/'artère diaphragmatique gauche irrigue le tiers ou le quart de la face postérieure et le bord gauche ; la coronaire stomachique, la face antérieure et les 3 /4 ou les 2 /3 de la face postérieure de l'œsophage.

La partie la moins vascularisée de l’œsophage est une aire de 1 centimètre de côté, située à droite et en bas, juste audessus du cardia.

L'œsophage abdominal n’a pas une irrigation propre, mais partage ses artères avec l'extrémité supérieure de l'estomac et la grosse tubérosité, montrant ainsi qu’il n’est différencié qu’au point de vue morphologique et n'est fonctionnellement qu'un antre pré-gastrique.

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