MINISTÈRE DUFAURE. — FIN DU SEPTENNAT
La chute du ministère Rochebouêt n'amena pas immédiatement la fin de la crise ouverte depuis le 16 mai. Le Maréchal, après avoir compromis si complètement son autorité et sa personne même dans cette aventure, ne put se décider si vite à rendre les armes. Son entourage et les hommes politiques qui s'étaient engagés avec lui le poussaient violemment à la résistance. Ils lui faisaient envisager comme un devoir d'honneur la nécessité d'aller jusqu'au bout, et de les aider à sortir du mauvais pas où ils s'étaient mis à son service. Ils renversaient ainsi les rôles, oubliant ou ne voulant pas avouer qu'ils n'avaient travaillé que pour eux. Mais si la bonne foi était bannie de ce monde, ce n'est pas à coup sûr dans le cœur des politiques qu'elle se réfugierait.
Cependant à mesure qu'on avançait vers le terme, la situation devenait de plus en plus critique, et les questions posées devant l'opinion publique se serraient davantage. Ce qui rendait la position prise par le Maréchal intenable et l'acculait à un coup d'État, c'était la situation financière restée, comme je l'ai dit, en suspens