‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 169 sur 171 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

régné depuis l'avènement de M. Grévy à la présidence de la République, c'est-à-dire depuis vingt ans. A l'exception de la politique coloniale, qui, après l'initiative hardie et digne de tout éloge de Jules Ferry, s'est poursuivie quasi toute seule, obscurément, grâce à l'héroïsme obstiné, génial, tout plein de l'âme française, des explorateurs et de nos officiers, se faisant sans y prétendre les missionnaires de la plus grande France; à l'exception de cette politique qui s'est faite sans lui et souvent malgré lui, le régime gouvernemental inauguré et pratiqué par ce vieux parti républicain se fait à rheure actuelle sévèrement juger par ses œuvres. Il aboutit à un état d'anarchie et de dictature pseudo-parlementaire qui résume tous ses vices.

Par une fortune qui semble particulière à la France, que ses gouvernements, même les pires, ne peuvent tuer, ce régime n'a point encore détruit les forces vitales de la nation, les réserves d'énergie et de patriotisme où elle puise le goût et la volonté de vivre. Pendant que la fin de ce régime s'achève, il se fait, semble-t-il. un profond remuement d'idées dans Je pays. Tous les esprits se tournent vers un avenir qui serait dégagé des débris du passé; et où tous les Français, dépouillant tout esprit de secte, et écartant les éléments exotiques qui tendent toujours à les dominer, travailleraient d'un commun effort et d'une même bonne volonté à l'organisation d'un régime nouveau. On aperçoit dans cet avenir, qui peut être demain, une nouvelle France et une autre République, de laquelle on pourra dire, non qu'elle sera gouvernée républicainement, mais qu'elle le sera nationalement et à la Française. C'est le vœu que, de toute mon âme, je fais en terminant ce récit.

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