VIII AVANT-PROPOS
Il fut rempli par le gouvernement réparateur de M. Thiers; et, après une ère trop courte de concorde consacrée à Tœuvre de la paix extérieure et intérieure, par le recommencement des luttes des partis.
Pendant le septennat du Maréchal, la guerre fut déchaînée entre les factions ; guerre que le vote de la Constitution républicaine de 1875 ne parvint pas à faire cesser. Et néanmoins, pendant cette période, la République fut établie et installée parles hommes qui, nouveaux venus pour la plupart dans la politique, s'étaient prononcés, dès le début de l'Assemblée nationale, pour la République, et qui avaient toujours soutenu le gouvernement de M. Thiers : c'était le Centre gauche.
Le Centre gauche, tant qu'il eut en main le gouvernement, depuis le mois de février 1876 jusqu'au mois de février 1879, eut sans cesse à lutter contre les entreprises des partis royalistes. Ceux-ci avaient pris soin de déposer dans la Constitution, comme un germe de destruction, l'art. 8 qui édictait que la forme même du gouvernement serait toujours modifiable. Dans ce combat pour la vie, le Centre gauche avait été soutenu par les autres fractions du parti républicain, avec une bonne volonté réelle. Pour beaucoup de républicains, il est vrai, cette bonne volonté était plutôt de l'abnégation ; comme s'ils avaient eu quelque chose de mieux à mettre en p\fLC,e du régime que nous vouliotis iopdiçiij. e|
AVANT-PROPOS ix
comme si c'était un sacrifice que de laisser faire le bien public par d'autres que soi.
Le Seize Mai, qui fait l'objet principal de ce récit, avait été un des incidents de cette lutte dont l'enjeu était la monarchie ou la République. Ce n'eût été qu'une aventure électorale, comme l'a appelé dédaigneusement M. Dufaure, si l'acharnement des partis monarchistes et les procédés qu'ils employèrent pour triompher dans cette dernière lutte n'avaient donné en définitive à cet événement du Seize Mai le caractère d'une vraie révolution.
On put croire, pendant un moment, que la République ne survivrait pas à cette aventure. Ce fut le pays lui-même qui la sauva. Il comprit que les partis monarchistes divisés entre eux, irréductibles les uns à l'égard des autres, ne pouvaient offrir un abri sûr, un régime politique acceptable et viable à la nation affamée de paix et d'ordre, et qui déjà avait goûté les premiers bienfaits d'une République ordonnée, pacifique et libérale. Les élections du mois d'octobre 1877 signifièrent la volonté de la France, qui était de conserver la République, et de la remettre entre les mains de ceux qui, après la Constitution de 1875, avaient eu la charge et l'honneur de la mettre en application. Le Centre gauche reprit l'œuvre commencée, et il put conserver la direction des affaires publiques, jusqu'à la fin prématurée du . septennat,. c'est-à dire jusqu'à Ja dé-p missioavdavM. ie Macéohal de l^ac^Mahoa. / ... ,