‹ Le seize mai et la fin du SeptennatChapitre 3 sur 171 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

Mais l'ancien parti républicain se lassait d'attendre. Il avait aussi sur le caractère et sur la nature du régime républicain d'autres vues que nous. Il sut mettre à profit les colères sincères, les ressentiments justifiés qu'avaient suscités dans la nation l'obstination des conservateurs à résister à la volonté nationale, et surtout les procédés dont avaient usé les auteurs du Seize Mai pour violenter le pays. Il s'offrait comme le seul parti capable d'établir solidement la République, et d'assurer à tout jamais la possession des bienfaits qu'en idée on rattache à ce régime politique. Lui seul, disait-il, gouvernerait la République selon son esprit.

C'est alors que la nation livra les clefs de la mai* son, sans se douter qu'à la République qu'elle avait acceptée allait se substituer un régime tout nouveau et totalement différent. Là s'arrête mon récit. Ce qu'ont fait pour la France et pour la République les nouveaux maîtres de la maison, je n'ai point à le dire. Leur œuvre est à peu près accomplie; elle se fait juger par les résultats, et on peut croire qu'elle est complète. Le régime politique destiné à remplacer celui qui s'achève sera le dernier acte du drame.

Quel sera le dénouement? Tragique ou glorieux, au gré delà France! Après tant d'expériences faites, elle peut se reprendre. Les fatalités de son histoire l'ont conduite à cette double solution alter* native : ou de se régénérer dans la coacorde, eu

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rentrant dans les conditions de vie propres à la race ; ou de subir le sort des nations divisées contre ellesmêmes, en répudiant les traditions, les idées et les sentiments qui ont constitué sa nationalité. Elle peut, par l'accord des volontés, vivre libre, et donner au monde l'exemple et le modèle d'une démocratie ordonnée. Mais, si elle continue à se déchirer en factions ennemies, quel que soit le régime politique qu'elle adopte, — et dans ce cas, le césarisme est le plus vraisemblable, — elle périra dans les convulsions de la barbarie à l'intérieur, ou dans les hontes de la conquête.

Que Dieu la préserve !

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