‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 10 sur 725 · CONTROVERSISTES · texte numérisé non relu

CONTROVERSISTES

qu'une foule de gens se divertirent à l'examen de ce Tableau et se confirmèrent par là dans leur créance plus fortement que par la lecture des meilleurs ouvrages de Calvin ^

Dans cette polémique contre les catholiques, les protestants ont l'avantage. Ils attaquent l'Église où de nombreux abus produits par le relâchement des mœurs, des pratiques dégénérées en superstition offrent une riche matière à leur verve satirique. Ils ne craignent pas de traiter sous une forme plaisante les questions théologiques, et de les soumettre au peuple, en se servant de la langue vulgaire. Les catholiques hésitent à suivre leur exemple. C'est en latin que Pierre Doré ^ écrit son AjiU- Calvin; que l'évêque Claude de Saintes compose sa Méthode contre les sectes; et lorsque ce dernier publie en français sa Déclaration d'aucuns athéismes de Calvin et deBéze (1563), il s'excuse danssa dédicace à Charles IX de proposer ainsi ces matières « au peuple qui pour la plupart n'est capable de telles difficultés^ ». Quant aux catholiques qui essaient d'opposer des pamphlets en langue vulgaire à ceux des réformés, ils ne sont pas de force à soutenir la lutte. Leur argument favori consiste à calomnier les mœurs de leurs adversaires, qui affichent l'austérité. Anthoine Cathelan *, Arthus Désiré ^ ne font guère que fournira Calvin, à Bèze l'occasion de vigoureuses répliques.

A la fin du seizième siècle, la littérature militante prend un nouveau caractère. La Réforme a conquis en partie les droits qu'elle revendiquait : les luttes s'apaisent; les discussions deviennent moins violentes. Tel est le caractère des ouvrages de Duplessis-Mornay '', le chef des Églises réformées de France.

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