Lenient, La satire en France au XV J' siècle, p
4. Auteur du Passavant parisien, réponse au Passavant de Th, de Bèze.
5. Théologien, né en Normandie vers 1500, mort en 1379, auteur de la Singerie des Huguenots, des Disputes de Guillot porcher et de la bergère de Saint-Denis contre Jehan Calvin, prédieant de Genève, etc., etc.
6. Philippe Ai llornay, seigneur du Plessis-Alarly, surnommé le pape des huguenots à cause de sa science profonde dans les matières religieuses, naquit à Buhy duus le Vexin français (Seine-ct-Oise) , le 5' novembre 1549, l'ut élevé en secret par sa mère
dans la religion réformée qu'il embrassa ouvertement après la mort de son père (1560). Apres des voyages en .Suisse, en Allemagne, en Italie, il alla à raris trouver Coligny ; échappé au massacre de la Saint-Barthélémy, il se réfugia en Angleterre d'où il revint pour s'attacher à Henri de Navarre.
On le voit dès lors défendre son maître par la plume et par l'épée, combattant à ses côtés à Coutnas, à Ivry, soutenant sa cause par toutes sortes d'écrits politiques et de pamphlets, se chargeant enfin de délicates missions diplomatiques en France et à l'étranger. Son traité de V Eucharistie amena une conférence théologique à Fontainebleau où il fut battu par Du Perron. Après cet échec, il se retira à Saumur, d où il ne cessa, ju-(|u'à l'époque de sa mort (1623), de diriger les Églises de France.
Ses Discours sur la vie et la mort sont un traité de pure morale philosophique. Cet ouvrage qu'il composa à \ingt-six ans, a peu d'originalité pourle fond qui est emprunté aux Pères de l'Église, à Sénèque, à Cicéron : mais il est écrit dans un style vif et souvent éloquent. Le Traité de l'Église (Genève, 1 579), les Méditations chrestienjies sur quatre psaumes du prophète David (lo9l), bien que d'un mérite secondaire, furent accueillis avec succès. Mais le Traité de la vérité de la religion chrestienne (1581) assure à l'auteur une place honorable dans la littérature religieuse. 11 y défend ie christianisme, sans distinguer entre Rome et Genève, contre les athées et contre les partisans des fausses religions, établissant pour les uns l'aulheulicité de l'ancienne Loi et de la nouvelle, pour les autres l'existence d'un Dieu créateur et d'une Providence. Au milieu de pages diffuses et traînantes, on trouve des morceaux pleins de force et même d'éloquence, et ce livre d'apparence indigeste, ne mérite pas l'oubli où il est tombé.
Sur le terrain de la controverse dogmatique, les catholiques reprennent l'avantage. Nous ne parlons pas des Propositions tonteiitieuses entre le chevalier Villegagnon et J. Calvin concernant la vérité de l'Eucharistie, auxquelles les protestants ne répondirent que par des quolibets, dédaignant le défi théologique qu'il leur avait adressé. Ils allaient trouver dans Du Perron ^ un plus redoutable adversaire.
Du Perron fut le premier parmi les catholiques qui traita en français d'une manière remarquable les matières théologiques.
Du Plessis-Mornay avait publié, en 1598, un traité De l'institution, usage et doctrine du Sainct-Sacrement de l'Eucharistie en VÉylise ancienne, comment, qiumd et par quels degrez la messe s'est introduite en sa place, en iv livres. Du Perron y répondit aussitôt par un Traité du sacrement de l'Eucharistie contre du Plessis-Mornay et une Réfutation de toutes les obsei-vations tirées des passages de saint Augustin, alléguées par les hérétiques contre le saint sacrement de l'Eucharistie. Ses ouvrages obtinrent un succès mérité. Dans des matières si ardues, Du Perron manie avec aisance la langCie vulgaire. 11 manque de vigueur dans l'expo-
l. Jacques Davy Du Perron, né à St- Lo (1550) il'iin ministre réformé, abjura Ift cah'inisme, entra dans les ordres, devint lecteur de Henri tU, s'attacha à Henri IV, qu'il convertit au catholicisme et qui lui donna l'évèché d'Evreux 11573) et plus tard l'archevêché de Sens. 11
reçut en iOOi le chapeau de cardinal pour avoir combattu dans des conférences publiques les doctrines calvinistes. Il mourut à Paris en lOlS. C'était un lionmic fort intelligent, habile diplomate, écrivain élégant, maniant avec facilité le vers français et le vers latin.