‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 107 sur 725 · Voir aux Morceaux choisis, p · texte numérisé non relu

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en cet aage, si disconvenables et si disproportionnées à nostre corruption et à nos 1 empestes ^ ? »

Pibrac a laissé quelques poésies: un poëme sur la Vie Rustique, élégummenl versifié, où il s'inspire heureusement desGéorgiques; des sonnets, des stances, des vers latins. Son œuvre capitale consiste en cent vingt-six quatrains moraux^ qui ont plus fait pour sa réputation que toute sa carrière éminenle de magistrat. Pendant plus d'un siècle, ces quatrains servirent à l'éducation de la jeunesse, et furent appris par cœur dans les écoles'. La langue en est archaïque et un peu rude; mais les vers sont concis, pleins et éloquents. Ce sont des sentences graves, fortes, d'une morale élevée et pratique.

Revenons aux continuateurs de Ronsard. Dans le dernier quart du seizième siècle, la première place appartient à Desportes et à Bertaut. Tous deux représentent la fin de l'école ; ils sont au maître ce que Saint-Gelais fut à Marof . En eux les qualités et les défauts de Ronsard sont amoindris et atténués; de là le caractère de retenue'* que Boileau prétend retrouver en eux et qu'ils doivent non à la chute de Ronsard, puisqu'ils ont écrit sous son influence toujours vivante, mais à la faiblesse de leur talent, moins original et moins vigoureux.

Philippe Dêsportes ^ fut Mn type parfait du poëte courtisan. Souple, insinuant, complaisant, il sut faire de sa muse l'instrument de sa fortune, et c'est à lui que fait allusion d'Aubigné, quand dans ses Tragiques il écrit ce vers sanglant :

Des ordures des grands un poëte se rend sale Quand il peint en Cœsar un vil Sardanapale.

{Les Princes.)

Mais si l'homme n'est pas digne de grande estime, le poëte a de la valeur. iNon qu'il n'ait des défauts; la vigueur lui manque : quand il imite les Italiens, Pétrarque , Bembo, Molza, il est maniéré, subtil. Quand il écrit des poésies de commande en l'honneur du prince, de ses mignons, de ses

1. Essais, Ili, 9. — Cependant on doit reprocher à Pibfuc d'avoir essayé une justification de la Saint-Barthélémy.

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