‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 117 sur 725 · Vers 15i0 (?) \i. Date incertaine · texte numérisé non relu

Vers 15i0 (?) \i. Date incertaine

1 ^.De Marguerite de Valois ; voir p. 93.

11. Sottie attribuée sans fondement à Gringore et qui vise la Pragmatique Sanction.

15. V' ir aux MarceauT, choisis, p. 306. — Vers la fin de sa vie, il changea son nom de Grini^orc en celui de Gringoire, qu'il trouvait plus harmonieux.

LE THÉÂTRE AU XVr SIÈCLE. 133

Sotte crédul'té e[ Sotte occassinn, Sotte commune (le Peuple). La moralilé rappelle avec hardiesse et souvent avec éloquence la conduite du pape Jules II à l'égard de l'Italie et de la France. Le Mystère de saint Louis, trace avec naïveté et force le portrait de ce liéros chrétien, soit qu'il nous peigne sa jeunesse, soit que, nous transporlant en Orient, il nous montre le capitaine vaincu, prisonnier, plus grand dans la défaite que dans la victoire, soit qu'il nous montre saint Loiiis de retour en France et rendant la justice à son [)euple. Ici l'aulour oppose dans un épisode dramatique la justice royale et la justice seigneuriale. Trois enfants reçoivent de l'abbé leur maiire, en récompense de leur travail, l'autorisation d'aller dans la forât voisine; ils s'abandonnent au plaisir d'une promonade qui les ravit, et, en poursuivant un lapin, pénètrent, sans s'en apercevoir, dans le domaine du fire de Couci ; celui-ci les surprend en flagrant délit de braconnage, el, malgré leurs [ileurs et leurs prières, les livre au bourreau. Saint Louis, apprenant de l'abbé cette alro'ilé^ éclate et demande la mort du terrible seigneur. Mais sur l'intercession de Bon-Conseil qui lui montre le péril d'une pareille sentence, il condamne le meurtrier <à une amiende énorme et à un pèlerinage en terre sainte. C'est en Orient que nous ramène la dernière partie de l'ouvrage; on y voit l'échec des troupes croisées, et la mort édifiante durci sous les murs de Tunis.

Le Mystère de saint Louis est supérieur aux autres mystères de la fin du quinzième et du commencement du seizième siècle. La langue en est ferme, sobre, tantôt noble, tantôt familière, presque toujours simple et pure.

Nicole de la Chesnaye est l'auteur de la Condamnation du banquet. Quelques honnêtes bourgeois Bo7ine compagnie, Je-boisà-vous, Je-pleige-d' autant, Accoustumance, Soupin^ Passe-temps , Gourmandise et Friandise, ont eu l'impru'lence d'accepter une invitation chez trois coquins Diner, Souper , Banquet qui, au milieu du repas, font attaquer soudainement leurs hôtes par divers scélérats, Esquinuncie, Gravelle, Apoplexie, Goutte, etc. Bonne-compagnie, Acc'ustumance, Passe-temps qui ont pu tant bien que mal échapper aux meurtriers, demandent justice à dame Expérience. Celle-ci fait arrêter les trois coquins par ses domestiques Remède, Secours, Sobresse, Diette el Pilulle et les fait condamner par ses conseillers Avicennes, Averroijs, Galius, Uypocros. Banquet est pendu T^nrDidte; b^ouper devra porter « poignetz de plomb pesans bien largement » pour l'cmpêciier de servir « de trop de metz sur table,» et il lui estinterdit d'approcher de six lieues de JDmer.

iU LA LITTÉRATURE FRANÇAISE AU XVl" SIÈCLE.

Nous avons parlé plus haut de Pontai.ais', le célèbre bateleur des Halles, à qui on attribue les Con/reditz du songe-creux.

Ce sont là les dernières œuvres du moyeu âye. Il va naître au milieu du seizième siècle un nouvel art dranialique qui, rompant avec la tradition du moyen Age, se- rattache ou prétend se rattacher à l'antiquité classique. Il ne faut pas s'y tromper toutefois. Le théâtre de la seconde partie du seizième siècle tient encore par des liens étroits à notre ancien Ihéâirc. La comédie, comme nous le verrons, dérive en grande partie de la farce. Pour la tragédie, si la plupart des auteurs s'inspirent de l'antiquité et mettent sur la scène Uome et la Grèce, ils demandent aussi des sujets à l'histoire sacrée, aux légendes du moyen âge, à l'histoire nationale et môme contemporaine. Les changements sont surtout extérieurs : la métrique des mystères, si savante et variée, fait place à une autre métrique, {dus simple, plus monotone. On voit paraîire des chœurs à la manière antique; les pièces divisées par actes sont d'une longueur régulière ; en fait, la révolution atteint plutôt la forme que le fond.

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