‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 118 sur 725 · I. — La tragédu; au xvi^ siiicLE · texte numérisé non relu

I. — La tragédu; au xvi^ siiicLE

Dès le quatorzième siècle, le théâtre classique avait pénétré en Italie, et des écrivains avaient tenté d'iuiitcr les tragédies antiques. L'iiistorien paduan Alberliuo Mussato écrivit en latin deux tragédies, Eccérinis et Achillcis, sur le modèle des tragédies de Scnèque. Toutefois, chose à remarquer, le sujet d'Eccérinis est pris a l'histoire nationale, et le héros de la tragédie est Ezzelin, tyran de Padouc ^.

Au quinzième siècle, Grégorio Corraro, en s'inspirant de Sénèque, écrit sa tragédie de Procné, qui eut un grand refentisscmenl. A la fin du même siècle, Home voyait représen'er en latin des pièces antiques, VHi/ipolyte de Sénèque, et même des tragédies modernes. Ce mouvement continue à Ferrare, à la cour d'Hercule I". Au commencement du seizième siècle, vers

1. Voir plus haut, p. 87. l iynilès de l'anlifuité au quntorziùme et au

2. Cf. la note 2 de la p. l',C. I quinzième sièclrs. Pans, l!)52, p. 22 et

3. Chassang, Det essais dramatiqups ( 195. tf. Ebcrt, op. c, 83.

LE THEATRE AU XVl" SIECLE.

1514, le Trissino par s:i Sofouisbu ouvre la série des œuvres draraaliques écriles en langui' vulgaire i.

En France, le nouveau théâire naît et se développe sous la double inntience de l'antiquité dont on commence à étudier et à admirer les monuments, et de la litléralnre ilalienne sortie elle-même de cède éliule des classiques grecs et latins. A la cour de Franç.)is T"", Quinziano Sloa écrivait en latin, non-seulement des tragédies religieuses dont la forme aniique revotait des sujets chrétiens, mais des tragédies pro'"aries tirées de l'histoire romaine. J. C. Scalig. r ajiportait en France sa traduction latine de l'Œdipe roi ; Allemaiii, poêle italien de la cour de Français l"^"" et de Henri II, comi)Osait en France une Antigone ilalienne; de jeunes seigneur:^ ilaliens, appelés à la cour de Marie de Méàicis, y apportaient les traductions italiennes des tragiques anciens qu'ils avaient joués à Ferrare, à Mantoue, etc. En loiS, la ville de Lyon lête l'arrivée de la jeune reine, non plus par la rej»réseulation de mystères et de moralités, mais par la représeatition de laCalandria du cardinal Bibbiena jouée en italien par une troupe d'acteurs appelés à cet effet de Florence. On traduit au^si en français des œuvres grecques et latines. Lazare de Baïlrend vers pour vers VÉledre (i537) de Sophocle et VHéciibe d'Iùiripide (1 44) que G. Bouchelel redonne l'année suivante (lo4'i). Sibilet en 1549 publie VIphigénie ^.

Vers 1540, Buchanan fait représenter au collège de Bordeaux deux tragédies sacrées, composées sur le mod(''le classique: Jean-Baptiste et JephtJié, et les tragédies grecques d'Alceste et de Jlédee. Muret, en lo44, prend pour sujet Ju/e.'î-Césa/'. Guérente, le collègue de Buchanan, fait également jouer des tragédies latines -K Budé, Daurat à l^aris s'efl'orcent également de substituer aux allégories, aux mystères, des pièces plus nobles faites à l'imitation des anciens. Ronsard, au collège Coqueret, traduit le Plutas d'Aristophane, qu'il joue avec ses camarades sous les yeux de Daurat. Ainsi dans les uni\ersités, dans les collèges, de savants humanistes forment des disciples auxquels ils inspirent l'admiration et la reproduction des chefs-d'ipuvre de Rome et d'Athènes. Par la double actiun de l'antiquité et de

1. Tiraboschi, Storia délia litteratura italiana, ]{{,?/?>. (.f Ebert, op.c, SS.

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