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Et non fatto

272 Lf^ LANGUE FRANÇAISE AU XV^ SIÈCLE.

au participe est plus visible, et celui-ci est plus facilement considéré comme afljectif; tandis que si le substantif suit le participe, on tend plutôt à relier le participe avec l'auxiliiiire el à ne faire des deux qu'un seul et même mot. El môme dans ce dernier cas, si le participe est séparé de l'auxiliaire par un mot, il peut s'accorder avec le régime qui le suit.

Exemples : le régime précède: Qui fier Vavoil offencée (Ronsard, Odes,\, 19). Les escintz que M. de Lyon a faictz {Sat. Mén., o3). — La gloire qu'il n'a pas méritk (Ronsard, Oies, I, 15) Quelque bonne mine que j'aye faict [Sat. Mén., 39).

Le régime suit : // a tantost prinse (prise) wne /iesc/ic (Palsgrave, p. 137). Mlgjionne, allons voir si la rose qui ce matin avoit DEsci.osE sa rohe de pourpre au soleil, A point perdu, ceste vesprée, les plis de sa robe pourprée.

Les grammairiens, de nos jours, ont fixé les règles d'accord, sans se préoccuper des tendances de la langue. Celle-ci aujourd'hui considère le participe comme un élément du verbe et non plus comme un adjectif. Par suite, le participe passé construit avec l'auxiliaire avuir devrait toujours être invariable, comme de fait il l'est dans la langue parlée du peuple.

Telle est donc la marche de la langue qui, partant de epistolam quam habeo scriptam, arrive par une série de modifications apportées à la conception de cette phrase, à epistolam quam habeo- sci'iptum.

§ 214. Participe des verbes pronominaux. — Dès les premiers temps de la langue, les verbes pronominaux se sont construits avec lauxiliaire être, par suite d'une confusion d'idée entre le réfléchi el le passif. Aussi les règles de l'accord du participe en ce cas sont celles du participe construit avec l'auxiliaire être.

Le seizième siècle lient encore beaucoup de l'ancien usage et considère le participe plutôt comme un passif que comme un actif. Dans l'exemple suivant : Se sont donnez trop de licence (H. Estienne, PrécelL, 343), le participe, quoique ayant la valeur active, s'accorde encore avec le sujut. Un autre exemple de J. Du Bellay est plus curieux encore : (Nos aycux) se sontprivez de la gloire de leurs bienfaids, et 7ious dufruict de l'imitation d'iceux {Illustr., l, 3). l/auleur assimile ici complétt-meul se sont privez à ont privé eux, puisque la seconde partie de la phrase doit s'expliquer : et ils nous ont privés *.

1. Pour le p:\rticipc des vcrbos impnr- | quelque faute y eusl eue (Recherches, sonnol-i, qui est invariable, citons cet j VI, Vô). exempl'i curieux de Pasquier; Quand 2 Voir à ce sujet l'étude de M. Gessner:

SYiNTAXE.

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