IV. NoMDriES
§ 215. Quand le sujet singulier est collectif, le verbe peu*^ se mettre au pluriel en vieux français : Ja furent venu la gent (Fabliaux et Contes, II, 443). Mais le seizième siècle suil déjà la règle moderne. Dans l'exemple de Racine souvent cité : Le peuple... vole de toute part; ils la mènent au temple (Brit., V, 8), il y a syllepse. Pour que la règle du vieux français fût appliquée, il faudrait: le peuple volent de toute part.
§ 216. Lorsqu'un verbe a plusieurs sujels au singulier, il peut s'accorder avec l'un d'eux; la règle est plus lil)re dans la langue du seizième siècle que dans la nôIre : ce conseil et délibération fut divulgué (Rabelais, II, 31) (cf. § lo3). Son miroir et quelqu'un... luy remontrera {Ma.vguerUe., Beptam., 15). La touche d'un bon mariage et sa vraye preuve regarde le temps iMontaigne, I[, 35). Pourvu que Dieu bénin et mon roi me regarde (Baïf, p. 5).
§ 217. Le vieux français disait : C'est nous, c'est vous, c'est eux, ou ce sommes Jious, c estes vous, ce sont eux ; au seizième siècle ce sommes nous, c'estes vous sont tombés en désuétude; mais c'est eux est encore employé à côlé de ce sont eî/a;;il s'est d'ailleurs maintenu jusqu'au dix-huitième siècle, dans la langue littéraire, et jusqu'à nos jours dans la langue du peuple.
§218. Rappelons ici un singulier barbarisme qui fut en honneur à la cour au seizième siècle et qu'on n'entend plus aujourd'hui que dans la bouche des paysans : selon Palsgrave, c'est l'usage général de dire : Je allons bien, je serons bien, j'avons fait un grant exploit (p. 331). J'avons espérance, écrit la sœur de François P"^, « J'avons espérance qu'il fera beau temps, veeu ce que disent les estoiles que j'avons en le loisir de veoir. »Au commencement du dix-septième siècle, IJu Lorens {Sat., XXVI) se moque des seigneurs qui disent : J\ivons été *.