De la mort
Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent ; de mort, nulles nouvelles : tout cela est beau ; mais aussi, quand elle arrive ou à eulx, ou ù leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude^ et à descouvert, quels tormeuts, quels cris, quelle rage et quel desespoir les accable? Yistes-vous jamais rien si rabbaissô, si changé, si confus?ll y fault prouveoir* de meilleure heure : et cette nonchalance bestiale, quand elle pourrait loger en la teste d'un homme d'entendement, ce que je treuve ^ entièrement impossible, nous vend trop cher ses denrées ^. Si c'estoit ennemy qui se peust eviler, je conseillerois d'emprunter les armes de la couardise : mais puisqu'il '' ne te peult, puis-
1. MJI. Motbeau et Jouaust donnent en ce moment une réimpression de cette édition ; il en a paru jusqu'ici trois volumes
(i873-74-7,«>, iu-8").
2. Voir les liecherches sur la récension du texte posttiume des Essais de Montaigne, par R.Dezoimeiis, Bordeaux, tS66.