Voir plus haut, p. 21. nos Morceaux choisis, p
4. Jean Lemaistre, avocat général, 6. U'Auhigné, Bist. urdo. III, m, 12. puis premier président du département j
tholicon^ composé, électuaire souverain, « duquel les preuves estoient desduites par cinquante articles ; » il va de soi que ces articles ne sont que les promesses faites par t'hilippc II aux ligueurs. Le second charlatan, un Lorrain, le cardinal de Pelevé, cherche à vendre sans grand succès un « fin galimatias, alias catholicon, composé pour guarir les escrouelles. » On voit défiler ensuite la procession de la Ligue; puis on nous décrit les pièces de tapisserie dont est tendue la salle des États avec les inscriptions grotesques qui l'ornent. Nous connaissons le théâtre où va se jouer la comédie des États Généraux. Nous allons assisler maintenant aux délibérations ; c'est Tobjet de la seconde partie qui est due à Pierre Pithou, à Gillof, à Rapin, à Florent Chrestien et à Passerai.
C'est d'abord M. lo lieutcncant général, le duc de Mayenne qui "démontre comment, pour le salut de l'Église, il doit usurper le pouvoir et sacrifier à cette entreprise la fortune et l'honneur de la France. C'est M. le légat et M. de Pelevé qui demandent le premier en italien baragouiné, le second en latin macaronique, la continuation de la guerre et de l'anarchie. On entend ensuite le recteur de l'Université, Roze, s'élever avec indignation contre la négligence qu'on met à payer les pensions aux docteurs de Sorbonne ; dans sa colère, il dit quelques dures vérités à M. de Mayenne. De Rieux, gouverneur de Pierre-Fons, député de la noblesse de LUnion, n'est pas mécontent de la Ligue qui lui permet de piller et voler à souhait ; au demeurant, si l'on est embarrassé pour le choix d'un roi, qu'on veuille bien songer à lui.
Jusqu'ici les auteurs de la Satire nous ont fait assister à une comédie, prodiguant le sarcasme dans les harangues bouffonnes et grotesques, et pourtant presque véridiques, qu'ils prêtent à Mayenne et à ses dignes amis. Le ton va changer. Le député du tiers état, M. d'Aubray, dans un discours admirable d'énergie, d'indignation et de bon sens, dépeint les misères du pays déchiré par la guerre civile, dénonce les machinations des Espagnols et des ligueurs, et appelle le peuple iÀ reconnaître Henri de Bourbon. Telle est l'analyse sommaire de ce pamphlet immortel % œuvre de quelques citoyens de cœur et de talent et qui fit encore plus pour Henri IV que ses armées. « La plus
1. Catholicon (de kolOoXizov tmiver- 1 tous les autres, parce qu'il y entre plus sel) panacée, remède propre à toute d'ingrédients.
maladie. Le catholicon du cardinal do 2. Ajoutons deux épîlrcs en \ors et Plaisance a des vcitus plus siucs que I des épigranimes en latin et en Iran-
grande plaie qu'ayeul reçeu les Ligues par les esciits des hommes doctes a esté par le catholicon d'Espagne '. »
Henri lY Iriomplie. Sa conversion et son avènement au trône amnnent, au milieu de conversions sincôres, d'imiiudealcs palinodies. On voit des ligueurs fanatiques protester de leur dévouement au nouveau prince, des huguenots courtisans embrasser la foi catholique-. Un tel spectacle devait exciter l'indignation de CCS vieux serviteurs du roi qui l'avaient aidé dans la lutte et étaient restés à l'écart, au moment du triomphe. L'un d'eux, écrivain puissant autant que hardi capitaine, Agrippa d'Aubi- GNÉ^, une des plus grandes figures du xvi*' siècle, attaque, dans un écrit violent, passionné jusqu'à l'injustice, tous les personnages marquants qui avaient préparé ou imité l'abjuration du roi et ea avaient tiré prolit. 11 flétrit tour à tour les apostats Palma Cayef, Sponde ; les politiques conciliants, coupables d'avoir chancelé dans leur foi, Hurault, Morlas, Rotan, de Serres; les anciens favoris de Henri III devenus dévols catholiques; le cardinal Ouperron, coupable d'avoir travaillé à la conversion de Henri IV, et à qui il dédie ironiquement son livre ; et pardessus tous Harlay de Sancy * qui en était à sa troisième ou à sa quatrième abjuration et qui eut l'honneur de donner son nom à cette sanglante satire '■'. D'Aubigné termine en attaquant avecviolence l'Église catholique elle même et les mœurs d'un siècle où se commettaient de pareils ècviiii C-î'le œuvre est écrite avec une mordante ironie, un style énergique, ardent et coloré, que nous retrouverons dans ses Tragiques''.
çais. — Voir la biographie des auteurs de la Ménippée et divi-rs extraits de ce pamphlet dans les Morceaux choisis, p. 43-5 i.