‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 241 sur 725 · Recte facti l'nisse mevces est. (Sénè · texte numérisé non relu

Recte facti l'nisse mevces est. (Sénè

qUC: EpiStoIX, LXXXI.)

4. Voici la page de ttu Vair qu'a reproduite Charron. Nous reprenons le morceau d'un peu plus haut, pour donner uu ensemble complet. » Quelles bornes a ceste passion-là [l'ambition) ? la vieillesse la meurit-elle ? nenny; les dignités la contentont-elles ? nullement.

C'est UQ goulfre qui n'a ny fonds ny rive; non, c'est le vuide que les philosophes n'ont peu encore trouver en la nature : c'est un feu qui s'augmeute avec la nourriture qu'on luy donne. Ceux qui ont voulu flatter l'ambitiun ont voulu faire accroire qu'elle servoità la vertu comme d'un degré pour y monter : .v Pour ce, disoient-ils, que pour l'ambition l'on quitte les autres vices et enfin l'on quitte l'ambition mesmes pour l'amour de la vertu. » Mais tant s'en faut. Si l'ambition cache les autres vices, elle ne les oste pas pour cela, ains (mais) les couve pour un temps sous les trompeuses cendres d'une malicieuse fcintise, avec espérance de les renflanimer tout à fait, (piand ils auront acquis assez d'authorité pour les faire régner publiquement avec impunité. Les serpens ne perdent pas leur venin pour estre engourdis par le froid, ny l'ambition ses vices puur les couvrir par une froide dissimulation : quand il est parvenu où il se deraandoit, il fait sentir ce qu'il est. Et quand l'ambition quitteroit tous ses autres vices, si {toutefois) ne se quitteroit-elle jamais soy mesme; juste seulement en cela qu'elle suffit à sa pro pre pensée et se me! elle mesme au tourment. La roiie d'ixiun est le mouvement de ses désirs qui tournent et retournent continuellement do haut en bas et ne donnent aucun repos à «on esprit.

• Affermissons donc nostre ame contre ces fascheux mouvemens-là.qui troublent ainsi nostre repos et nostre contentement. Composons nos affections do façon que la lueur des honneurs n'esblouissé point nostre raison, et plantons de belles resolutions en nostre esprit qui luy servent de barrière contre les assauts de l'ambition Premièrement persuadons-nous qu'il n'y a vray honneur au monde que celuy de la vertu. Que la vertu ne cherche point un plus ample ny plus riche théâtre pour se faire voir que sa propre conscience. Plus le soleil est haut et moins faict-il d'ombre ; plus la vertu est grande, moins cherche elle de gloire. Gloire vrayment semblable à l'ombre qui suit ceux qui la fuyent et fuit ceux qui la suivent. Remettons-nous devant les yeux que nous venons en ce monde comme en une comédie, où nous n'avons pas à choisir le personnage qu'il nous faut jouer, mais seulement a bien jouer celuy qui nous sera donné. Si le poëte [l'auteur de la pièce, c'est-à dire Dieu) nous charge du personnage d'un roy, il le faut bien représenter ; si de personne médiocre et abjecte, de mesmes. Car il y a de l'honneur à bien faire l'un et l'autre et du deshonneur à le mal faire. Il faut que nous usions des honneurs comme nous faisons des viandes en un banquet, où nous usons de celles qui sont servies devant nous et n'esteudons pas le bras à l'autre bout de la table, ny n'arrachons pas les plats d'entre les mains du raaistre d'hostel. Si le tesmoignage de nostre vertu, si l'utilité de nostre pays, si la faveur de nos amis nous présente quelque charge dont nous soyons capables, acceptons-la modestement et l'exerçons sincèrement, estimans que c'est Dieu qui nous a là posez en sentinelle, afin que les autres reposent sous nostre soin. Ne recherchons autre recompense de nostre labeur-, que

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