‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 245 sur 725 · Le tyran ne connaît point l'amitié · texte numérisé non relu

Le tyran ne connaît point l'amitié

Le tyran n'est jamais ayraé, ny n'ayme. L'amitié, c'est un nom sacré, c'est une chose saincte^; elle ne se met jamais qu'entre gents de bien, ne se prend que par une mutuelle estime; elle s'entretient, non tant par un bienfaict^, que par la bonne vie. Ce qui rend un amy asseuré de l'aultre, c'est la cognoissance qu'il a de son intégrité : les respondants qu'il en a, c'est son bon naturel, la foy et la constance. Il n'y peult avoir d'amitié là où est la cruauté, là où est la desloyauté. là où est l'injustice. Entre les meschants quand ils s'assemblent, c'est un complot, non pas compagnie; ils ne s'entretiennent pas'', mais ils s'entrecraignent; ils ne sont pas amis, mais ils sont complices *.

Or, quand bien' cela n'empescberoit point ^'', encores seroit il mal aysé de trouver en un tyran une amour asseuree, parceque estant au dessus de touts, et n'ayant point de compaignon il est desjà " au delà des bornes de l'amitié qui a son gibbier '^ en l'équité '•', qui ne veult jamais clocher, ains ^'* est tousjours

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