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ÉCRIVAINS POLITIQUES. ■— GUILLAUME DU VAIR

Angleterre auprès d'Elisabeth qu'il détermina h s'unir à la France contre l'Espagne. De retour de cette dernière amlassade, il fut nommé premier président au Parlement de Provence. Louis XIII l'appela h la charge de garde des sceaux (iClG) et à l'évêché de Lisieux (1GI7). II mourut à Tonneins le 3 août 1621.

Ses œuvres complètes ont été publiées en IGil (1 vol. in-folio). Elles se composent d'œuvres de piété où l'on remarque le traité de la Sainte Philosophie, d'œuvres philosophiques {PInlosnphie moi aie des stoïq'tes^, Traductio7i dîc Manuel d'Epictète, etc.), de traités politiques et juridiques, d'œuvres oratoires. Nous signalerons spécialement dans ces dernières son beau discours pour le maintien de la loi salique, ses traductions d'Eschine, de Démosthène et de quelques discours do Cicéron et son traité de l'Éloquence française.

Voir sur Du Vair notre Tableau de la Littérature au xvi^ siècle, tsection I, ch. ii et m).

Exorde du discours pour le maintien de la loi salique ^.

De si loin que j'ai veu ce dernier orage des guerres civiles venir fondre sur la P>ance, j'ay creu fermement, comme je le crois encor, que c'esloit un jugemenl de Dieu qui tomboit sur nous, et n'ay point estimé qu'il en fallust ccrcher la cause ailleurs qu'en sa justice, ny le remède qu'en sa miséricorde. Aussi avons-nous veu que tout ce que la sagesse des hommes a voulu apporter pour y pourvoir, n'y arien advancé; que les remèdes nous ont quasi plus travaillé ^ que la maladie, et que', pendant que chacun a pensé abonder en son sens, et s'est estimé ou plus sainct ou plus sage que son voisin, nous avons tous, sans exception, qui d'une façon, qui d'une autre, contribué * nos passions à la ruine publique, ne nous restant autre excuse, sinon que nous avons tous faicl ce que personne ne vouloit faire ^ Mais aussi ay-je jugé et présagé, que si tost que l'ire ®

Toutes les chambres du parlement de Paris étant assemblées le 28 juin 1593, Du Vair prononça ce discours pour obtenir un arrêt sur le maintien de la loi salique. C'est ce discours qu'il appelle suasion (persuasion) de l'arrest pour la manutenlion (maintien) de la loi salique. L'arrêt fut rendu séance tenaute.

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