Dommage (de damnum), dépens
Si
prouffit nous est venu de ceste détestable mort que nos presclieurs nous faisoyent croire estre le seul et unique moyen pour nous rendre heureux...
0 que nous eussions esté heureux si nous eussions esté pris dus le lendemain que fusmcs assiégez '....Nos reliques seroyent entières ^j les anciens joyaux de la couronne de nos roys ne seroyent point fondus comme ils sont. Nos faux-bourgs seroient en leur estre ^ et habitez comme ils estoyent, au lieu qu'ils sont ruynez, deserls et abatuz : nostre ville seroit riche, opulente et peuplée comme elle estoit : nos rentes de l'hostel de ville nous seroyent payées; au lieu que vous en tirez lamouelle et le plus clair denier* : nos fermes des champs seroyent labourées et en recevrions le revenu, au lieu qu'elles sont abandonnées, désertes et en friche. Nous n'aurions pas veu mourir cinquante mille personnes de faim, d'ennuyé et de pauvreté, qui sont morts en trois mois par les rues, et dans les hospitaux, sans miséricorde et sans secours.
Apprenez donc, villes libres, apprenez par nostre dommage, à vous gouverner d'orenavant d'autre façon : et ne vous laissez plus enchevesirer, comme avons faict, par les charmes et enchantements des prescheurs, corrompuz de^ l'argent, et de l'espérance que leur donnent les princes qui n'aspirent qu'à vous engager'', et rendre si foibles, et si souples, qu'ils puissent jouir de vous, et de vos bien?, et de vostre liberté à leur plaisir. Car ce qu'ils vous font entendre de la religion, n'est qu'un masque dont ils amusent les simples, comme les renards amusent les pies de leurs longues queues pour les attraper et manger à leur ayse. En vistes-vous jamais d'autres, de ceux qui ont aspiré à la domination tyrannique sur le peuple, qui n'ayent toujours pris quelque tiltre spécieux de bien public ou de religion; et toutes fois quand il a esté question de faire quelque accord*, tousjours leur inlerest particulier a marché devant, et ont laissé le bien du peuple enai-riere, comme chose qui ne les touclioit point. Ou bien s'ils ont esté victorieux, leur