‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 270 sur 725 · Portrait d'un soldat · texte numérisé non relu

Portrait d'un soldat

Peu après, la trefve se fit entre les deux armées, à laquelle succéda la paix, qui fut occasion que chacun mit les armes bas. Ce fut une grande fatigue d'avoir esté si long temps en campagne par chaud, par froid^ et chemins difticiles, et quasi tous jours en terres ennemies, où les propres paysans faisoyent autant la guerre que les soldats ; qui^ sont incou\eniens où se trouva plusieurs fois ce grand chef Annibal, quand il fut en Italie. Alors est-ce une belle escole de voir comment onacommode les conseils à la nécessité. Du commencement tels labeurs sont si odieux, qu'ils font murmurer les soldats contre leurs propres chefs; puis, quand ils se sont un peu accoustumez et endurcis à ces pénibles exercices, ils viennent <à entrer en bonne opinion d'eux-mesmes, voyans qu'ils ont comme surmonté ce qui espouvante tant de gens et principalement les délicats. Yoilà quelles sont les belles galleries et les beaux promenoirs clés gens de guerre, et puis leur lit d'honneur est un fossé où une harquebusade les aura renversez. Mais tout cela à la vertté est digne de rémunération et de louange, mesmement * quand ceux qui marchent par ces sentiers, et souffrent ces travaux, maintiennent

1. >'os ornements k; plus honorables. 1 3. Toutes chosesqui sent, etc.

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