C'est poiirquoy. I 4. Surtout
o8 MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XVI" SIÈCLE.
une cause honneste, et en leurs procédures se monstrent pleins de valeur et de modestie.
Or, si quelqu'un en ces lamentables guerres a grandement travaillé et du corps et de l'esprit, on peut dire que c'a esté M. l'Admirai '; car la plus pesante partie du fardeau des afaires et des peines militaires, il les a soutenues avec beaucoup de constance et de facilité, et s'est aussi reveremment - comporté avec les princes ses supérieurs comme modestement avec ses inférieurs. 11 a toujours eu la pitié en singulière recommandation et un amour de justice, ce qui l'a fait pi'iser et honnorer de ceux du party qu'il avait embrassé. 11 n'a point cercbé^ambitieusement les commandemens et honneurs, ains * en les fuyanl '' on l'a forcé de les prendre pour^ sa suffisance et preud'hommie. Quand il a manié les armes, il a fait connoistre qu'il estoit très entendu, autant que capitaine de son temps, et s'est toujours exposé courageusement aux périls. Aux "^ adversitez, on l'a remarqué plein de magnanimité et d'invention pour en sortir, s'estant tous jouis monstre sans fard et parade. Somme *c' estoit un personnage digne de restituer un Estât afl'oibly et corrompu. J'ay bien voulu dire ce petit mot de luy en passant, car, l'ayant conu et hrinté, et profité en son escole, j'aurois tort si je n'en faisois une véritable et honneste ' mention.
{Id., ibicL; Troisièmes troubles, fin; pages 702-703.)