‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 275 sur 725 · Nous tous nous combattrons · texte numérisé non relu

Nous tous nous combattrons

7. Sans avoir sur lui l'avantage du nombre ou de la position.

8. Sur l'imparfait en oici, oinct, voir notre Tabluiu de la langue au xvi« iit'f/e (section II, conjugaison).

MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XVl" SIÈCLE.

les avoir ouy discourir, qu'une armée composée de douze à quinze mil hommes, est baslante ' d'en affronter une de trente mil. Car ce n'est pas le grand nombre qui vainc, c'est le bon cœur : ung jour de bataille, la moitié ne combat pas. Nous n'en voulons pas davantage-; laissés fere^ à nous. ..

« Non, non, Sire, ces gens ne sont pas pour estre redeffaictz*. Si messieurs® qui en parlent les avoinct* veus en besongne, ilz cliangeroinct d'advis et vous aussi. Ce ne sont pas soldatz pour reposer dens une garnison; ilz demandent l'ennemy, et veulent monstrer leur valleur; ilz vous demandent permission de combattre. Si vous les relusé;, vous leur osterésle courage, et serés cause que celuy de vostre ennemy s'enflera; peu à peu vostrc armée se deffera. Et pour vous achever de dire mon oppinion, Sire, à ce que j'ai enlendeu, tout ce qui esmeut messieurs de vostre conseil qui ont opiné devant vostre Majesté, est la crainte d'une perte. Hz ne disent aultre chose, si ce n'est : « si nous perdons, si nous perdons. » Kt n'ay ouy homme qu'aye '' jamais dict : quel grand bien vous adviendra si nous vous gaignons la bataille. Pour Dieu, Sire, ne craignes de nous accorder nostre requeste, et que je ne m'en retourne pas avec ceste honte qu'on die que vous avés peur de meître le hazard d'une bataille entre noz mains, qui^ vous offrons volontiers et de bon cœur nosire vie. » [Commentaires, t. I, p. 248.)

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