‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 274 sur 725 · Discours de Monluc dans le conseil du roi · texte numérisé non relu

Discours de Monluc dans le conseil du roi

« Puisdonques, Sire...., que je suis si hureux " que de parler devant ung roy soldat, qui voullés * vous que Ihue * neuf ou dix mil hommes, que^ l'on est asseuré que tous combattrons ®, et de mil à douze cens chevaulx, tous résolus de mourir ou do vaincre. Telles gens que cela ne se delTont pas ainsi. Ce ne sont pas des apprentis. Nous avons souvent sans advantaige'^attacqué l'ennemy, et l'avons le plus souvent batu. Je veux dire que si nous avions tous ung bras lié, il neseroict^encores en la puissance du camp des ennemis de nous tliucr de tout ung jour, et qu'ilz ne perdissent la plus grand part de leurs gens et les meilheurs hommes. Pensés donques, quant nous aurons les deux bras libres et le fer en la main, si serons aisés à estre vaincus. Certes, Sire, j'ay appris des sages cappitaines, pour

1 . Monluc avait été envoyé à François I"' par le duc d'Engtiien pour obtenir l'autorisation de livrer bataille aux Espagnols, bien que ceux-ci fu>sent supérieurs en nombre. L'autorisation lut accordée et le duo d'Enghien fut vainqueur à Cérisoles {lo-i'i).

'2. Heureux; la prononciation u pour eu est un gasconisme ; voir noire Tableau de la langue au xvi" siècle (section I, voyelles).

3. Remarquez la terminaison es pour er. ; elle est commune dans Montuc.

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