‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 282 sur 725 · Depuis · texte numérisé non relu

Depuis

13. Vous étiez si honoré, etc.. que vous ne passiez dans une ville... sans que tout le monde, etc..

m MORCEAUX CHOISIS DES AUTEURS DU XVI" SIÈCLE-

tout le monde ne se resjonyt de vosire venue, et vous alloinct tous veoir*, priant Dieu pour vous qu'il vous conservast la santé. Que si ce malheur vous advient, au lieu de louanges, vous aurés des injures ; pour prières, maladictions ; et vous donneront à tous les diables; et, au lieu de vous caresser, on vous tournera le dos; chacun vous monstrera au doigt, de sorte que cent fois le jour vous maudirés l'heure que vous n'estes mort dens vostre place plustost que de la rendre honteusement....

Et la troisième est que pour esviter vosire fortune* et tous ces malheurs, il y a bon remède, lequel je me suis appris moymesme et suis contant de le vous enseigner, si vous ne le scavés. Premièrement vous debvés considérer tout cecy que je vous ay mis devant les yeux, et mettre d'un costé la honte, de l'autre l'honneur que vous aurés, si vous deflendés courageusement vostre place, demeurant victorieux ou pour le moingz ayant, faict tout ce qu'ung homme de bien peut fere,de' sortir triomphant et comme vainqueur, encore que vous soyés vaincu ; comme vous voyés que je fiz en ce siège. Songes lousjours que vous voyés vostre prince et vostre maistre devant vous et quel visage vous debvés espérer * si par vostre lascheté vous perdes sa place. Et pource qu'il n'y a eu jamais commencement en une chose qu'il n'y aye fin, doncques puisque vous êtes entré au commencement, fault que vous pensés^à la fin, mettant en considération que le roy, vostre maistre, ne nous a pas baillé ceste place pour la rendre, mais pour la sauver; qu'il ne vous l'a pas donnée pour y vivre seulement, mais aussi pour y mourir, s'il est besoing, en combatant. Et si on demandoit au roy, quand il vous baille une place, s'il la vous baille pour la rendre ou pour y mourir en la deifendanl, il vous dira qu'il la vousbaille pour la deffendre et y combattre jusques au dernier jour de vostre vie; car puisque vous estes son subject, elle est à luy. Le seigneur de Jarnac ® disoit quelque jour au roy, noslre maistre que c'estoit la plus grande ruse et finesse dont les roys se soinct jamais advisés, d'avoir faict accroire à leurs subjects que leur vie estoit à eux '' et que leur plus grand honneur estoit de mourir pour leur service, mais aussi ç'avoit esté une grande

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