‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 283 sur 725 · Monluc en Guyenne · texte numérisé non relu

Monluc en Guyenne

[Je] mis une si grande crainte par tout le païs, pour deux soldatz catholiques que je feys pendre ayant transgressé l'edicl', que nul n'ausa '* plus mettre la naain aux armes. Les Huguenolz pensarent ° en eschapper à bon marché, et que je ne les punirois pas à eulx ^ ; deux autres de leur religion transgressarenl l'édict et soubdain feurent pendus pour faire compagnie aux autres. Et quand les deux religions veyrent que les ungs ny les autres ne pouvoient avoir d'asseurance de moy '^ s'ilz transgressoient l'édict, les ungs et les autres se commensarent à s'entr'aymer et se fréquenter. Et voilà comme j'entretins la paix l'espace de cinq ans en ce pais de Guyenne entre les ungs et les autres ; et croy que si tout le monde eust voulu faire ainsin ^, sans se parlialiser ^ d'un costé ny d'autre, et rendu la justice à qui la méritoit, nous n'eussions jamais veu les troubles ^" seconds et derniers de ce royaume. Ce n'estoit pas petite besongne, car j'avois affaire avecques des cervaux aussi fols et gaillards qu'il y en aye en tout le royaume de France, ny *i par aventure en l'Europe. Qui gouvernera bien le Gascon, il peut s'asseurer qu'il aura faict ung chef d'œuvre ; car, comme il est naturellement soldat, aussi est-il glorieux et mutin. Toutes fois, lantost faisant le doux, puis le collere, je les maniois si bien que tout plioit sous moy, sans que nul osast lever la teste. Bref, le roy y estoit recongneu et la justice obéye.

[Commentaires, {- Hl, P- "t<^-)

1. Et de faire. La négation ni est amenée par l'idée négative : il eût mieux valu ne pas croire qui est renfermée daus : c'avait esté wie grande sottise de...

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