De cas
G. Toulouse.
dont j'on dis ' mea culpa ; mais il n'est pas ^ temps de les réparer. Une en ay-je sur le cœur par dessus toutes les autres : si je n'en eusse ainsi usé, on m'eust baillé des nazardes, et le moindre consul de villaige m'eust fermé la porte au nez, si je n'eusse tousjours eu le canon à ma queue; car chacun voulait faire le maistre. Dieu sçait si j'estois pour l'endurer. Mesliuy * cela est faict. J'avois la main aussi promple que la parolle. J'eusse voulu, si j'eusse peu, ne porter jamais de fer au costé, mais mon naturel estoit tout autre : Aussi portai-je en ma devise: Deoduce,ftri'o comité. Une chose"pui-je direavecla vérité: que jamais lieutenant de roy n'eut plus de pitié de la ruyne du peuple que moy, quelque part que je me sois trouvé. Mais il est impossible de faire ces charges sans faire mal, si ce n'est que le roy ait ses coffres pleins d'or pour payer les armes; encore y aura-il prou aflaire *. Je ne sçay si après moy on fera mieux, mais je ne le pense pas. Tous les catholicques de la Guyenne pourleront tesmoignage si je n'ay pas espargné le peuple; car des Huguenotz, je les récuse ; je leur ay faict trop de mal; et, si je n'ay pas faict assés ny tant que j'eusse voulu, il n'a pas tenu à moy. Je ne me soucie s'ilz disent mal de moy, car ilz en disent autant ou ont plus dict ^ de leurs roys.
{Commentaires, t. III, p. 499.)