I. (.Ii;iik> l.\. ! -■). Assassinés àBluis eu décembre
S. Accuiiiiili |>ai-. 1 1. Capables.
lîRANTOME.
je viens de dyre, sinon les effectz que le courroux de Dieu a produits sur les uns et sur les autres? Nous avons noslrc grand roy Henri IV à qui ceste mcscliante greyne de parjure et d'infédélilé n'est point encore enracynée ny greynée dans le noble champ de son cuer généreux; les Liguez ' le peuvent bien testifyer -, qui le vouloient mètre à blanc ' s'ilz eussent peu. Or Dieu le maintienne en ccsle belle vertu de loyauté !
Bref, comme j'ay dit, despuys* ces longues années une certayne saison^ ou, pour mieux dyre, un certain deslain a couru qu'il n'esloyt pas galant prince ou segneurie qui ne jouast du passe-passe sur la foy ^, dont j'en ferois, s'il me semble, un Ijeau et long discours, et en noteroys mot par mot tous les oayers ' et exemples qui se peuvent là dessus alléguer et prandre des hystoyres, tant noslres qu'estrangères, et de ce qu'avons veu en noz temps. Je n'y espargneroys non plus le grand feu roy Henry d'Angleterre * ni plusieurs princes d'Allemagne. Aussy croys-je que nos braves roys françoys, qui de tout temps immémoriaux avoyent été si francs et loyaux, aprirent ceste complexion ' mauvayse de ces cstrangers, pour les avoyr trop praticquez; car, comme on dit, on aprend àhurleraveqlesloups.
Jevoudroys fort qu'un galant discoureur ^° entrepris! ce chapitre, aftin que sur un tel myroyr se myrassent non les petilz seullemenf, mays les plus grands ; dont *^ je m'eslonne que les grands prescheurs ne leur en ont fait des remontransces, voyre des réprimandes; car il leur semble que ce n'est rien que de violer sa foy et sa parolle ; mays tant s'en faut qu'ilz les en ayent prescliez au moins aucuns'^, que lors qu'on leur venoyt demender advys sur le point, selon les subjectz qu'ilz leur présenloyent, gaignez ou par belles parolles ou par bons bénéfices ou par argent ou autrement, leur disoyent soudain qu'à un meschant homme, à un rebelle, à un parjure, à un héréticque, il ne falloyt nullement garder sa foy, ains *^ à un traistre estre traistre, non a demy seulement, mais à toute outrance et plainière liberté; et sur ce s'aydoient de quelques passages qu'ilz alloyent soustraire de l'Escriture Saincte pour leur fayre trouver la sausse