‹ Le seizième siècle en FranceChapitre 291 sur 725 · Valeurs, richssie · texte numérisé non relu

Valeurs, richssie

« courtoisies que recevriez de moy, combien j'eslime vostre i< valeur et haute prouesse. Je me soubviens qu'estant bien (( jeune, le premier los * que vous donnarentceux de ma nation « fut qu'ilz disoient : muchos Grisonnes y i^ocos Bayardos -. « Aussi, despuis que j'ay eu cognoissance des armes ^, je n'ay « point ouy parler d'un chevalier qui approchast de vous. Et a puisqu'il n'y a remède à la mort, je prie Dieu qu'il retire .< vostre belle âme auprès de lui, comme je croy qu'il le « fera » *.

Inconlinant il luy députa gardes qu'elles ^ ne bougeassent d'auprès de luy, et, sur la vie, ne l'abandormassent qu'il ne fust mort ; et ne luy fût faict aucun outrage, ainsy qu'est la coustume d'aucune racaille de soldalz et de bisongnes ^ qui ne sçavent encor les courtoisies de la guerre, ou bien de ces grands marauts de goujatz ^ qui sont encores pires. Cela se voit souvant aux armées.

11 fut tendu donc à M. de Bayard un beau pavillon pour se reposer: et puis, aiant^demeuré en cest estât deux ou trois heures, il mourut ; et les Espagnols enlevarent son corps, avec tous les honneurs du monde, en l'église, et par l'espace de deux jours luy fut faict service très solemnel : et puis le rendirent a ses serviteurs, qui l'emmenarent en Daupliiné, à Grenoble ; et ]ii, receu par la cour de parlement et un' infinité de monde qui l'allarent recueillir et luy firent de beaux et grands services en la grand'église de Nosire-Dame; et puis fut porlé enterrer, à deux lieues de \j, chez les Minimes. Oui en voudra plus sçavoir lise son roman *, qui est un aussi beau livre qu'on facauroit voir ^, et que la noblesse et jeunesse devroient autant ^'^ lire ".

Ce livre *^ dici que ce bon chevallier, ainsy qu'il *^ fut blessé,

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