De conserve avec vous, ou même temps que vous
à l'immortalité ; non plus aussi que celle belle et gentille tille de vostre ville, laquelle en vostre siège, voyant son frère un soir détenu malade en son lict, et fort mal disposé pour aller en garde, le laissant dans le licl, tout coyment' se desrobe de luy, prend ses armes et ses hubillemenl?, et comme la vraye el'tigie de son frère, paroit ainsi en garde pour son frère, inconnue pourtant par la faveur de la nuicL Cionlil trait, certes ! car bien qu'elle se fut garçonnee et en gendarmée -, ce n'estoit pourtant pour en faire une nouvelle et continuelle habitude, mais seulement pour celte fois faire un bon ollice à son
frère
Or, j'ay ouy dire à Monsieur de la Chapelle des l'rsins, qui lors estoit en Italie, et qui til le rapport de si beau trait de ces Dames Siennoises au feu Rny Henry', qu'il le trouva si beau, que la larme à l'œil il jura que, si Dieu luy donneroit un jour la paix ou la tresve avec l'Empereur, qu'il * iroit par ses galères en la mer de Toscane et de là à Sienne, pour voir cette ville si affectionnée à soy ^ et à son party et la remercier de cette brave et bonne volonté ; et sur-tout pour voir ces belles ethonnestes Dames, et leur en rendre grâce particulière. Je croy qu'il n'y eust pas failly, car il honoruit fort les belles et honuestes Dames; et si " leur escrivit, et particulièrement aux trois principales, des lettres les plus honuestes du monde, de remerciements et d'oflres, qui les contentèrent et animèrent d'avanluge. HelasI il eut bien quelque temps après la tresve; mais, s'attendant à venir, la ville l'ut prise, comme j'ay dit ailleurs; qui '' fut une perte inestimable pour la France, d'avoir perdu une si noble et si chère alliance, laquelle, se ressouvenant et se ressentant de son ancienne origine, se voulut rejoindre et remettre parmy nous * ; car on dit que ces braves Siennois sont venus des peuples de France qu'en la Gaule on appeloit jadis Scnoncs, que nous tenons aujourd'huy ceux de Sens'; aussi en tiennent ils encor de l'humeur '" de nous autres François, car ils ont la teste près du bonnet et sont vifs, soudains et prompts comme nous. Les Dames, pareillement aussi,